Voici le communiqué du député Jean-Hugues Ratenon (5ème circonscription) concernant la récente décision de l’Etat à propos de la zone franche d’activité nouvelle génération en faveur de 6 communes de l’Est :
« Les habitants les plus pauvres ne doivent pas servir d’alibi à des cadeaux fiscaux sans contrepartie. Le décret renforçant le dispositif de zone franche d’activité nouvelle génération dans les six communes de la CIREST vient d’être publié.
Bras-Panon, La Plaine-des-Palmistes, Saint-André, Saint-Benoît, Sainte-Rose et Salazie bénéficieront désormais d’un régime fiscal renforcé pour les entreprises éligibles : +30 % d’abattement sur les bénéfices imposables, +20 % sur les exonérations existantes, permettant une exonération totale de la cotisation foncière des entreprises, ainsi que +30 % d’abattement sur la taxe foncière sur les propriétés bâties.
Nous ne refuserons jamais une mesure susceptible d’apporter un peu d’oxygène à certaines entreprises de l’Est, particulièrement après les conséquences du cyclone Garance. Mais il faut dire la vérité aux Réunionnais.
Le problème n’est pas que l’État aide les entreprises. Le problème est qu’il a une nouvelle fois oublié l’essentiel : conditionner ces avantages fiscaux à des obligations concrètes d’embauche des habitants de l’Est.
Car si l’objectif affiché est de lutter contre la pauvreté, alors la première priorité devrait être de créer de l’emploi pour celles et ceux qui vivent dans ces territoires. C’est par le travail que l’on sort durablement de la précarité. C’est par l’emploi local que l’on redonne de la dignité, du pouvoir d’achat et des perspectives à une population qui subit depuis trop longtemps les inégalités.
Or, rien de tout cela n’apparaît dans le dispositif. Le critère retenu pour renforcer les exonérations fiscales est pourtant sans ambiguïté : le taux de pauvreté doit dépasser 40 % en moyenne. Autrement dit, l’État utilise la pauvreté des habitants de l’Est pour justifier des avantages supplémentaires accordés aux entreprises.
Mais quelles garanties obtiennent en retour les familles concernées ? Aucune.Aucune obligation de recruter des jeunes de l’Est. Aucune exigence d’embauche locale. Aucun objectif chiffré de création d’emplois. Aucun engagement sur la formation professionnelle. Aucune contrepartie sur les salaires ou sur l’investissement dans le territoire.
L’État a oublié une règle pourtant simple : lorsqu’une aide publique est financée par l’ensemble des contribuables, elle doit produire un bénéfice direct pour la population.
Les habitants les plus pauvres de l’Est ne peuvent pas servir de simple justificatif statistique à des exonérations fiscales. Ils doivent être les premiers bénéficiaires des politiques publiques mises en œuvre en leur nom.
Si demain une entreprise bénéficie de plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’ euros d’avantages fiscaux supplémentaires, la moindre des choses serait qu’elle participe à l’effort collectif en recrutant des habitants du territoire, en accueillant des apprentis, en formant des demandeurs d’emploi ou en investissant localement.
C’est uniquement ainsi que nous réduirons durablement la pauvreté dans l’Est. Pas par des exonérations sans contrepartie, mais par l’emploi. Cette absence de conditionnalité est d’autant plus difficile à comprendre que, dans le même temps, l’État réduit fortement les moyens consacrés à l’insertion et au logement.
Le nombre de contrats PEC passe de 10 000 en 2025 à seulement 4 000 en 2026 à La Réunion, soit une baisse de 6 000 contrats aidés. Pour les communes de la CIREST, l’enveloppe diminue considérablement. Ces contrats seront limités à six mois avec un financement de l’État réduit à 40 %, permettant à l’État d’économiser plusieurs millions d’ euros.
Dans le même temps, les bailleurs sociaux alertent sur la diminution de la ligne budgétaire unique consacrée au logement social à La Réunion : seulement 27 millions d’euros envisagés en 2026 contre plus de 78 millions d’euros en 2025, alors même que plus de 53 000 demandes de logement social sont en attente.
Voilà la contradiction de la politique menée par l’État : des exonérations fiscales sans obligations d’embauche d’un côté, et la suppression de moyens pour l’emploi et le logement de l’autre.
Toute mesure favorable à l’activité économique est bonne à prendre. Mais notre responsabilité est aussi de poser une question simple : combien d’emplois pour les habitants de l’Est seront créés grâce à ces exonérations supplémentaires ?
Aujourd’hui, l’Etat n’est pas capable de répondre. C’est précisément là que se situe la faute de l’État : avoir conçu un dispositif fondé sur la pauvreté du territoire sans exiger en retour un engagement concret en faveur de ceux qui la subissent.
Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2027, je défendrai donc plusieurs propositions : conditionner les avantages fiscaux les plus importants à des objectifs d’embauche locale, renforcer les obligations de formation, soutenir davantage l’investissement productif et rétablir des moyens à la hauteur des besoins en matière de logement social.Je défendrai également un renforcement de l’accompagnement de l’État auprès de la CIREST pour l’aménagement des zones d’activités économiques. Car la création d’emplois passe aussi par la capacité de notre territoire à accueillir de nouvelles entreprises dans des espaces adaptés et correctement équipés. Aujourd’hui, les collectivités ne peuvent pas porter seules cet effort d’investissement.
Avec le nouveau président de la CIREST, Joé Bédier, je sais que nous pourrons parler d’une même voix pour défendre les intérêts de l’Est ».















Il devrait commencer a redistribuer ses indemnités au lieu de faire des remarques qui ne mènent à rien,que pour faire parler de lui .
Monsieur le député , un peu de sens s’il vous plait , agissons avec intelligence en commençant d’abord par la stabilité de la situation financière des entreprises et non pas à continuer avec ces PEC d’achats de voix et de misère de la société . Faites vos preuves autrement.
Ratenon, bien conscient que toutes ces aides au patronat ne serviront à rien fait mine de demander à l’Etat de les assortir à la condition que les patrons embauchent.
Or chacun sait que les patrons, après avoir empoché les aides, font ce qu’ils veulent avec et, la plupart du temps, n’embauchent pas, et se permettent même de licencier quelques temps après une partie de leurs salariés pour cause de « difficultés », en fait pour maintenir leurs profits.
Tout ça pour dire que les députés de LFI sont comme ceux du PS, de la droite et du RN des carpettes du patronat.
Les chômeurs ne peuvent compter que sur leur luttes et la saine crainte qu’ils peuvent inspirer au patronat et à l’état pour espérer trouver du travail. Sur rien d’autre !