La SPL Estival, recapitalisée à hauteur de 4,6 M€ par la Cirest, pourrait redevenir une SEM

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La question a été posée par l’élu de l’opposition Laurent Virapoullé lors du conseil communautaire de la Cirest, ce mercredi 10 juin, où pas moins de 52 rapports étaient inscrits à l’ordre du jour.

C’est au cours de l’examen des comptes administratifs 2025 et du compte de gestion, que l’assemblée a abordé le dossier relatif à la SPL Estival.

Mais avant cela, il était surtout question des budgets 2025; En clair, de la gestion du président de Patrice Selly, qui a été président de l’intercommunalité Est de 2020 à 2026. Des comptes qui affichent « une situation financière globalement saine », a comme l’a rappelé la Christine Grondin, la directrice des Affaires financières de la Cirest. Les indicateurs 2025 du budget sont les suivants : une épargne nette de 3,988 millions d’euros; Une capacité de désendettement de 4,8 ans; Des investissements réalisés à hauteur de 19 M€ durant l’année écoulée et un délai global de paiement des entreprises de 22,80 jours en sachant que le délai maximum est fixé à 30 jours.

Patrice Selly, aujourd’hui 1er vice-président de la Cirest aux côtés du président Joé Bédier a présidé la Cirest de 2020 à 2026, mandature durant laquelle la SEM Estival a été transformée en SPL. Derrière Patrice Selly, son frère Stéphane, recruté récemment en tant que chef de cabinet à la Cirest. Auparavant, il était au cabinet du préfet de la Réunion et au cabinet d’Ericka Bareigts à la mairie de Saint-Denis. (Crédit photo : Y.M)

Le résultat cumulé 2025 du budget principal est le suivant : +15,6 M€ en Fonctionnement; -6,4 M€ en Investissement; Résultat comptable de clôture : +9,2 M€; Soldes des restes à réaliser : +3,7 M€; Résultat global 2025 après restes à réaliser : +12,9 M€.

Pour l’année 2025, les dépenses réalisées s’élèvent à 123,4 M€ (74% en Fonctionnement et 26% en Investissement). Les recettes réalisées ont été de 123,6 M€ dont 78% en Fonctionnement et 22% en Investissement. Les comptes de la Cirest ont été adoptés à la majorité. L’année dernière, les conseillers communautaires de la majorité municipale de Saint-André menée par Joé Bédier s’étaient abstenus sur les budgets de Patrice Selly. Cette fois-çi, à travers les comptes administratifs 2025, ils les ont approuvés. Ce sont les subtilités de la vie politique qui échappent aux citoyens lamda…

« Combien a coûté à la Cirest la gabegie de la SPL Estival ? »

Mais revenons à la SPL Estival qui, depuis le 22 mai dernier, est présidée par Ridwane Issa, également 1er adjoint du maire de Saint-Benoit, Patrice Selly. Mercredi soir, Laurent Virapoullé a posé la question : « combien a coûté la gabégie de la SPL Estival ? »

Réponse de Christine Grondin, la DAF : « nous sommes actuellement sur la clôture 2025. Normalement, on est sur un exercice qui devient à nouveau excédentaire, mais de très peu, et on progresse sur de nouveaux axes afin de poursuivre le redressement de la SPL Estival. En sachant que le PSE est normalement terminé. Nous restons en sauvegarde sur la SPL et en forte vigilance sur son accompagnement ». En notant également que le Conseil d’Etat vient de valider les licenciements décidés dans le cadre du PSE.

Pour répondre à la question de l’élu de l’opposition, « la gabegie » a coûté 4,6 millions d’euros. Ce montant pour la recapitalisation de la SPL Estival sera étalé sur 5 ans.

Laurent Virapoullé (chemise bleu clair) : « combien a coûté à la Cirest la gabegie de la SPL Estival ? »

Question de l’élu de l’opposition : « est-ce que ces 4,6 M€ suffiront pour redresser financièrement la SPL ou est-ce qu’il va falloir d’autres recours financiers ? ». Réponse de Joé Bédier, « non pas d’autres recours… », avant de préciser que la SPL (Société Publique Locale) Estival pourrait redevenir une SEM (Société d’Economie Mixte).

