Les patientes n’auront plus besoin de se rendre à Saint-Denis pour suivre tout le protocole médical. A partir de la rentrée prochaine – en septembre – la prise en charge se fera entièrement au GHER de Saint-Benoit. En effet, l’établissement sera en mesure de garantir aux patients un parcours complet de soins, du diagnostic à la chirurgie, sans quitter le territoire Est.
Le parcours patient est structuré en plusieurs étapes clés : une annonce de diagnostic au sein d’une consultation dédiée, une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) réunissant chirurgiens, oncologues,
radiologues, anatomopathologistes et radiothérapeutes chaque mardi pour définir la meilleure stratégie thérapeutique, une journée d’hôpital de jour pour la proposition thérapeutique, au cours de laquelle la patiente rencontre le chirurgien, une infirmière coordinatrice, un(e) psychologue et une
assistante sociale. Puis, un Plan personnalisé de soins (PPS) est remis à chaque patient, pour qu’il comprenne chaque étape de sa prise en charge.

Un parcours complet qui s’appuie sur une expertise publique/privée au
service des patientes de l’Est pour la chirurgie des cancers du sein. Le dépistage intervient par le Centre d’Imagerie de Saint-Benoît qui confirme le diagnostic par biopsie en lien avec les résultats d’anatomopathologie; Les interventions chirurgicales sont réalisées par des chirurgiens publics du CHU (Dr Balaya) et du GHER (Dr Guigemde), un chirurgien privé de la Clinique Sainte-Clotilde (Dr Carrasset). Les pièces opératoires sont analysées par le Centre d’Imagerie de Saint-Benoît en lien avec le laboratoire d’anatomopathologie du CHU.
Ecoutez le Dr Vincent Balaya, gynécologue obstétricien, chirurgien-cancérologue au CHU Nord et Maître de conférences des Universités à l’Université de la Réunion, qui se félicite de cette nouvelle offre de soins pour les habitants du bassin Est. « Au niveau de la carte sanitaire Nord-Est, on fait tomber les barrières. Et c’est du gagnant-gagnant pour les patients, pour l’établissement et pour les médecins », dit-il. Le Dr Balaya est au micro d’Yves Mont-Rouge :
Outre les opérations des cancers du sein, à noter que le GHER a également obtenu les autorisations de chirurgie viscéral et digestif, « une étape majeure pour la santé des patients de l’Est ». Roland Sihou, président de la Commission des usagers au GHER se félicite de cette annonce et il explique pourquoi :
Lionel Calenge : « une dynamique de projets qui se poursuit en 2026 et 2027 »

Parmi les autres nouvelles annoncées ce jeudi matin, 9 juillet, par le directeur général du CHU et du GHER, Lionel Calenge et par le DR Judith Gounou, présidente de la Commission médicale d’Etablissement (CME) – juste avant la réunion pour l’élection de la gouvernance du Conseil de Surveillance -, notons : l’ouverture de l’hôpital de jour de Ménopause en mars dernier, la mise en place de l’échographie d’effort en avril dernier, le lancement des travaux des Nouvelles Urgences (3 000 m2) ce mois de juillet pour une livraison au 2ème trimestre 2027. La première pierre a été posée il y a environ 3 mois.


« Grâce à ces nouvelles urgences, plus spacieuses et plus modernes, un travail sera mené pour fluidifier le temps de patience, notamment en pédiatrie et gériatrie », a souligné le Dr Yannick Charifou, chef de pôle des soins critiques au GHER.
A noter également l’ouverture de l’hôpital de jour de l’insuffisance cardiaque ainsi que de l’HDJ thérapeutique sur le site de Saint-André en août prochain, Saint-André, en complément de l’offre de Médecine Physique et de Réadaptation. « Chaque jour, deux activités thérapeutiques seront proposées, en individuel ou en collectif, mobilisant des professionnels de kinésithérapie, d’activité physique adaptée et d’ergothérapie.
Cette offre s’adresse en priorité aux patients suivis dans la filière gériatrique, notamment en hospitalisation complète de SMR, en équipes mobiles de gériatrie ou en consultations mémoire, ainsi qu’aux patients adressés par leur médecin traitant », a explique le Dr Judith Gounou, qui a salué cette collaboration, pour ne pas dire cette union sacrée qui existe aujourd’hui entre la direction générale commune des deux établissements (CHU et GHER), le Conseil de surveillance présidé par Jean-Marc Péquin et la Commission médicale d’établissement (CME). Une collaboration qui permet d’offrir des soins de qualité avec un plateau de 42 médecins partagés entre les deux hôpitaux.

