A l’occasion de VEEZIT, salon du tourisme de l’océan Indien, qui se tient ce week-end à la Nordev, l’écrivain Bernard Batou, militant culturel au sein de l’Association Mémoire Réunionnaise, tient à apporter sa contribution et sa vision sur la politique touristique du territoire Nord. Il est l’auteur du projet « mise en tourisme du patrimoine culturel » et rappelle que « notre territoire possède des richesses exceptionnelles qui méritent aujourd’hui une vision nouvelle, ambitieuse et profondément ancrée dans son identité ».
Pour Bernard Batou, auteur du projet « mise en tourisme du patrimoine culturel », le tourisme de demain ne peut plus se limiter à la seule découverte des paysages. Il doit raconter une histoire, transmettre une mémoire, valoriser des savoir-faire et créer du lien entre les habitants et les visiteurs.
Le patrimoine culturel est une richesse vivante. Il constitue un formidable levier de
développement économique, social et humain. Les itinéraires de mémoire, les visites guidées, les sites réhabilités, les sentiers patrimoniaux, les lieux de mémoire ou encore les anciennes infrastructures historiques ne sont pas de simples regards tournés vers le passé. Ils représentent les fondations d’un nouveau projet de territoire capable de construire l’avenir. Sainte-Suzanne, Sainte-Marie et Saint-Denis disposent d’atouts remarquables : un patrimoine historique riche, des paysages naturels exceptionnels, des traditions culturelles fortes, un littoral unique, des sentiers de randonnées, des bassins et cascades majestueux, des savoir-faire agricoles reconnus et une histoire humaine qui mérite d’être racontée.
Bernard Batou défend ainsi un tourisme culturel durable, éducatif et responsable. Un tourisme qui crée des emplois locaux, dynamise l’’économie de proximité, soutient les associations, favorise les initiatives culturelles, renforce la fierté d’appartenance des habitants et contribue à la cohésion sociale.
Les grandes orientations du projet : mettre en place de véritables itinéraires de mémoire à l’échelle du territoire Nord; Valoriser l’agrotourisme dans les hauts à travers les exploitations agricoles, les jardins créoles et les savoir-faire traditionnels; Développer la découverte des sentiers de randonnée et des patrimoines naturels; Faire vivre le sentier littoral en racontant l’histoire maritime, celle du phare, du chemin
de fer et des activités portuaires d’autrefois; Aménager et embellir les sites touristiques afin d’améliorer l’accueil des visiteurs; Transformer les lieux patrimoniaux en véritables « jardins d’histoire » grâce à des panneaux d’interprétation, des expositions permanentes, des parcours numériques et des événements culturels; Valoriser les richesses liées à l’eau : bassins, cascades, rivières, stade en eaux vives et espaces naturels remarquables et renforcer les coopérations entre les communes du Nord et les différents acteurs du tourisme afin de construire une offre cohérente et complémentaire.
Aujourd’hui, le Nord de La Réunion possède tous les ingrédients pour devenir une destination majeure culturel et patrimonial dans l’océan Indien. Encore faut-il lui donner une direction claire, une stratégie ambitieuse et les moyens de ses ambitions.
« Nos paysages attirent les regards mais ce sont nos histoires qui marquent les cœurs. Notre patrimoine n’est pas seulement un héritage à préserver : il est une force à transmettre, une richesse à partager et un moteur de développement pour les générations futures. Il est temps de construire une véritable politique touristique qui fasse de notre histoire, de notre culture et de notre naturel les piliers d’un nouveau rayonnement pour Sainte-Suzanne, Sainte-Marie et Saint-Denis.
Le document « mise en service du patrimoine culturel » est disponible et consultable au sein de la Maison du Patrimoine de Sainte-Suzanne. Des itinéraires de mémoire seront bientôt réalisés ainsi que d’autres projets comme une exposition photographique et poétique sur les bassins et cascades, la parution d’une revue sur la mémoire de l’eau, une autre exposition artistique sur les paysages de La Réunion.
A court terme, Bernard Batou présentera son travail de mémoire sur l’identité et l’avenir de tous les quartiers de Sainte-Suzanne lié à l’intégration du patrimoine dans la politique d’aménagement de la ville et à la politique de développement local.

« Mon ambition est de faire du territoire Nord un modèle de tourisme culturel, patrimonial et durable »
Bernard Batou répond à quelques questions que nous lui avons posées sur le sujet :
Pourquoi parlez-vous de « mise en tourisme du patrimoine culturel » ?
Parce que le patrimoine ne doit pas être considéré comme un simple souvenir du passé. C’est une ressource vivante qui peut contribuer au développement du territoire. Mettre en tourisme le patrimoine, c’est permettre aux habitants et aux visiteurs de découvrir notre histoire, nos traditions, nos lieux de mémoire, nos paysages et nos savoir-faire à travers des expériences de qualité.
