À La Réunion, on le sait bien : une bonne pluie lors d’un grand événement, c’est le signe d’une bénédiction venue du ciel ! C’est donc sous de joyeux auspices météorologiques (et un grand rafraîchissement bienvenu) que le Département et ses partenaires ont inauguré le tout nouveau pôle d’accueil de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) à Saint-Leu. Une étape cruciale franchie avec le sourire pour protéger nos marmailles, grâce à une infrastructure solide pensée avec une immense dose d’humanité.

Un anniversaire, des chiffres et une équipe de choc
Pour piloter une telle structure, il fallait une sacrée expérience. L’association gestionnaire Fékler (ex. AAPEJ : Aide et Protection de l’Enfance et de la Jeunesse), dirigée par Mélanie Gladys-Barré, souffle cette année ses 90 bougies. Autant dire qu’elle connaît son sujet sur le bout des doigts et qu’elle n’a rien perdu de sa vitalité pour défendre l’enfance réunionnaise.
Sous le toit de ce nouveau pôle ultra-moderne, la logistique est impressionnante :
Un fonctionnement 365 jours par an : Parce que la détresse et le besoin de sécurité ne prennent pas de vacances.
Une capacité de plus de 40 places : Comprenant une pouponnière sociale de 10 places pour les tout-petits et une maison d’enfants de 27 places.
64 professionnels sur le pont : Éducateurs, agents, soignants, travailleurs sociaux… Une équipe soudée (qui s’inscrit dans le réseau des 240 salariés de l’association).
3,9 millions d’euros : C’est le budget annuel investi par le Département, chef de file de cette mission, pour faire tourner la machine à plein régime.

L’essentiel : Préserver les fratries et réparer les parcours
Au-delà des murs neufs et des budgets, ce pôle vient combler un besoin identifié depuis longtemps dans l’Ouest de l’île. L’un de ses plus grands points forts ? La protection des fratries et des adolescents.
Séparer les frères et sœurs lorsque la tempête fait rage à la maison ? Hors de question. Le site a été configuré pour leur permettre de rester ensemble, de maintenir leurs repères et de se reconstruire dans un cadre chaleureux, bienveillant et sécurisant.
À La Réunion, près de 2 500 enfants sont actuellement accompagnés par l’ASE. Autant d’histoires singulières, souvent douloureuses, qui exigent des réponses réactives, dignes et profondément humaines pour leur dessiner un avenir plus serein.
Plus de filets de sécurité, moins de mailles lâches
L’événement a également rassemblé les forces vives de la justice locale, notamment des représentants de la Cour d’appel de Saint-Denis. Ce n’est pas un hasard : à Saint-Pierre, les juges des enfants font face à une charge immense, suivant chacun plus de 1 000 mineurs. Autant dire que l’ouverture de Saint-Leu est une véritable bouffée d’oxygène pour tout le système judiciaire et social.

Mais un beau bâtiment ne suffit pas à tout régler. Le message fort de cette inauguration se tourne vers l’avenir : accentuer la prévention et la coordination. L’objectif affiché par le Département est de faire travailler main dans la main l’Observatoire de la protection de l’enfance, la justice, les mairies, les services de santé et le SDIS. Repérer plus tôt, c’est protéger mieux.
Cette inauguration pluvieuse mais heureuse prouve qu’avec de la volonté politique, du professionnalisme et une bonne dose d’énergie collective, on peut offrir aux enfants de La Réunion le havre de paix qu’ils méritent.















