1er mai : le RN défend « la liberté de travailler pour ceux qui veulent »; Réactions

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Dans un communiqué signé de Jean-Jacques Morel, délégué départemental du RN 974 et conseiller régional, ce dernier, « dénonce avec force l’impuissance du gouvernement qui vient de capituler devant le Parti Socialiste en enterrant la réforme du 1er mai, qui était pourtant la bienvenue en cette période de vaches maigres.

Le PS, avec madame Bareigt à La Réunion et son allié LFI, n’est même plus sensible aux fins de mois difficiles des travailleurs réunionnais. Pourquoi priver un salarié volontaire de toucher un double salaire s’il le souhaite le 1er mai ?

Le RN 974 défend nos commerçants et artisans : boulangers, fleuristes, charcutiers, bouchers… et tous les autres qui subissent l’absurdité de risquer une amende de 750 € par salarié pour avoir eu le malheur de créer de la richesse et de répondre aux attentes des consommateurs.

Le RN 974 est l’avocat du droit au travail et de la liberté de choisir. Il ne s’agit pas de supprimer le jour férié du 1er mai, qui doit demeurer un droit de jour chômé, mais de grâce, laissons les Créoles travailler ! en doublant leur paie ! Le travail, c’est la dignité.

Le RN 974 restera l’avocat infatigable des petites entreprises Réunionnaises qui travaillent 35 heures sur trois jours et des salariés souhaitant travailler plus pour gagner plus ».

Rappelons que les partis de gauche étaient montés au créneau contre cette proposition du RN.

Ericka Bareigts et le retrait « du passage en force de la loi du 1er mai : une victoire de la mobilisation collective »

La Fédération Réunionnaise du Parti socialiste « salue la décision de renoncer au passage en force de la loi relative au 1er mai. Ce recul du gouvernement est d’abord le résultat de la forte mobilisation des organisations syndicales, qui ont su porter avec détermination la voix des travailleurs. Il est également le fruit de l’engagement des citoyens, notamment à travers la pétition lancée par le Parti socialiste, qui a rencontré un large soutien.

La Fédération Réunionnaise du Parti socialiste remercie l’ensemble des acteurs mobilisés, dont l’action conjointe a permis de faire reculer une décision injuste et de rappeler l’importance du dialogue social.

Ce renoncement démontre que la mobilisation collective et la participation citoyenne sont essentielles au bon fonctionnement démocratique.

La Fédération Réunionnaise du Parti socialiste restera mobilisé pour défendre les droits des travailleurs, le respect des acquis sociaux et une démocratie fondée sur l’écoute ».

Huguette Bello : « Le 1er mai doit être un jour férié, chômé et payé »

« À l’occasion des 140 ans de la Journée du droit des Travailleuses et Travailleurs, célébrée chaque 1er mai, le PLR tient à réaffirmer avec force son attachement indéfectible à cette journée emblématique des luttes sociales.

Le 1er mai est le fruit de combats historiques menés par les travailleuses et lestravailleurs pour la reconnaissance de leurs droits, pour la dignité au travail, pour la réduction du temps de travail et pour de meilleures conditions de vie. La transformer en jour travaillé constitue une régression sociale inacceptable.

Dans un contexte marqué par la précarisation de l’emploi, l’augmentation du coût de la vie et les inégalités persistantes, il est plus que jamais nécessaire de préserver les acquis sociaux issus des luttes collectives. Le 1er mai doit être un jour férié, chômé et payé. Nous dénonçons fermement toute tentative de remise en cause de ce symbole fort du mouvement des travailleurs et travailleurs. Le travail ne peut être réduit à une simple variable économique : il est au cœur de la dignité humaine et doit être protégé.

Le PLR appelle l’ensemble de la population, les organisations syndicales et les forces progressistes à se mobiliser pour défendre le caractère férié du 1er mai et, au-delà, pour faire progresser les droits des travailleuses et des travailleurs.

Le 1er mai appartient à celles et ceux qui produisent les richesses. Il doit rester leur jour. Pour la justice sociale, pour la dignité, pour le respect des travailleuses et travailleurs ».

