Yvette Duchemann pour une écologie sociale solidaire : nous sommes le 3919

dans Courriers des lecteurs

En France, une femme meurt sous les coups de son compagnon tous les 2 jours. À La Réunion, au moins 6 000 plaintes ont été enregistrées l’année dernière et une augmentation de 13 % a été́ constatée dans l’Est. Qu’avons nous raté?  

Le gouvernement français s’est emparé un peu tard de cette question et le Grenelle des violences s’est terminé sans réels moyens affectés : 6 millions (en plus des 79 millions déjà consacrés) alors que selon le rapport du Haut Conseil à l’Egalité ce serait 12 fois plus (1,1 milliards) qui seraient nécessaires pour lutter efficacement contre ce fléau, en particulier dans nos Outre-Mer où ce problème est particulièrement prégnant mais où aucune mesure spécifique n’a été vraiment engagée. Nous nous devons de nous mettre en face de nos responsabilités et d’être alors très attentifs à la mise en œuvre de ces mesures annoncées à La Réunion, même si celles-ci demeurent à mon avis, encore visiblement très insuffisantes. 

Notre île de par son histoire a été, et est encore  une île confrontée à des phénomènes de violence notamment envers
les femmes. Les « faits divers » sont quotidiens. Le non-dit, la peur ont longtemps dominé ce quotidien. Comment enrayer cette malédiction?  Quel doit être le rôle  de l’Education ?

Quelle est la pédagogie de prévention, de sensibilisation depuis le plus jeune âge, de tout élève? Quels sont les dispositifs de
détection des Violences Intra Familiales que le petit enfant, le collégien, le lycéen montre au sein de son établissement scolaire et que l’institution n’entend, ne voit pas, l’institution qui passe à côté du malheur de combien d’enfants? Qu’il/elle soit agresseur ou agressé(e). La prise en compte par l’Education Nationale est INSUFFISANTE.  

La violence est aussi domaine médical. Nos médecins sont ils assez formés à l’écoute du malaise, du malheur, de l’errance,
de la souffrance? À l’ethnomédecine? Ainsi, force est de constater que la prise en compte de cette situation  alarmante par le Gouvernement ne permettra malheureusement pas de résoudre dans l’immédiat le problème. Nous savons qu’il est très difficile pour une femme victime de violences de faire la démarche d’aller dans un commissariat où parfois peu de personnel est formé à cette
question délicate des Violences Intra Familiales. Et la honte, la peur, l’angoisse de se voir encore plus humiliée, le rejet par sa propre famille, la souffrance de ses enfants, le quotidien économique à assurer,  tant de sentiments contradictoires animés par l’espoir d’un changement? D’une délivrance?

Difficile. Les collectivités auront elles vraiment les moyens nécessaires pour augmenter significativement le nombre de
places d’hébergements? Toutes les villes doivent absolument assurer cette sécurité aux Femmes en danger. Un hébergement décent propice à la reconstruction physique et psychologique.

Pour les auteurs ou ceux qui seraient capables de violences, également, il est urgent de mettre en place des lieux d’accueil,
de soin et une prise en charge psychologique, voire psychiatrique permettant de travailler sur les causes en amont ayant entrainé cette violence. La réponse judiciaire aussi doit être rapide et et adaptée car cela se passe encore ainsi: certaines femmes agressées physiquement, verbalement, attendent plus d’un an entre la plainte et la décision judiciaire sans aucune protection et à la merci de leur agresseur.  

Ces réflexions, non seulement pour un appel à toutes les institutions politiques, et surtout pour dire stop à notre
indifférence, stop à l’égoïsme moderne. Un appel pour que toutes et tous, alors que nous savons ce qui se passe encore dans certains Etats, je parle de l’infanticide féminin, de lapidation de femmes, (je n’ose croire à un génocide féminin invisible), pour que toutes et tous nous puissions ouvrir nos yeux, notre coeur et venir en aide aux femmes victimes. Nous sommes toutes et tous le 3919.

Merci

Yvette Duchemann 
Elue écologiste

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