Crise carburants : le syndicat des très petites entreprises écrit au président de l’Association des maires

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Younous Adame, président de l’ORTPE a adressé un courrier à Serge Hoareau, maire de Petite Ile et président de l’Association des maires de la Réunion (AMDR).

« Monsieur le Président,

L’ORTPE, est une organisation syndicale qui représente les intérêts de Très Petites Entreprises à la Réunion. Depuis plusieurs jours, les TPE de La Réunion constatent une hausse continue de leurs coûts d’exploitation, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques que personne, localement, ne maîtrise. Un sentiment s’installe : chacun renvoie la responsabilité à l’autre, et au final… ,ce sont les Réunionnais et nos petites entreprises qui supportent l’effort.
Soyons lucides : sans crise internationale, ces hausses n’existeraient pas. Nous sommes face à un choc extérieur, subi. Nous prenons acte des actions engagées par les services de l’État, qui ont permis d’ouvrir des pistes d’accompagnement, sous forme de plans de soutien et de dispositifs de report, en cours de définition et de
mise en œuvre. Mais sur le terrain, la réalité est immédiate : nos transitaires annoncent des hausses de 5 à 10 % des coûts de transport, qui seront directement
répercutées. Cette situation entraîne un enchaînement de hausses sur l’ensemble des coûts de transport, déjà fortement pénalisés par notre insularité.

À La Réunion, les TPE dépendent quasi exclusivement du véhicule pour leur activité.
Elles ne disposent d’aucune alternative crédible et restent sans pouvoir de négociation face à des acteurs en situation de monopole.
Pour les TPE, cela signifie des marges qui disparaissent, des prix qui augmentent et une activité fragilisée. Et pourtant, une réalité doit être dite clairement : aucune détaxe n’existe aujourd’hui pour les TPE, ni pour le commerce de proximité, ni pour les commerces des hauts, ni pour les forains, pourtant essentiels à la vie économique et sociale de notre île. Dans le même temps, le mécanisme fiscal entraîne une augmentation mécanique des recettes, notamment via l’octroi de mer.
Dès lors, une question simple se pose : peut-on laisser les coûts augmenter sans ajuster les mécanismes qui les amplifient ? La Région renvoie vers les communes.
Nous comprenons que l’octroi de mer est indispensable au fonctionnement des collectivités. Cependant, un point doit être posé clairement : le surplus généré par cette crise n’était pas budgétisé. Il constitue aujourd’hui un levier concret et immédiat.
L’ORTPE appelle l’Association des maires et l’ensemble des maires, en lien avec la collectivité régionale, à agir concrètement et rapidement afin que le surplus d’octroi de mer lié à la hausse du pétrole ne soit pas répercuté sur le prix du carburant à la pompe. Car la réalité est sans détour : nos TPE font face à une trésorerie déjà fragilisée, laissant peu de marge pour absorber de nouvelles hausses.
Ni les entreprises, ni la population n’ont aujourd’hui la capacité d’absorber ces augmentations successives. Il ne s’agit pas de désigner un responsable, mais de partager l’effort face à une crise que nous subissons tous.
Les ressources issues du territoire doivent, en temps de crise, revenir au territoire.
La Réunion a toujours su faire preuve de solidarité. Aujourd’hui, il est temps de la traduire concrètement. Préserver nos TPE, c’est préserver La Réunion. Je vous remercie de l’attention portée à ce courrier et reste à votre disposition pour tout échange ».

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

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