(Vidéos)/Jean-François Roche : “j’en suis arrivé à faire n’importe quoi pour me faire interner en psychiatrie”

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Jean-François Roche semble aujourd’hui raconter son histoire avec du recul mais on sent l’homme marqué par tout ce qu’il a vécu. Dans les années 1990, suite à un voyage à Madagascar, le métropolitain commence à changer de comportements. Il ne dort plus et se montre agressif. Pendant des années, il subit des examens médicaux. Des maladies tropicales sont recherchées. L’errance médicale commence pour cet homme, dont l’état va se dégrader au fur et à mesure.

Désespéré par la situation, sa colocataire lui prend un rendez-vous chez un psychiatre. Il est alors diagnostiqué d’une psychose maniaco-dépressive cyclique. Jean-François démarre un traitement, qui ne fait pas effet. Il a toujours mal et sa santé mentale est loin de s’améliorer. Pendant plusieurs années, il change de traitements mais aucun ne porte ses fruits. L’homme finit par devenir handicapé à 80%. Et malgré tous ses déboires médicaux, qui lui valent d’être catalogué comme “dérangé intellectuellement” voire “dangereux”, Jean-François continue de se battre.

Problème de logement : « Je dormais dans les ravines »

Convaincu que le climat y ait pour quelque chose dans son mal être, Jean-François décide de venir vivre sur notre île. « J’ai décidé de fuir à La Réunion. Quand je suis arrivé, je ne connaissais personne. J’ai d’abord été hébergé mais je n’aime pas squatter. Je me suis donc démené pour trouver un logement. Je suis allé frapper aux portes des hôpitaux, non pas que je voulais qu’il me trouve un logement mais qu’il me mette en relation avec une assistance sociale. Je n’ai pas été reçu et j’ai fini à la rue. Je dormais dans les ravines. Si j’étais mort, aucune enquête n’aurait été faite car j’étais suicidaire. Je me retrouvais à me promener dans les rues de Saint-Denis avec mon gros sachet de médicaments. Je me faisais courser par d’autres sans-abris. J’étais clairement en danger. J’en suis arrivé à faire n’importe quoi pour me faire interner en psychiatrie. Pendant quelques nuits, j’avais un toit et me sentais en sécurité», explique-t-il.

Après un nouveau séjour chaotique à Madagascar – pays où il espérait mieux s’en sortir financièrement qu’en France -, pendant lequel il a contracté un mariage blanc, l’homme est revenu à La Réunion. Cette fois, il a pu obtenir un logement social au Tampon. D’après lui, celui-ci ne convenait cependant pas aux besoins d’un handicapé à 80%. Jean-François vit aujourd’hui à la Saline-les Bains dans un logement plus adapté.

Plusieurs diagnostics tombent : « La médecine est mécanisée »

Sur notre île, Jean-François consulte plusieurs hôpitaux, dans lesquels des diagnostics différents tombent. Paranoïa, sociopathie, schizophrénie, bipolarité… Il enchaîne encore les traitements sans résultat. Il finit même par prendre 30 kilos en quelques jours à deux reprises. « En psychiatrie, on se retrouve face à des personnes froides. La médecine est mécanisée. Je me suis senti rabaissé. N’ayant pas de mutuelle, j’ai déboursé beaucoup d’argent dans ce combat. J’ai fini par tomber dans l’alcool, le cannabis et la cigarette. Ce n’est que lorsque j’ai rencontré des psychologues pour soigner mes addictions que j’ai commencé à me sentir mieux d’un point de vue général. J’ai découvert une autre façon de soigner les troubles, beaucoup plus humaine. À cette époque, j’ai aussi commencé des séances de kiné. J’ai bien vu que mes douleurs étaient réellement physiques. Ce n’est pas la psychiatrie le problème mais comment elle est pratiquée aujourd’hui», déclare-t-il. Au micro de radio Free Dom, Jean-François résume son parcours médical :

Des mesures insuffisantes à La Réunion

Pour lutter contre la surmortalité des patients atteints de troubles psychiques, le CHU de La Réunion a recruté sur son site de Saint-Pierre un médecin généraliste au sein du pôle de santé mentale. Ce dernier effectue sur chaque patient suivi pour pathologies psychiques un bilan somatique. Celui-ci permet de dépister les facteurs de risques médicaux et les pathologies physiques.

Pour Jean-François Roche, cela est cependant insuffisant. Il faudrait confier cette tâche à d’avantage de spécialistes. Déterminé, il entend bien « faire changer la psychiatrie et la prise en charge des patients ». Si l’homme âgé aujourd’hui de 57 ans a décidé de prendre contact avec Free Dom, c’est pour faire passer le message suivant au plus grand nombre :

 

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LesBaizésDeLaReunion
Invité
LesBaizésDeLaReunion

Bin monsieur quel parcours , je vous souhaite beaucoup de courage , la vie c’est un combat .

noe
Invité
noe

N’est pas “fou” qui veut ! Le “fou” dira tj que ce sont les autres qui sont fous mais lui il est sain de corps et d’esprit ! Celui dont le désir se détourne des choses extérieures parvient au siège de l’âme. S’il ne trouve pas l’âme, l’horreur du vide s’emparera de lui et la peur le poussera à coups de fouet encore et encore dans une quête désespérée des choses creuses de ce monde auxquelles il aspirera aveuglément. Il deviendra le bouffon de son désir sans fin, s’éloignera de son âme et la perdra pour ne jamais la retrouver.

biogêne
Invité
biogêne

affirmation / certitude : “Celui dont le désir se détourne des choses extérieures parvient au siège de l’âme” ……… suivi d’une condition : “S’il ne trouve pas l’âme …..” ! Au flou ?