Dominique Dambreville élevée au rang de Commandeur de l’ordre national du Mérite : la haute distinction d’une guerrière de l’éducation (Photos)

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Certains empilent les médailles sur une étagère pour faire joli. Dominique Dambreville, elle, les porte comme un rappel : le combat n’est jamais fini. Elevée au rang de Commandeur de l’ordre national du Mérite ce 14 juillet, après avoir déjà coché les cases Chevalier puis Officier , cette figure incontournable de l’éducation et de la francophonie ne compte pas pour autant s’asseoir sur ses lauriers.

Pour elle, cette cravate de Commandeur n’est pas un point d’arrivée, mais un immense coup de projecteur sur une cause qui la hante : la lutte contre l’ignorance et le décrochage scolaire.

Faire tomber les « Bastilles » modernes

En ce 14-Juillet, pendant que beaucoup pensent feu d’artifice et bal des pompiers, Dominique Dambreville voit un symbole bien plus fort : celui de l’union et de la liberté. Mais attention, pas de la liberté théorique qu’on écrit en lettres d’or sur les frontons des mairies. La vraie. Celle qui s’acquiert par la connaissance.

Son ennemi juré ? Ces « petites Bastilles » invisibles, l’illettrisme, la perte de repères, l’exclusion socialement programmée, qui entravent la jeunesse.

« On ne peut pas être pleinement citoyen sans savoir. Maîtriser la langue et la parole, c’est posséder les clés de sa propre liberté. »

Professeure de géographie et de littérature, elle dirige d’une main de maître (et surtout avec passion) un internat-centre éducatif depuis 35 ans. Son arme de prédilection ? Le livre. Chez elle, les jeunes viennent en séminaire de lecture non pas pour subir de la poussière académique, mais pour affûter leur esprit critique et bâtir leur autonomie.

De Maurice à Madagascar : réveiller les « livres paresseux »

Pour Dominique, le drapeau tricolore n’a rien d’un simple morceau de tissu protocolaire. C’est un condensé d’histoire, d’identité et de valeurs à transmettre d’urgence à une génération en quête de repères. Et pour faire voyager ces valeurs, elle ne s’arrête pas aux frontières.

Sur le terrain international, son action ne date pas d’hier :

  • Île Maurice : Vice-présidente de l’Association Mauricienne pour la Lecture (AML) depuis 20 ans, deux décennies tout pile, elle orchestre concours de lecture, spectacles à voix haute et mise en lumière des auteurs et conteurs locaux.

  • Madagascar : Son expérience passée l’a amenée à sillonner les lycées français pour y implanter des bibliothèques vivantes.

Redonner vie aux bibliothèques et émanciper les femmes

Aujourd’hui, avec le soutien de la Région Réunion et en lien avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), elle s’attaque à un nouveau défi de taille : la formation des animatrices dans les Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC).

Son constat est sans appel : dans ces lieux établis par l’OIF, de nombreuses femmes se contentent de gardienner des ouvrages endormis, de tamponner les registres dans un silence cathédrale, accueillant une poignée d’élèves studieux. Dominique veut briser cette routine figée et sortir ces gardiennes du livre de leur isolement intellectuel :

  • Faire sortir les personnages des pages : Former ces animatrices à mettre en scène les textes, lire des extraits à haute voix et créer une véritable dynamique culturelle.

  • Décloisonner la lecture dès le plus jeune âge : Lier les centres de lecture aux crèches et garderies environnantes. Pour elle, la lecture s’inculque dès 16 mois, au moment où le langage explose. « Il faut donner le lait, le riz, mais aussi les mots dès la tendre enfance ! »

  • L’émancipation par le savoir : Transformer ces femmes discrètes en ambassadrices passionnées et autonomes, capables de transmettre le goût des mots à toute une communauté.

Le « silence agissant » au service de l’autre

Partager l’expertise et la solidarité réunionnaise à travers l’océan Indien : c’est toute la philosophie de cette militante du savoir. Loin du brassage d’air et du bruit médiatique, Dominique Dambreville pratique ce qu’elle appelle le silence agissant.

Offrir à chaque enfant, dès le berceau, et à chaque femme le pouvoir de s’exprimer et de grandir par la lecture : voilà la vraie feuille de route de cette Commandeur pas tout à fait comme les autres. Une chose est sûre : tant qu’il y aura des esprits à éveiller et des livres à faire danser, Dominique Dambreville aura du pain sur la planche et c’est tant mieux pour nous !

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