Le député Jean-Hugues Ratenon : « Le 1er mai n’est pas négociable »

« Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, la macronie s’attaque frontalement à un symbole fondamental de notre histoire sociale : le 1er mai. Sous couvert de « souplesse », la proposition de loi visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai prévoit d’étendre les dérogations permettant de faire travailler les salariés ce jour-là.

Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous. Y toucher, c’est banaliser le recul social. C’est dire aux travailleurs que plus aucun acquis n’est intouchable. Après le durcissement de l’assurance chômage, les reculs sur les retraites, la remise en cause des services publics, ou encore la fausse loi sur les fraudes sociales et fiscales qui épargne en réalité les plus puissants…aujourd’hui le 1er mai. Demain quoi ? Jusqu’où ira-t-on dans la remise en cause des acquis des travailleurs ? Je dénonce avec force cette attaque inadmissible contre le monde du travail. J’apporte mon soutien total à l’intersyndicale, aux travailleurs, et à tous les citoyens mobilisés aujourd’hui devant la Préfecture. Face à ce recul, la mobilisation est essentielle. Nous ne laisserons pas faire. Le 1er mai n’est pas négociable ».

Rémy Bourgogne, secrétaire de section du Parti Socialiste à Saint-Louis : « Le Rassemblement National contre les travailleurs; Quand les actes trahissent les discours »

« Le vendredi 10 avril 2026, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une manœuvre parlementaire révélatrice. Le groupe macroniste Ensemble pour la République, conduit par Gabriel Attal, a fait adopter une motion de rejet préalable contre sa propre proposition de loi — stratagème délibéré pour court-circuiter le débat démocratique, contourner les 140 amendements déposés par la gauche, et renvoyer le texte directement en commission mixte paritaire afin d’imposer son adoption avant le 1er mai 2026. Cette proposition de loi vise à autoriser le travail salarié le 1er mai dans plusieurs secteurs : boulangeries, pâtisseries, boucheries, fleuristes, cinémas et théâtres. Cette motion de rejet tactique a été adoptée par 120 voix contre 105. La gauche et le MoDem s’y sont opposés, contre le reste de l’hémicycle — des macronistes jusqu’au Rassemblement national.

Le député RN de La Réunion, Joseph Rivière, a voté dans ce sens, aux côtés du bloc gouvernemental. Ce vote mérite une analyse sérieuse, au-delà des postures partisanes.

Le 1er mai n’est pas un jour férié comme les autres Le 1er mai est officiellement férié et chômé depuis 1948, selon l’article L.3133-4 du Code du travail. Seuls les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail — comme les transports ou les hôpitaux — sont autorisés à faire travailler leurs salariés ce jour-là. C’est le seul jour de l’année bénéficiant de ce statut absolu dans notre droit social. Y toucher, même partiellement, même avec des garanties affichées, c’est franchir un seuil symbolique et juridique dont les conséquences dépassent largement le cas des boulangers vendéens invoqué comme prétexte.

L’ensemble des organisations syndicales — CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires — se sont exprimées d’une seule voix contre ce texte, rappelant dans une lettre commune adressée au Premier ministre qu’« il n’est pas acceptable de réformer de manière aussi abrupte un acquis de cette nature ». C’est un fait rare, qui dit l’importance de ce qui est en jeu.

Le mythe du volontariat : une fiction sociologique

Les promoteurs du texte ont mis en avant une garantie : le volontariat. La proposition de loi précise que « seuls les salariés volontaires ayant donné leur accord par écrit à leur employeur peuvent travailler » et que « le refus de travailler le 1er mai ne peut faire l’objet d’une mesure discriminatoire ».

Cette garantie est, du point de vue sociologique, une fiction. Elle méconnaît délibérément la réalité des rapports de travail. Le contrat de travail repose structurellement sur un lien de subordination. Le salarié dépend de son employeur pour ses horaires, la reconduction de son contrat, l’accès aux heures supplémentaires, ses perspectives d’évolution. Dans ce cadre, le « volontariat » ne peut être pleinement libre. Ce que la loi présente comme un choix individuel s’exercera, dans les faits, sous la pression implicite — parfois explicite — de la relation salariale.

