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Rivière des Pluies : le village Moka en sursis face au prochain cyclone, les habitants interpellent le Préfet (Photos-Vidéos)

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Alors que la saison des pluies approche à grands pas, la tension monte au village Moka, à Sainte-Marie. Situé en rive droite de la Rivière des Pluies, ce quartier densément peuplé se trouve sous la menace directe d’une rupture de berge. Malgré des rapports scientifiques alarmants et des promesses préfectorales explicites, le chantier de sécurisation est au point mort. Enquête sur une inertie administrative qui met des vies en danger.

C’est une équation dont tout le monde connaît le résultat, mais que personne ne semble vouloir résoudre. À chaque fois que le ciel s’assombrit, les habitants du village Moka scrutent la ravine avec une angoisse grandissante. Année après année, les crues successives grignotent les berges, modifient le lit de la rivière et rapprochent le danger des habitations. Pourtant, sur le terrain, c’est le calme plat. Pas un engin de chantier à l’horizon.

« Des alertes scientifiques ignorées »

Le danger n’a pourtant rien d’une vue de l’esprit. Les données techniques accumulées par l’Office National des Forêts (ONF) et la Restauration des Terrains de Montagne (RTM) révèlent une réalité inquiétante : entre les abscisses 1600 et 2100, la zone correspondant précisément au village Moka subit un phénomène d’érosion critique des berges.

Lors du passage historique du cyclone Hyacinthe, plus de d’eau s’étaient rués dans ce bras de rivière. Depuis, la donne a empiré. Le lit s’est surélevé et s’est considérablement chargé en sédiments. Le risque majeur ? Qu’une nouvelle crue d’ampleur, similaire à celles provoquées récemment par les cyclones Belal ou Garance, ne pousse la rivière hors de son lit naturel.

Si la berge cède au niveau de Moka, l’eau et les milliers de tonnes de boue et de blocs rocheux n’auront aucun mal à dériver vers les rues Desbassyns, la cité, l’église, ou encore Roger Payet. Autant de zones habitées où se trouvent des centaines de familles, une pharmacie, un garage, ainsi qu’un nouvel immeuble d’habitation destiné à des étudiants, sorti de terre en plein cœur du secteur menacé.

L’incompréhensible valse des administrations

Face à ce scénario catastrophe documenté, le Collectif de la Rivière des Pluies et d’Îlet Quinquina multiplie les démarches. Courriers officiels, vidéos de terrain, rapports topographiques : tout a été transmis aux autorités. En novembre 2025, le Secrétariat général de la préfecture s’était pourtant engagé à ce que les secteurs critiques dont le village Moka (secteur 5) soient protégés avant l’arrivée des mauvaises feuilles. Une promesse réitérée par le Préfet lui-même.

Mais depuis le début de l’année, le dossier semble s’être « mystérieusement évaporé  » dans les couloirs de l’administration. À la faveur d’un renouvellement massif des cadres de l’État (arrivée d’un nouveau sous-préfet, d’un nouveau directeur de la DEAL et d’une nouvelle direction au BRGM), la mémoire du risque s’est effacée. Lors d’une récente visite, la nouvelle responsable du BRGM aurait même « balayé le danger d’un revers de main « , contredisant les expertises écrites de ses propres services. Depuis trois semaines, la dernière lettre d’alerte envoyée par le collectif au Préfet est restée sans réponse.

Dix jours pour sauver un village : Ce blocage est d’autant plus frustrant qu’il ne s’agit ni d’un défi technique insurmontable, ni d’un problème d’argent. Les enveloppes budgétaires sont prêtes : environ 1,5 million d’euros sont disponibles pour ces interventions. Mieux encore, lors d’une inspection sur site, le responsable des travaux de la DEAL a confirmé que les engins (pelles mécaniques et camions) étaient immédiatement mobilisables. Les travaux de pose d’enrochement sur la berge érodée pourraient être menés à sec, hors de l’eau, et finalisés en seulement dix jours.

 

Une politique du « deux poids, deux mesures » ?

Pendant que Moka attend, d’autres secteurs avancent. Des travaux d’urgence ont bien été menés par la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) sur les secteurs situés plus en aval. Une protection indispensable, mais qui déshabille Pierre pour habiller Paul : sans une consolidation globale remontant vers l’amont (les fameuses abscisses 1750 et au-delà), la moindre crue majeure risque de contourner les digues existantes et de réduire à néant les investissements déjà réalisés par l’État.

Pourquoi sécuriser le bas de la rivière en laissant le verrou de Moka totalement sans protection ? Alors que les entreprises de BTP et les machines sont encore opérationnelles sur les chantiers voisins, le bon sens aurait voulu qu’elles soient maintenues sur place pour traiter cette zone critique. Il n’en a rien été.

Pour mieux comprendre les enjeux de cette démarche, découvrez l’échange en images :

À Moka, les habitants ne demandent pas des faveurs, mais simplement l’application du principe de précaution pour la sécurité de leurs enfants. Les rapports sont sur la table, l’argent est dans les caisses, les entreprises sont prêtes. Ne manque plus qu’une signature au bas d’un arrêté. Espérons qu’elle arrivera avant le prochain bulletin de vigilance cyclonique.

Face à l’urgence de la situation, une démarche officielle a été engagée auprès des services de l’État. Dans un courrier explicatif remis cette semaine à la préfecture, les acteurs du projet détaillent leurs attentes :

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