Volcan sous-marin de Mayotte : l’expertise scientifique réunionnaise mobilisée

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À chaque crise éruptive depuis 2018, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise fournit à la Préfecture des données de trajectoires probables des coulées, à partir d’un protocole qui anticipe l’écoulement des laves dès le début d’une éruption. Ce protocole mis en place à La Réunion par Oryaëlle Chevrel (UCA), chargée de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), est utile pour étudier l’activité volcanique, importante dans le bassin de l’Océan Indien.

En effet, un nouveau volcan sous-marin a été découvert en Mai 2019 à 3 500 mètres de profondeur, à seulement 50 km à l’est de Mayotte.

Oryaëlle Chevrel est mobilisée pour effectuer des mesures géologiques dans le cadre des actions du Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte qui a pour objectif de suivre, analyser et informer sur l’activité volcanique et sismique de la région de Mayotte.

Une campagne océanographique de surveillance à bord du N/O Marion Dufresne, dénommée « MD234-Mayobs21» – la 21ième depuis 2019 – vient de se terminer. Elle a duré 22 jours, avec un retour à La Réunion le 4 octobre. L’objectif : récupération des données et maintenance des capteurs placés au fond de la mer et dans la colonne d’eau (OBS, hydrophones, capteur de pression A-0-A), cartographie de la morphologie du fond marin (sondeur multifaisceaux, plongées AUV) et détection des panaches acoustiques dans la colonne d’eau (émissions de fluides, gaz et particules) pour évaluer l’activité éruptive au niveau du nouveau volcan et les évolutions du fond marin depuis les dernières campagnes, échantillonnage des roches volcaniques des divers monts sous-marins de la zone pour reconstruire leur passé éruptif et contribuer à l’évaluation des aléas volcaniques (dragages).

L’équipe constituée de scientifiques de l’IPGP, de l’Ifremer, du BRGM, du CNRS, de l’IUEM, des Universités de La Rochelle et de Clermont-Ferrand (UCA), et de l’IRD, a ainsi réalisé des mesures et des prélèvements permettant de mieux comprendre la formation et l’évolution de la chaine volcanique sous-marine, pour suivre et anticiper le développement du nouveau volcan, et ainsi fournir des outils d’aide à la décision sur les dispositions à prendre pour protéger les populations environnantes. Dans ce cadre, Oryaëlle Chevrel a particulièrement travaillé sur les prélèvements de roches de la chaine volcanique sous-marine. Ces échantillons une fois ramener au Laboratoire Magmas et Volcans de l’UCA, seront analyser afin de déterminer leurs propriétés physiques, chimiques et thermiques qui sont la clé pour comprendre la dynamique éruptive.

« L’étude du volcanisme sous-marin est un vrai challenge car cela nécessite la mise en œuvre de moyens technologiques et humains importants », précise Oryaëlle Chevrel.

 

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