(VIDEO)/Les 800 éleveurs de La Réunion inquiets et en colère attendent le Président Macron de pied ferme

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Ces éleveurs dénoncent l’insuffisance du soutien de l’Etat et alertent le gouvernement sur les risques encourus pour le territoire de La Réunion si rien n’est fait rapidement. Il manque 1,5 millions d’euros pour 2018 et 2 M€ pour 2019. Pour 2020, ces éleveurs qui sont un peu plus de 800 dans l’île, expliquent qu’ils n’ont plus aucune visibilité. Ils ont tenu une conférence de presse ce mercredi matin chez Vincent Saint-Lys, éleveur à chemin des Oiseaux Blancs dans les hauts de Sainte-Suzanne.

Plusieurs professionnels de la filière animale locale ont fait le déplacement du côté de Bras-Pistolet : Laure-Helene Ribola, secrétaire générale ARIBEV ARIV, Mickael Payet, administrateur sicarevia, Martha Mussard, présidente Sicalait, Patrick Leveneur, président Avi-Pôle, Loic Damour, président CFS, Jimmy Payet, président CPLR et Silver Gaspard, administrateur avipole et Vincent Saint-Lys (voir notre photo de Une).

Ce n’est pas la première fois que les professionnels de cette filière montent au créneau. Ils ont déjà poussé un coup de gueule en juin dernier sous la bannière « Production locale réunie ». Puis une délégation s’était rendue à Paris pour rencontrer la ministre des Outre-mers ainsi que le ministre de l’Agriculture. Mais, à les entendre, aucune décision n’a été prise jusqu’à présent concernant leur inquiétude qui se transforme progressivement en colère.

Laure-Hélène Ribola, secrétaire générale de l’Aribev Ariv, explique les raisons de cette inquiétude. Elle est au micro d’Yves Mont-Rouge :

« Nous n’avons aucune vision sur l’avenir », précise quant à lui Patrick Leveneur, président d’Avi-Pôle :

Patrick Leveneur explique qu’au plan local, les éleveurs ont eu le soutien du Département et d’autres politiques, “à l’exception de Didier Robert, président de Région qui, manifestement, n’a toujours pas entendu notre cri d’alarme. Il faudra peut-être aller le voir directement à son bureau”, dit-il.

Il faut savoir que Avi-Pôle, la Coopérative des fermiers du Sud, la Coopérative des producteurs de lapins de La Réunion, la Coopérative des producteurs de porcs de La Réunion, la Sicalait, Sica Révia… représentent plus de 800 éleveurs, soit 38% de parts de marchés. Pour la filière avicole, à noter aussi que 14 000 tonnes de viande sont produites dans l’île contre 21 000 tonnes d’importées. C’est justement pour lutter contre ces importations « sans traçabilité » que les éleveurs locaux développent leur exploitation afin de garantir une certaine sécurité sanitaire aux consommateurs réunionnais. Par ailleurs, en développant l’activité et la filière, ils donnent également du travail aux jeunes Réunionnais. « Or, si l’Etat commence à faire des économies sur notre dos, nous serons contraints de tout arrêter, de supprimer des emplois parmi les 5 000 directs et indirects que nous créons, et ce sera aussi la porte ouverte aux importations », expliquent les éleveurs, qui ne comprennent pas l’attitude du gouvernement.

Malgré les alertes depuis plusieurs années des filières animales réunionnaises, force est de constater que l’Etat n’a toujours pas envisagé l’extension de l’enveloppe CIOM. Si le gouvernement ne réagit pas rapidement, les éleveurs en colère promettent de réserver un accueil « chaleureux » au Président Macron, attendu en octobre prochain dans notre département. Et n’excluent pas d’aller bloquer le port où arrivent les produits importés. A suivre !

Y.M.

 

 


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