On dit souvent que le milieu du spiritueux est un « monde d’hommes ». Eh bien, Morgane de la distillerie Rivière du Mât et Émilie la cheffe d’orchestre du syndicat des rhums, viennent de prouver le contraire avec une efficacité redoutable. Elles ne sont pas allées au Salon de l’Agriculture pour faire de la figuration : elles rentrent avec 21 médailles dans leurs valises. Rien que ça.
C’est un carton plein pour nos marques locales. Rivière du Mât explose le compteur avec 10 récompenses, suivie de près par Isautier qui en ramène 6. Rhumanzel et Châtel complètent ce palmarès qui fait honneur au savoir-faire de nos équipes sur le terrain. Blancs, vieux ou arrangés… tout y passe, et le jury national semble avoir succombé au charme réunionnais.
Ce succès n’est pas passé inaperçu sur l’île. Hier soir, lors de la remise des prix organisée au Département, Cyrille Melchior a tenu à féliciter personnellement ces ambassadrices d’exception. Un hommage appuyé au travail des salariés qui, dans l’ombre des cuves, font rayonner l’excellence réunionnaise bien au-delà de nos côtes.

Mais nos deux ambassadrices n’ont pas fait que collectionner les médailles. Elles ont aussi profité de l’occasion pour pointer du doigt quelques absurdités administratives. Car croyez-le ou non, à Paris, certaines catégories de rhums arrangés sont encore bloquées parce que les « officiels » ne connaissent pas assez nos fruits tropicaux. Le letchi, par exemple, attend toujours son ticket d’entrée ! Émilie et Morgane mènent le combat pour que notre biodiversité soit enfin reconnue à sa juste valeur.
« On espère présenter encore plus de produits l’année prochaine… si on nous autorise enfin les fruits tropicaux ! «

On conseille donc aux juges parisiens de sortir un peu de leur périphérie : un arrangé letchi, c’est quand même plus sexy qu’une infusion de navet, non ?
Derrière les sourires et la fierté légitime des salariés, il y a aussi un message plus sérieux. Émilie a tenu à rappeler que le secteur est fragile :
« Face aux menaces de nouvelles taxes, ce sont nos petites structures artisanales, celles qui font vivre nos quartiers avec moins de dix employés, qui sont en première ligne. Défendre le rhum, c’est aussi protéger ces petits producteurs qui n’ont pas les reins assez solides pour encaisser de tels chocs financiers. »

Le rhum réunionnais est en pleine forme, porté par des équipes (très) fières et des dirigeantes qui savent aussi bien porter les dossiers que les toasts.
Félicitations aux salariés qui bossent toute l’année dans l’ombre des cuves : cette année encore, La Réunion lé là, et lé en or !














