Virginie Gobalou, conseillère régionale de l’opposition, interpelle Emmanuel Macron

dans Courriers des lecteurs
Dans une tribune libre, Virginie Gobalou, conseillère régionale de l’opposition, interpelle Emmanuel Macron.
Monsieur le Président,
Je suis très heureuse de vous voir venir à notre rencontre, même si je suis un peu peinée que vous ne puissiez pas recevoir les élus locaux dont je fais partie en ma qualité de Conseillère Régionale.
Alors que tout le monde parle, à raison, de l’urgence climatique et de la transition écologique, je voudrais vous interpeller, pour
ma part, au sujet de l’humain dans cette époque ultra libérale en proie à des forces conservatrices dont l’action contrarie le bonheur du plus grand nombre. En effet, il y a la violence systémique insoluble qui n’aide pas à la promotion d’un citoyen insulaire pleinement investi dans ses fonctions, éloigné, le plus souvent, des postes de décision, écarté des sphères de la responsabilité, réduit, pour la plupart d’entre les citoyens, à l’exercice de missions et travaux d’exécution à faible valeur ajoutée.
Depuis fort longtemps, on parle de promouvoir le citoyen réunionnais, paradoxalement, le plus souvent, on échoue dans la concrétisation de cette promesse électoraliste, oubliée, une fois l’élection passée.
La plupart du temps, en empruntant maladroitement, au registre identitaire, l’expression de « préférence régionale », certains promoteurs d ’une idée pourtant noble en sont venus à cristalliser les tensions, à engendrer des crispations inutiles et à être la source de dislocation potentielle de la société dans le choix de mots non judicieux pour en venir à bout de maux pernicieux qu’on ne saurait accepter durablement.

Aussi, avant de poursuivre, plus en avant, mon propos, et, afin de lever toute ambiguïté, je voudrais juste préciser qu’il y a 4 types de citoyens réunionnais (bretons, alsaciens ou corses) : celui qui y est né et qui a trouvé sa place, celui qui y a migré et auquel la société a fait une place, celui qui est parti en Métropole ou ailleurs dans l’attente d’y revenir un jour, celui, enfin, qui est un « réunionnais de cœur » puisqu’il y est venu, un temps déterminé, travailler dans l’île, puis est reparti ailleurs, au gré des circonstances de la vie et de ses obligations professionnelles.

Sur la base de ces considérations, la mobilité, nécessaire, au demeurant, dans la formation ou l’emploi, nous oblige à réfléchir à la mise en place d’une véritable politique du retour au « pays natal » pour celles et ceux qui en expriment le désir. De la même manière qu’il nous faut anticiper nos besoins pour mieux calibrer les formations, de type universitaire notamment, au plan local, afin que celles-ci puissent être en adéquation avec les perspectives du marché du travail, sans qu’il n’y ait de sur diplômés, sous-payés, à déplorer en trop grand nombre.
Il nous faut donc voir au-delà des luttes intestines pour le pouvoir et de la guerre des égos qui fait rage au titre de la seule carrière personnelle en ligne de mire, il nous faut penser la formation au-delà de la seule élévation du niveau des compétences, il nous penser la capacité d’abstraction sans compromettre le potentiel de production, il nous faut cesser d’engager une masse de personnes dans des études, dont la plupart se retrouveraient dans une impasse, faute de recevoir un solide bagage méthodologique ouvert sur le monde réel, sur les process en vigueur, sur les pratiques et sur les organisations de travail avides de compétences introuvables localement.
Notre département souffre d’un manque de places dans les établissements préparant aux diplômes de niveau bac plus deux et trois. Les jeunes qui ne souhaitent pas se voir imposer une orientation sont peu ou pas retenus.
Notre île ne dispose toujours pas d’un Institut Régional d’administration (IRA) et permettre ainsi une vraie égalité des chances.
Enfin, nous avons à faire face à une réelle cécité quant aux chèques en blanc signés aux organismes de formation tandis que leur mission se devrait d’inscrire davantage leur public dans un parcours d’accès vers l’emploi et/ou le travail plutôt que de « former pour former » sans prise en compte du projet professionnel et en totale déconnexion de la demande locale exprimée ou latente.
L’urgence est humaine avant toute chose, celle de sortir notre jeunesse d’une logique de survie pour commencer l’expérience de la vie, celle qui consiste à se serrer les coudes et à faire de la place pour tous dans un territoire sinistré où la responsabilité est partagée sans que pour autant personne ne veuille plaider coupable face à la panne persistante de l’ascenseur social.
Virginie GOBALOU.
Conseillère Régionale

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Petrel
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Petrel

Tu en penses quoi du bourrage d’urnes dans ta ville,as tu chere collègue attirer son attention ?merci pour ta reponse,nini.

zarboutan
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zarboutan

ces syndicalistes sont prêts à s’accroupir devant sa majesté Manu pour se faire de la pub!

Didier
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Didier

Gobalou, socialiste de salon, partisane de Hollande et de El Khomri, donc de leur loi travail qui a démoli les acquis des travailleurs, parle ici pour ne rien dire, ou plutôt pour dire à Macron (ex-ministre de Hollande) qu’elle est très heureuse de sa venue à La Réunion ! Macron le président des riches, le représentant en chef des capitalistes français, de ceux qui mettent la classe ouvrière plus bas que terre pour amasser leurs profits ! Et cette politicienne a encore le front de se présenter comme une élue d’ “opposition” ! Quelle lamentable et écoeurante prestation ne nous… Lire la suite »