Installé sur le site de Saint-André, au 673 chemin Lagourgue, l’Hôpital de Jour fonctionnera 5 jours /7 et permettra de
renforcer l’accès à des soins de réadaptation. Sans oublier en décembre de cette année de l’ouverture de l’antenne Est de la Maison de la Mère, de la Femme et de l’Enfant.
Par ailleurs, « le GHER déploie des vacations au bloc opératoire avec le CHU de La Réunion. Dans le cadre de la direction commune et de la coopération
médicale dynamique et renforcée entre le CHU et le GHER des vacations de plages opératoires sont mises en place au sein des blocs du GHER. Elles
permettent d’organiser la prise en charge de patients du CHU au
plus près de leur lieu de vie, dans un environnement chirurgical
moderne et sécurisé », a souligné Jean-Marc Péquin, président du Conseil de Surveillance depuis septembre 2025.
Le GHER dispose en effet d’un bloc opératoire récent et parfaitement équipé, s’appuyant sur des équipes médicales et paramédicales mobilisées pour
assurer une prise en charge de qualité en proximité.
« Cette organisation conjointe permet de répondre à deux objectifs complémentaires : développer l’offre de chirurgie sur le territoire afin de limiter les déplacements des patients ; réduire les délais d’attente pour les patients du CHU en s’appuyant sur les capacités opératoires du GHER.
Les premiers résultats de cette coopération sont déjà très encourageants et s’inscrivent dans une montée en charge progressive de l’activité. L’objectif est d’ici fin 2026 un fonctionnement à pleine capacité du bloc, avec l’ouverture progressive de nouvelles spécialités, notamment odontologie, ophtalmologie, orthopédie, chirurgie plastique, chirurgie vasculaire et urologie », a rappelé le directeur général Lionel Calenge, qui a insisté sur « la forte dynamique d’activités portée par les équipes du GHER pour une qualité de soins de très haut niveau ».
Une activité qui est en nette progression sur l’ensemble des pôles, « reflet de l’engagement des professionnels », indique le directeur général. Selon lui, au global, l’activité augmente de +19 %, soit +2 596 séjours et séances entre les 4 premiers mois de 2025 et 2026. Cette croissance est principalement portée par l’ambulatoire, qui représente 86,4 % de la progression, les soins critiques, et dans une moindre mesure l’hospitalisation complète et la dialyse.
Le directeur général Lionel Calenge a profité de l’occasion pour parler finances. Lorsqu’il a pris la direction commune de cet établissement en 2014, le déficit s’élevait à 10 millions d’euros, à cause notamment « des emprunts toxiques ». Ce déficit a été réduit de près de 40%. Il est aujourd’hui à 3,9 M€ et devrait être totalement résorbé d’ici à l’année prochaine. Ecoutez Lionel Calenge, directeur général du CHU et du GHER :
Cette situation financière déficitaire n’empêche pas pour autant le recrutement en raison de l’évolution de l’activité, à en croire Lionel Calenge, qui a mis en place un « plan d’efficience » qui passe par « la rationalisation des dépenses de médicaments, de biologie, d’imagerie et des prestations
externes (juste prescription, biosimilaires, mutualisation des achats, réduction des pertes et produits périmés); La réduction des consommations d’énergie (éclairage LED, optimisation des équipements, ajustement des températures, suivi en temps réel des consommations d’électricité, d’eau et de climatisation) et la modernisation de l’organisation du secrétariat médical avec un serveur vocal interactif permettant d’orienter automatiquement les appels vers le bon service. L’objectif étant aussi de réduire les délais d’attente, améliorer l’orientation des appels et fluidifier la prise en
charge des patients ».
Comme l’a rappelé Lionel Calenge, le GHER investit (40 millions d’euros dans le PPI jusqu’à 2030), se désendette (réduction de stock de dettes de 6 M€), continue à renforcer l’attractivité médicale, finance la formation de son personnel, a commencé à rembourser sa dette sociale… Concernant l’avis de débrayage lancé par le syndicat CGTR pour le 13 juillet prochain au bloc opératoire, Lionel Calenge a expliqué que cela concernait le registre d’astreinte mis en place avant 2014 mais qui est pointé du doigt aujourd’hui par la Chambre régionale des comptes (CRC), laquelle lui demande de régulariser « ce mode de paiement qui n’avait aucune base légale ». Et le directeur général de préciser : « nous allons mettre en place une astreinte de secours; Le personnel sous astreinte va passer en garde ». Il profite de l’occasion pour saluer « le travail de qualité » réalisé par les personnels du bloc opératoire du GHER, au même titre que ceux de tous les autres services de l’établissement.















