Les entreprises s’engagent pour la jeunesse : une charte historique signée à la Préfecture (Photos)

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Ce vendredi après-midi, les salons de la Préfecture ont accueilli un moment de vérité. Loin des grands discours théoriques sur l’emploi, l’association GRADUATE OI a réuni chefs d’entreprise, acteurs de la formation et représentants de l’État sous le haut patronage du Préfet Patrice Latron et de Shenaz Zadvat. Objectif : signer la charte « Les Entreprises s’engagent pour la Jeunesse » et acter un sursaut collectif.

Il y a des moments où les chiffres cessent d’être des statistiques pour devenir des visages. Cet après-midi, à la Préfecture, ce sont les regards croisés de Shila, Benji et Alexandre qui ont donné le ton. Trois parcours, trois voix, trois éclats de jeunesse qui ont rappelé à une assemblée de décideurs économiques et institutionnels une réalité brute : le talent n’attend que l’ouverture d’une porte.

Shila, Benji et Alexandre aux côtés du Préfet de La Réunion, Patrice Latron

La séquence, condensée en une heure et demie d’échanges denses, a bousculé les habitudes. Car si l’école instruit et si les institutions orientent, c’est bien au cœur de l’entreprise que se joue le basculement décisif. Un stage de troisième, une alternance bien accompagnée, un regard bienveillant lors d’un premier entretien : ce sont ces détails pragmatiques qui transforment une trajectoire hésitante en un avenir solide. Lorsqu’un jeune rencontre une entreprise, une perspective s’ouvre : le stage révèle un métier, le mentorat redonne la confiance perdue. Mais pour que la magie opère, il faut provoquer le premier contact.

L’urgence des chiffres, le devoir de l’action

À La Réunion, la démographie dicte sa loi. Le territoire compte 161 200 jeunes âgés de 15 à 29 ans. Ce n’est pas une variable d’ajustement, c’est le cœur battant de notre avenir collectif. Pourtant, parmi eux, près de 43 000 se trouvent actuellement dans la catégorie des « NEET » (ni en emploi, ni en études, ni en formation). Ce chiffre massif ne traduit pas un manque d’ambition de notre jeunesse, mais un déficit de passerelles.

Au même moment, un autre indicateur montre la voie : chaque année sur l’île, plus de 41 700 jeunes traversent le monde de l’entreprise pour un stage, une immersion ou une période de formation. Preuve irréfutable que le tissu économique local n’est pas un spectateur de l’insertion, mais son acteur principal. L’école forme, les familles soutiennent, mais à un moment donné, il faut un lieu physique pour apprendre les codes et prendre confiance. Ce lieu, c’est l’entreprise.

Une charte à hauteur d’homme

C’est précisément face à ce constat qu’intervient la charte signée aujourd’hui. Loin des usines à gaz administratives, ce texte propose un pacte d’action modulable, structuré autour de cinq engagements concrets et mesurables : l’accueil d’un stagiaire de troisième pour casser les barrières dès le collège, l’ouverture à l’immersion professionnelle, la place faite aux filières techniques (CAP, Bac Pro, BTS), l’intégration directe de jeunes NEET en alternance, et enfin le mentorat d’un jeune issu des quartiers prioritaires ou des Hauts.

Le message partagé par les leaders de l’initiative est limpide : « aucune structure n’est trop petite pour agir ». Si les grandes entreprises ont les moyens de déployer l’ensemble de ces leviers, une TPE locale peut, à son échelle, sauver une trajectoire en parrainant un seul jeune. L’enjeu n’est pas l’uniformité de la réponse, mais la généralisation du geste. L’important n’est pas que tout le monde fasse la même chose, mais que chacun fasse quelque chose.

En quittant la Préfecture ce soir, les stylos étaient posés, mais le travail ne faisait que commencer. La jeunesse réunionnaise n’exige pas qu’on commente son avenir ; elle demande qu’on l’aide à le bâtir. Par cette signature collective, le monde de l’entreprise vient de prendre ses responsabilités. Pour les jeunes, pour l’économie locale, et pour l’équilibre de La Réunion.

2 Commentaires

  1. C’ est beaucoup mieux, une réalisation collective pour une meilleure qualité professionnelle pour notre jeunesse, troussons nos manches, pas de politiques sans voix, notre jeunesse doivent être fière de nous de notre héritage. Bravo aux entreprises, donne de l’ amour à votre patrie vous êtes le cœur battant de notre jeunesse.

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