Des “grands frères” contre l’insécurité devant les écoles de St-André (VIDEOS)

6 min de lecture
14

Comme convenu entre eux lors d’une réunion mardi soir à Ravine-Creuse, quelques parents “Grands Frères” se sont retrouvés en fin de matinée, aujourd’hui mercredi, devant le Lep Jean Perrin à Saint-André.

En effet, cette décision avait été prise lors de la réunion ayant eu lieu mardi soir aux environs de 20 heures, dans une salle de Ravine-Creuse « Le Palace », à Saint-André, à l’initiative de Frédéric, un père de famille, qui a réuni d’autres parents pour répondre aux problèmes de violences qui surviennent depuis plusieurs semaines aux abords des lycées et de certains collèges du centre-ville de Saint-André.

Régulièrement, en effet, des lycéens et même des collégiens se font agresser et racketter par des bandes de jeunes venus des autres quartiers de la commune, de « Fayard notamment », selon eux. Des jeunes qui ne sont manifestement pas scolarisés.

Cette montée de violence aux abords des établissements scolaires inquiète sérieusement les parents qui ont donc décidé de se prendre en main afin de former « un bouclier humain » pour « protéger nos enfants », disent-ils.

Une milice ? « Non, pas de milice car notre but n’est pas de se substituer à la police, mais un bouclier humain car nous voulons assurer la sécurité de nos enfants lorsqu’ils rentrent dans leur établissement le matin ou lorsqu’ils quittent l’école en fin de matinée ou d’après-midi », répond un père de famille, Judex Therméa au micro d’Yves Mont-Rouge, notre journaliste qui était présent à cette réunion :

Nombreux sont les parents réunis, mardi soir, à Ravine-Creuse, qui pointent du doigt des jeunes d’une communauté en particulier. « Notre but, ce n’est pas la violence, mais nous devons faire respecter nos enfants et faire respecter notre commune. Nous n’avons pas été éduqués à voler, à racketter, à tabasser des lycéens, ni des passants. Or, à Saint-André, de plus en plus de jeunes et de moins jeunes innocents se font régulièrement agresser par des jeunes qui ne sont même pas de La Réunion », ont laissé entendre, hier soir, des parents en colère.

D’où l’organisation qui a été mise en place. Judex Therméa et Frédéric se présentent un peu comme des « Grands Frères » ou encore, en créole, comme des « grands dadas » pour que les élèves se sentent en sécurité devant leur établissement scolaire.

Un éducateur, présent, dans la salle a lui aussi donné son point de vue sur cette question d’insécurité et de violence. Idem pour Pascal Papou, qu’on ne présente plus à Saint-André. Un ancien boxeur qui mène un gros travail dans le domaine du social auprès des jeunes justement au « Camp Papou » à Chemin du Centre, pas loin du quartier Fayard où il a grandi. Pascal Papou fourmille de projets dont certains, en se concrétisant, ont permis de contribuer à l’insertion sociale de nombreux jeunes en difficulté, via le sport (boxe) notamment.

Les parents, présents hier soir à Ravine-Creuse ont regretté la suppression « par l’Etat », des agents de médiation, des médiateurs de rue qui jouaient un rôle important aux abords des établissements scolaires. Pascal Papou espère que l’Etat va y remédier et que les collectivités n’hésiteront pas, au nom de la cohésion sociale, à investir dans l’associatif.

En guise d’action symbolique, les parents ont décidé de se donner rendez-vous dès ce matin, vers 11 heures, devant le lycée Jean Perrin. Plusieurs d’entre eux y ont été. « Une action pour montrer que les parents ne laisseront pas passer la violence », expliquent les « Grands Frères ».

(Crédit Photos : Yves Mont-Rouge)


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Website Protected by Spam Master




14 Commentaires



Free Dom
WordPress Video Lightbox