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, l’a exprimé clairement : « Il n’y aura pas véritablement de choix pour le salarié car l’employeur peut dire : “Si tu ne viens pas, je ne peux pas ouvrir”. » Ce scénario est particulièrement prégnant dans les petites structures — boulangeries, boucheries, fleuristes — où l’équipe se réduit parfois à deux ou trois personnes, et où le refus d’un seul salarié bloque l’ouverture.

Par ailleurs, l’histoire sociale nous enseigne la mécanique des régressions progressives. Le travail dominical a suivi exactement ce chemin : présenté comme une exception encadrée, il s’est étendu secteur après secteur, jusqu’à devenir une norme pour des centaines de milliers de salariés. Il serait naïve de croire que le 1er mai empruntera un autre chemin. Une syndicaliste CGT l’a formulé avec lucidité : « Si ça marche, ça va s’étendre à tous les corps de métier. »

Enfin, l’argument économique avancé — la majoration de salaire comme bénéfice pour les travailleurs — appelle une réserve sérieuse. Dans les secteurs à bas salaires, soumis à forte pression patronale, certains employeurs contourneront la majoration en accordant des jours de récupération plutôt qu’une rémunération double. La réalité des pratiques dans le commerce de proximité, notamment dans les territoires ultramarins où les relations de travail sont souvent moins formalisées, laisse peu de place à l’optimisme sur ce point.

Le RN et les travailleurs : le fossé entre discours et actes

Ce vote illustre une contradiction que les électeurs réunionnais méritent de connaître. Le Rassemblement national se présente régulièrement comme le défenseur des « gens qui travaillent », des « petits » contre les « grands ». Or, quand il s’agit de voter concrètement sur les droits des travailleurs dans l’hémicycle, il choisit le camp du bloc patronal et gouvernemental.

À son élection en juillet 2024, Joseph Rivière avait déclaré : « Je voterai toujours les mesures que j’estimerai être de bon sens, y compris si elles viennent de la gauche. Si ce sont de bonnes mesures pour La Réunion, oui, Joseph Rivière les votera. » Il avait ajouté vouloir défendre les spécificités réunionnaises. Voter pour l’extension du travail le 1er mai, dans un département où le taux de chômage avoisine 20 % et où les conditions d’emploi des salariés du commerce sont particulièrement précaires, ne défend pas les travailleurs réunionnais. Cela les expose davantage.

Une vigilance collective s’impose

Ce vote appelle à une mobilisation citoyenne et syndicale résolue. Nous adressons tout notre soutien aux organisations syndicales qui ont su, unanimement et courageusement, s’opposer à cette attaque contre un acquis social fondamental. Nous serons présents à leurs côtés le 1er mai prochain, dans les rues, pour rappeler que cette journée appartient au monde du travail — et qu’elle n’est pas à vendre.

Préserver le 1er mai chômé, c’est défendre une conception du travail qui refuse de tout soumettre à la logique marchande. C’est affirmer que les salariés ont droit à des espaces hors du temps productif, collectivement garantis, que nul accord écrit arraché sous pression ne peut leur retirer dignement ».

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

7 Commentaires

  1. Personnellement, moi je suis pour, mais le principal souci, est de savoir comment bloquer les employeurs, qui forceraient leurs employés à travailler, contre leur réel plein gré ?
    Tu n’es pas volontaire, alors pas ou moins de prime, évolution, mise au placard, mal considéré, vous savez, les sanctions peuvent être innombrables, et très discrètes !

  2. Enfin il reconnaît,la liberté de chacun de disposer de son temps n en déplaise a ces messieurs les syndicalistes qui veulent ne rien faire et augmenter les salaires,il devrait aussi reconnaître,lui qui a fait partie l équipe de Didier Robert que l abandon du tram train était une grossière erreur.

  3. Bien sûr, alors syndicats là, va défendre les gens travailler, tous les syndicalistes sont des gros paresseux, faire croire c’est un métier, croire c’est un couillon. je connais très bien certains d’ entrer eux leurs comportements sur les chantiers. Bientôt autres va rentrer dans la cage des gens, autres va dire la femme allons, fait pas cuire manger pour vos enfants.

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