Chaque année, des centaines de jeunes Réunionnais font leurs valises pour rejoindre la métropole. Certains partent pour poursuivre leurs études, d’autres pour décrocher un premier emploi ou acquérir une expérience professionnelle difficile à trouver sur l’île. Beaucoup le font avec un objectif en tête : revenir un jour chez eux, forts de nouvelles compétences.
Mais une question revient sans cesse : partir est-il devenu une nécessité pour réussir ? Et lorsqu’on revient, La Réunion offre-t-elle réellement une place à ceux qui ont choisi de rentrer ?
Le marché de l’emploi réunionnais reste particulièrement tendu. Avec une population jeune, une forte concurrence et un nombre limité de postes qualifiés dans certains secteurs, décrocher un emploi durable relève souvent du parcours du combattant.
Pour beaucoup, la métropole représente alors une opportunité. Les entreprises y sont plus nombreuses, les possibilités d’évolution plus importantes et les expériences professionnelles parfois plus valorisantes. Cette mobilité permet à de nombreux Réunionnais d’acquérir un savoir-faire qu’ils espèrent ensuite mettre au service de leur île.
Mais le retour est souvent plus compliqué qu’imaginé.
Nombreux sont ceux qui témoignent de difficultés à retrouver un emploi correspondant à leur qualification. Certains finissent même par repartir, faute de perspectives. D’autres acceptent des postes en dessous de leurs compétences simplement pour pouvoir vivre à La Réunion.
À cette réalité s’ajoute un autre débat, parfois sensible : les emplois disponibles doivent-ils prioritairement bénéficier aux Réunionnais revenus sur l’île ou rester ouverts à tous les candidats, quel que soit leur parcours ?
Dans une économie ouverte, les entreprises recrutent généralement les profils qu’elles estiment les plus adaptés à leurs besoins. Des personnes venues de métropole ou d’ailleurs choisissent également de s’installer à La Réunion et occupent des postes dans le public comme dans le privé. Pour certains Réunionnais, cette situation nourrit un sentiment d’injustice lorsqu’ils peinent eux-mêmes à trouver un emploi après plusieurs années passées à se former.
D’autres rappellent au contraire que la mobilité fonctionne dans les deux sens : des Réunionnais s’installent en métropole, tandis que des métropolitains ou d’autres professionnels choisissent de vivre et de travailler à La Réunion. Selon eux, le véritable enjeu n’est pas l’origine des salariés, mais le manque d’emplois disponibles sur le territoire.
La véritable question est peut-être ailleurs.
Comment créer davantage d’emplois qualifiés à La Réunion ? Comment permettre aux jeunes diplômés de construire leur avenir sans être contraints de quitter leur île ? Comment encourager le retour de ceux qui souhaitent mettre leur expérience au service du développement local ? Et comment attirer également des compétences extérieures qui participent à la dynamique économique, tout en offrant de réelles perspectives aux Réunionnais ?
Au-delà des opinions, le défi est immense. Car derrière chaque départ, il y a souvent un choix difficile entre ambition professionnelle et attachement à son territoire. Et derrière chaque retour, il y a l’espoir de pouvoir vivre, travailler et construire son avenir sur son île natale.
Le débat mérite d’être posé avec sérénité, loin des oppositions. Car il ne s’agit pas de savoir qui a le droit de travailler à La Réunion, mais plutôt de réfléchir collectivement à la manière de créer suffisamment d’opportunités pour que chacun puisse y trouver sa place.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Faut-il partir pour réussir ? Les Réunionnais qui reviennent devraient-ils bénéficier de davantage d’opportunités ? Ou le véritable problème reste-t-il avant tout le manque d’emplois sur notre territoire ?















Préférence régionale : pour diplômes et expériences égaux, on prend un Réunionnais. Le complexe de la goyave de France doit cesser! Les grands directeurs doivent être des créoles! Créole, c’est celui qui est né ici, a grandi ici et est parti faire des études. Ce n’est pas une question de race ni de couleur. Nous ne pouvons pas permettre comme c’est le cas, que des personnes qui ne rêvent pas d’occuper de gros postes en héxagone puissent le faire ici!