Crise des carburants à La Réunion : un élu de la CCIR propose des mesures concrètes pour éviter une explosion des prix

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Face à la flambée des prix des carburants et aux inquiétudes croissantes sur ses conséquences économiques et sociales, Laurent Souprayenmestry, membre élu de la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion (CCIR), a adressé une contribution officielle aux autorités locales, notamment au préfet et à la présidente de Région.

Dans ce document intitulé « Crise énergétique », l’élu tire la sonnette d’alarme et formule plusieurs propositions opérationnelles pour faire face à une situation jugée critique pour le territoire.

Une crise plus durement ressentie à La Réunion

Dès l’introduction de sa contribution, Laurent Souprayenmestry rappelle que la crise des carburants intervient dans un contexte déjà fragile. Il souligne que La Réunion est un territoire où « la pauvreté et les inégalités sont déjà beaucoup plus fortes que dans l’Hexagone », et où le poids de l’énergie pèse fortement sur les ménages comme sur les entreprises  .

Dans ce contexte, toute hausse supplémentaire des prix pourrait accentuer les difficultés économiques et sociales.

Maintenir la fiscalité au strict nécessaire

Parmi ses premières propositions, l’élu insiste sur la nécessité de ne pas alourdir la fiscalité sur les carburants. Il rappelle que le budget 2026 de la Région prévoit déjà le financement des infrastructures routières, notamment via la taxe spéciale de consommation sur les carburants.

Selon lui, il ne serait « ni juste ni raisonnable » de transformer cette fiscalité en une ressource supplémentaire au-delà des besoins déjà identifiés  .

Il plaide ainsi pour un alignement strict de cette fiscalité sur les besoins réels du programme routier 2026.

Réduire la dépendance grâce à la SPL Énergie

Autre axe majeur : la question de la dépendance énergétique. La Réunion importe plus de 70 % de son énergie sous forme de produits pétroliers.

Pour y répondre, Laurent Souprayenmestry propose de mobiliser la SPL Énergie, un outil public local, afin d’organiser directement l’importation de carburant en vrac. L’objectif est double : sécuriser l’approvisionnement et peser davantage sur les coûts  .

Activer les leviers européens liés au statut de région ultrapériphérique

L’élu met également en avant un levier encore peu exploité : le statut de région ultrapériphérique (RUP) de La Réunion.

Ce statut, reconnu par l’Union européenne, permet de compenser certains handicaps structurels comme l’éloignement et les surcoûts de transport. Il cite notamment la fiche FEDER 1.3.21, dédiée au soutien de ces surcoûts  .

Ce dispositif vise précisément à compenser les coûts additionnels liés à l’insularité, un enjeu central pour les entreprises locales.

Dans sa contribution, il estime que ces outils existent mais ne sont pas suffisamment mobilisés, appelant à une volonté politique plus forte pour les activer pleinement  .

Trois mesures prioritaires

En conclusion, Laurent Souprayenmestry formule trois demandes claires aux autorités :
• Ne pas transformer la crise des carburants en surtaxe fiscale
• Mobiliser la SPL Énergie pour structurer l’importation et la négociation des prix
• Activer pleinement les dispositifs européens liés au statut RUP pour compenser les surcoûts

Selon lui, ces mesures permettraient d’apporter des réponses concrètes et rapides à une crise qui impacte déjà l’ensemble du tissu économique réunionnais.

Un enjeu majeur pour le territoire

Au-delà des propositions techniques, cette contribution met en lumière un enjeu central : la capacité de La Réunion à faire face à des crises externes tout en tenant compte de ses spécificités économiques et géographiques.

Dans un contexte de tensions sur les marchés de l’énergie, l’anticipation et la mobilisation des outils existants apparaissent comme des leviers essentiels pour limiter l’impact sur les ménages et les entreprises.

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