Quelle est votre vision pour Sainte-Suzanne et le territoire Nord ?
Je défends une vision ambitieuse fondée sur la complémentarité entre culture, patrimoine, nature et tourisme. Le territoire Nord, composé de Sainte-Suzanne, Sainte-Marie et Saint-Denis dispose d’un potentiel considérable. Nous devons construire une destination cohérente qui raconte l’histoire du Beau Pays, de ses habitants, de son patrimoine maritime, agricole, ferroviaire, industriel et culturel.
Quels sont selon vous les principaux atouts du territoire ?
Ils sont nombreux. Nous possédons des bassins, des cascades, des rivières, des sentiers de randonnée, un littoral remarquable, un patrimoine ferroviaire unique, des lieux de mémoire liés à l’esclavage et à l’engagisme, des sites religieux, des bâtiments historiques, des savoir-faire agricoles et une culturel créole exceptionnelle. Peu de territoire disposent d’une telle diversité.
Vous évoquez souvent les itinéraires de mémoire. Pourquoi sont-ils importants ?
Parce qu’ils permettent de transmettre notre histoire. Les itinéraires de mémoire relient les lieux, les événements, les hommes qui ont façonné notre territoire. Ils donnent du sens aux visites et permettent aux jeunes générations comme aux visiteurs de mieux comprendre notre identité. C’est aussi un outil puissant de valorisation touristique et éducative.
Quelle place accordez-vous à la nature dans ce projet ?
Une place essentielle. La nature est l’une des plus grandes richesses de notre territoire. Les bassins, les cascades, les forêts, les paysages des hauts ou encore le stade en eaux vives constituent des atouts majeurs. Mais ces espaces doivent être mieux aménagés, mieux expliqués et mieux intégrés dans une offre touristique globale.
Que proposez-vous pour le sentier littoral ?
Je souhaite qu’il devienne un véritable parcours de découverte du patrimoine maritime et naturel. On pourrait y raconter l’histoire du phare, du chemin de fer, des activités maritimes, de la pêche traditionnelle et des échanges commerciaux. Le sentier littoral doit devenir un musée à ciel ouvert, un jardin d’histoire, ouvert à tous.
Vous insistez également sur l’agrotourisme, pourquoi ?
Parce que l’agrotourisme fait partie de notre identité. Les hauts de Sainte-Suzanne possèdent un potentiel exceptionnel. Les exploitations agricoles, les jardins créoles, la vanille, les fruits tropicaux et les savoir-faire traditionnels peuvent devenir des lieux de découverte et d’échange. L’agrotourisme permet aussi de soutenir les agriculteurs et de diversifier leurs revenus.
Quel rôle peut jouer la culture dans le développement touristique ?
Un rôle central. La culture donne une âme au territoire. Le maloya, le séga, les traditions populaires, les contes, les fêtes, les expositions et les événements culturels permettent aux visiteurs de vivre une expérience authentique. Un territoire qui valorise sa culture est un territoire qui affirme son identité.
Quels aménagements souhaitez-vous voir réalisés ?
Je souhaite que les sites touristiques deviennent de véritables jardins d’histoire. Cela passe par des panneaux d’interprétation, des expositions permanentes, des parcours patrimoniaux, des espaces d’accueil de qualité, des animations culturelles et une meilleure mise en valeur des sites naturels et historiques.
Quel impact économique peut avoir cette politique ?
Les retombées peuvent être importantes. Le tourisme culturel crée de l’activité pour les guides, les artisans, les agriculteurs, les restaurateurs, les hébergeurs et les associations. IL favorise l’emploi local et dynamise l’économie de proximité tout en respectant l’environnement.
Quel message adressez-vous aux élus et aux acteurs du tourisme ?
Je dis que le moment est venu d’agir ensemble. Le développement touristique ne peut pas être l’affaire d’une seule commune. Nous devons renforcer les coopérations entre les communes du Nord, les offices de tourisme, les associations, les acteurs culturels et les habitants. Ensemble, nous pouvons construire une destination exemplaire dans l’océan Indien.
Quelle est votre ambition pour l’avenir ?
Mon ambition est simple : faire du territoire Nord un modèle de tourisme culturel, patrimonial et durable. Un territoire fier de son histoire, fier de sa culture, fier de sa nature et capable de transformer ses richesses et opportunités pour sa population. Notre patrimoine est un héritage, mais il doit aussi devenir un moteur d’avenir. C’est une vision que je porte pour le territoire Nord.














