Violences conjugales : Un pervers narcissique condamné

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Un homme a été condamné au tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour des faits de violence sur sa compagne. Durant le procès, le prévenu a fait une démonstration remarquable sur l’emprise que peut exercer un manipulateur sur une victime. Il est condamné à 15 mois de prison ferme.

Avec déjà 13 mentions dans son casier judiciaire, dont plusieurs liées à des faits de violence, l’accusé tente de se défendre. Le rapport du psychiatre est clair : il s’agit d’un pervers narcissique dans la dangerosité est avérée. Le prévenu conteste cette analyse.

SOS : le code d’urgence

Pour se défendre, sa compagne avait créé un code d’urgence avec sa soeur. Si elle recevait un texto avec l’inscription « SOS », celle-ci devait immédiatement appeler les gendarmes. Message court, simple et rapide à envoyer, avant que son compagnon ne lui confisque son téléphone et l’agresse. Le 26 novembre dernier, elle envoie le message.

Le temps que les gendarmes arrivent, elle se réfugie chez ses voisins. Il l’aurait menacé et violenté : « Tu ne mérites pas de vivre, je vais t’aider à mourir », se souvient-elle. Les traces sur son corps témoignent de l’agression.

Pendant ce temps, il est toujours à l’intérieur de la maison, avec sa fille. Il a le téléphone de sa compagne et a pris le soin de tout effacer, afin de supprimer des preuves. En effet, déjà condamné, il avait interdiction de l’approcher. Pourtant, des voisins affirment qu’il vit avec elle depuis des mois. Son explication : sa compagne le fait chanter.

Il retourne la situation à son avantage 

Il explique qu’en sortant de prison, c’est elle qui serait venue le chercher et qu’elle voulait qu’il s’installe de nouveau avec elle, parce qu’elle serait toujours amoureuse de lui. Tout cela contre son gré. Argument contré par le juge, car la date de sortie de prison avait été modifiée sans en informer sa compagne.

Il avoue à demi-mot qu’il la fait surveiller et qu’il sait tout d’elle, allant même jusqu’à affirmer qu’elle est enceinte de son enfant.

Il évoque que sa compagne est violente, lui a déjà mis des coups de couteau et renversé avec la voiture. En revanche, il nie l’avoir violenté. « Je fais plus de 90 kilos, j’ai fait 10 ans de boxe. Si je l’avais frappée, ce ne seraient pas que des éraflures », se défend-il. Il reconnaît uniquement le fait de ne pas avoir respecté l’obligation d’éloignement.

Culpabilité inversée

Ces explications agacent la procureure Caroline Calbo, qui rappelle la notion d’emprise psychologique. Elle explique également les signaux indirects envoyés par les victimes. Elle déplore le fait qu’il nie les faits et tente de retourner la situation. Elle requiert 4 ans de prison, donc 18 mois avec sursis.

Me Nicolas Dyall regrette que le procès de son client soit devenu celui « de tous les hommes violents ». Il met en avant le manque de témoins, évoquant que seules les accusations de la victime ont été prises en compte dans le dossier. L’enfant de 8 ans présente au moment des faits, n’aurait pas été interrogée.

Bien qu’il tente de se faire passer pour victime de sa compagne, il est condamné à 30 mois de prison, dont 15 avec sursis. Il est relaxé pour les menaces de mort, mais jugé coupable pour les violences et le non-respect de l’obligation d’éloignement. Pour les préjudices, il devra verser 1 500€ à la victime et a interdiction de l’approcher.

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