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80 ans de Départementalisation : le Palais de la Source, entre mémoire de fer et souffle de jeunesse (Photos-Vidéo)

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Entre le rappel solennel de la loi du 19 mars 1946 et la fougue d’une jeunesse prête à prendre la relève, l’Hémicycle du Conseil départemental a célébré huit décennies de progrès sans occulter les défis de demain. Retour sur une journée où la mémoire a rencontré l’ambition.

Le 19 mars 1946 reste l’acte fondateur de La Réunion moderne. En ce jour anniversaire, le Palais de la Source n’a pas seulement vibré au son des discours officiels, il a servi de pont entre les bâtisseurs d’hier et les décideurs de demain. Sous la présidence de Cyrille Melchior, cette commémoration a dressé un constat lucide : si le « pas de géant » institutionnel est indéniable, l’égalité réelle reste un combat quotidien.

L’héritage : du statut de colonie à l’essor républicain

Pour les élus présents, le bilan de ces 80 ans est celui d’une métamorphose. Cyrille Melchior a rappelé que la loi de 1946 a permis de sortir l’île du sous-développement pour bâtir un réseau de santé, d’éducation et d’infrastructures solide. Un constat appuyé par Huguette Bello, présidente de la Région, pour qui cette loi fut une « aspiration à l’égalité juridique » arrachée de haute lutte, notamment par les premières femmes électrices de 1945.

Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, a apporté une touche d’émotion en évoquant l’exposition de photos d’archives dans les rues du chef-lieu : une Réunion marquée par la pauvreté mais habitée par une immense dignité, où l’arrivée de l’eau et de l’électricité dans les années 60 a radicalement changé le destin des familles.

La maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts et Cyrille Melchior, président du Département

« La zénès en lèr » : l’éloquence pour boussole

Mais la force de cette célébration résidait dans la séquence consacrée à la jeunesse. Sous le titre « La zénès en lèr », ces jeunes ont prouvé que la relève est prête.

  • L’excellence oratoire : Le concours d’éloquence a vu le triomphe de Djannaëlle Noteuil. Par sa verve et sa réflexion sur l’identité réunionnaise, elle a su redonner du sens au mot « égalité », loin des slogans administratifs.

Le concours d’éloquence a vu le triomphe de Djannaëlle Noteuil
  • Culture et création : Entre l’affiche symbolique réalisée par le collège Plateau Goyaves et les performances de Slam (CIPI Sud) et de Fonn’ker (Académie des Dalons), la culture est apparue comme le moteur indispensable de la transmission.

L’affiche symbolique réalisée par le collège Plateau Goyaves
Les jeunes avec leur accompagnateur de la CIPI Sud qui ont performé avec leur Slam
Les filles de l’Académie des Dalons qui ont présenté leur Fonn’ker

Des actes concrets pour l’avenir

La commémoration s’est voulue pragmatique. La signature d’une convention entre le Département et l’association « De La Réunion aux grandes écoles » marque une volonté de briser le plafond de verre. L’objectif est de faire en sorte que l’insularité ne soit plus un obstacle à l’excellence académique.

Signature d’une convention avec le Président Conseil départemental et le représentant de l’association étudiante « De La Réunion aux grandes écoles »

Parallèlement, le Prix Départemental du Mérite a été remis à de grands témoins de la départementalisation. Ces vétérans, qui ont connu l’époque des charrettes à bœufs évoquée par André Thien Ah Koon, ont reçu l’hommage de la nation pour avoir été les chevilles ouvrières de cette transformation structurelle.

Remise du prix Départemental du Mérite à Frédéric Auché, ingénieur agroalimentaire et Président de Mascarin, des mains de Cyrille Melchior, Président du Département
Jean-Pierre Avril, Agriculteur et Jean-Yves Minatchy représenté par sa fille, reçoivent le Prix Départemental du Mérite
Josiane Chane-Yin, retraitée de l’Education Nationale et Idriss Issop-Banian, Instituteur à la retraite reçoivent également le Prix Départemental du Mérite

Un contrat social à réinventer

En clôturant cette journée, le sentiment dominant était celui d’une transition réussie. Si le cadre de 1946 ne sera pas remis en question, il doit désormais s’adapter aux enjeux du siècle : chômage, vie chère, vieillissement de la population et urgence écologique.

Margie Sudre : un témoin précieux de l’histoire de La Réunion, alliant élégance et sagesse, toujours au cœur des débats pour l’avenir de notre île.
L’heure était à l’hommage pour ces figures incontournables de notre île. Alliant classe et sagesse, ce groupe incarne la mémoire vivante de huit décennies de transformation structurelle (Bernadette Ardon, Patrice Thien-Ah-Koon, Pierre Vergès, André Thien-Ah-Koon et Josiane Chane-Yin)

Comme l’ont montré les échanges entre les anciens et les jeunes, la départementalisation n’est pas un monument figé dans le passé, mais un projet vivant. Un projet porté par le « vivre-ensemble » et la confiance d’une jeunesse qui, à l’image de Djannaëlle Noteuil, n’a plus peur de prendre la parole pour dessiner son propre destin.

4 Commentaires

  1. On aurait du nous apprendre cette partie de l’histoire de notre Ile à l’école. Entre Charles MARTEL et Jeanne d’ARC introduire Edmond ALBIUS et le peuplement de la Réunion nous aurait été profitable et aurait permis à certains de savoir d’où ils viennent avant de dire que la Réunion est à nous.

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