Violences conjugales : Premier bilan de la prise en charge et le dispositif de pré-plainte des victimes

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Signée le 4 septembre 2020 au GHER par le Préfet de La Réunion, l’ARS, les représentants du Tribunal Judiciaire de Saint-Denis, la Gendarmerie de la Réunion et la Direction départementale de la sécurité publique, la convention de coopération pour la prise en charge de plainte des victimes de violences conjugales a pour ambition de facilier le recueil des déclarations des victimes directement lors du passage au sein de l’établissement de santé, et de définir un parcours clair pour le suivi de ces victimes de violences.

L’ensemble des signataires étaient réunis vendredi dernier, au GHER, afin de tirer un nouveau bilan de ce dispositif, en présence de M MATHAUX, Sous-Préfet de St Benoît, du Président du Conseil du Surveillance du GHER, M SELLY, des forces de l’Ordre, de Mme la Substitut du Procureur et des associations d’aide aux victimes.

Mis en application en septembre 2020, ce dispositif fait suite au Grenelle national contre les violences conjugales, dont les actions sont suivies et évaluées par la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité rattachée à la Préfecture de La Réunion.

Cette convention est le fruit d’une reflexion et d’une ambition commune entre l’ensemble de ses signataires :

  • La Préfecture de La Réunion
  • La Direction Départementale de la Sécurité Publique
  • L’ARS de La Réunion
  • La Gendarmerie de La Réunion
  • Le Tribunal Judiciaire de Saint-Denis
  • La Direction Départementale de la sécurité publique à La Réunion
  • La Direction Générale du GHER

Ce dispositif entend répondre à plusieurs objectifs identifiés dans la lutte contre les violences conjugales à La Réunion : promouvoir et simplifier le recueil des déclarations des victimes de ces violences, en leur permettant notamment de déposer une pré-plainte dès leur prise en charge dans l’établissement de santé, et établir une procédure claire dans la prise en charge de ces victimes, tout en améliorant leur repérage au cours du parcours de soins.

De façon opérationnelle, cette convention se traduit également par l’identification, parmis le personnel hospitalier du GHER, de référents Violence Intra Familiale (VIF), mais aussi par la mise en place de formations et de séquences de sensibilisation à cette problématique de santé publique auprès du personnel hospitalier, qui touche, comme M SELLY, Président du Conseil de Surveillance et Maire de St Benoît l’a souligné lors de ce bilan, « 3 fois plus le territoire Est de La Réunion ».

A ce jour, l’établissement compte 22 référents VIF et près de 30 professionnels de santé ont pu être formés, notamment grâce au concours du Réseau VIF et de l’Unité Médico-Judiciaire du CHU de La Réunion.

La procédure de repérage des victimes de violences intrafamiliales ou conjugales a également été améliorée au sein des services de soins : le personnel des urgences a ainsi la possibilité d’ajouter une vignette « Suspicion VIF » au sein du dossier du patient accueilli. Le GHER travaille actuellement à l’extension de cette alerte, qui reste confidentielle afin de ne pas exposer les victimes, à l’ensemble des services du GHER à l’avenir.

La réunion de travail qui s’est tenue ce vendredi 6 mai en présence de l’ensemble des signataires de cette convention, dont le Sous-Préfet de St Benoît, représentant l’Etat, le Président du Conseil du Surveillance du GHER, et de plusieurs associations et acteurs engagés dans la lutte contre les violences intra-familiales à La Réunion (le Réseau VIF, l’ORVIFF, l’association ARIV et l’AFECT )a donc permis de dresser un nouveau bilan annuel de ce dispositif de pré-plainte et d’identifier les axes de travail à venir afin d’améliorer encore son efficience dans le suivi des victimes.

Ce dispositif de pré-plainte s’intégre dans une véritable stratégie et une ambition du GHER dans l’accueil et la prise en charge des victimes de violences intra-familiales, incluant la prise en charge médicale, sociale et psychologique des victimes, de même que leur accompagnement grâce au réseau associatif.

Ainsi, depuis le mois de mars, et grâce au renforcement des moyens des Unités de Médecine Légale du CHU de La Réunion par la Justice, une équipe mobile de médecine légale intervient désormais également chaque semaine sur le site du GHER, afin de procéder aux examens médico-légaux indispensables dans le cadre d’éventuelles poursuites des auteurs de ces violences. Ce point fondamental afin de qualifier les faits et d’engager des poursuites a été rappelé par Mme DUMAS, Substitut du Procureur et Référente VIF au sein du Parquet de St Denis.

En parallèle, un projet est actuellement en cours de finalisation à l’échelle du Groupement Hospitalier de Territoire afin de structurer, avec l’appui financier de l’ARS de La Réunion, une filière de la prise en charge des victimes de violences en proximité sur chacun des 4 territoires de La Réunion, que ce soit pour les victimes majeures, mais également les enfants, incluant le psycho- traumatisme.

Mme WADEL, Secrétaire Générale du CHU et du GHER, a conclu les échanges de cette matinée en rappelant que le déploiement et l’organisation de ces filières de prise en charge en proximité, de même que le renforcement de la coopération avec les professionnels de santé libéraux du bassin Est, ainsi que les associations d’aide aux victimes, avec l’appui de l’ensemble des acteurs institutionnels, sont les priorités du que le GHER se fixe dans le cadre de cette problématique majeure de santé publique à La Réunion.

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