En rappelant que le capital d’une SPL est détenu à 100% par les collectivités territoriales et leurs groupements alors que celui d’une SEM est majoritairement détenu par les collectivités (plus de 50%) avec des actionnaires privés.

Rappelons que la société Estival, chargée de l’exploitation des transports publics dans l’Est pour le compte de la Cirest, a connu une évolution majeure en changeant de statut juridique au début de l’année 2022.

Créée en 2014 sous la forme d’une société d’économie mixte (SEM), Estival avait pour mission d’assurer la gestion et l’exploitation des services de transport de voyageurs sur le territoire de la Communauté Intercommunale Réunion Est (CIREST). En février 2022, sous la présidence de Patrice Selly, la structure a été transformée en société publique locale (SPL), tout en conservant la dénomination « Estival ». La majorité de Saint-André avait voté contre.

Cette transformation a été initiée par la Cirest, qui est devenue l’actionnaire ultra-majoritaire avec 95 % du capital, la Région Réunion conservant les 5 % restants. Selon la Chambre régionale des comptes (CRC), cette évolution s’est toutefois opérée sans approbation formelle de la Région Réunion, pourtant actionnaire de la société.

À l’époque, les promoteurs du changement mettaient en avant la volonté de renforcer la transparence, le contrôle de la gestion et l’efficacité du service public. Or, les constats dressés par la CRC quelques années plus tard montrent que ces objectifs n’ont pas été atteints.

Une gouvernance rapidement contestée et une situation financière qui se dégrade fortement

La Chambre régionale des comptes relève qu’à partir de 2020, les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général ont été réunies entre les mains d’une seule personne. Cette concentration des pouvoirs, combinée à un contrôle insuffisant de l’actionnaire majoritaire, aurait favorisé des dérives de gestion importantes.

La CRC estime que le changement de statut n’a pas modifié en profondeur le fonctionnement de la société et que les mécanismes de contrôle attendus n’ont pas produit les effets escomptés.

Les principales difficultés d’Estival apparaissent entre 2021 et 2023. La CRC souligne une forte augmentation des effectifs et des charges de personnel sans progression équivalente de l’activité. Les dépenses ont augmenté beaucoup plus rapidement que les recettes.

En 2022, les charges atteignent environ 9,7 millions d’euros alors que les produits s’élèvent à seulement 7,9 millions d’euros. Cette trajectoire déficitaire conduit progressivement la société vers une situation de cessation de paiement.

Ridwane Issa, 1er adjoint au maire de Saint-Benoit, vice-président de la Cirest et président de la SPL Estival depuis le 22 mai dernier.

Le tournant intervient en août 2023 lorsque la SPL Estival est placée en redressement judiciaire. À cette date, les dettes sont évaluées à environ 3,2 millions d’euros. La CRC considère que la dégradation financière résulte d’erreurs de gestion multiples et d’un manque de contrôle de la part de l’actionnaire principal.  Depuis lors, plusieurs plans de restructuration et de redressement ont été engagés afin d’assurer la poursuite de l’activité et la sauvegarde des emplois.

L’un des aspects les plus sensibles du dossier concerne les anomalies relevées par les auditeurs et les magistrats financiers. Selon la CRC, des factures et des chèques représentant environ 400 000 euros auraient été identifiés comme étant sans lien démontré avec l’activité de l’entreprise ou sans justification suffisante du service rendu. Des « factures de complaisance» auraient notamment servi à couvrir certaines dépenses de restauration.  Le rapport évoque également des irrégularités dans certaines procédures et des dépenses engagées en dehors des règles habituelles de la commande publique.

Publié en 2024, le rapport définitif de la CRC dresse un constat particulièrement sévère. Les magistrats financiers pointent une gouvernance défaillante, une dérive financière détectée trop tardivement et un défaut de contrôle de la part de la Cirest. Ils formulent plusieurs recommandations visant à renforcer la surveillance de la société, à réformer sa gouvernance et à assainir sa gestion.

Le rapport a également alimenté une vive polémique politique dans l’Est, certains élus dénonçant un écart important entre les promesses de transparence associées à la transformation en SPL et la réalité constatée quelques années plus tard.

Il appartient aujourd’hui à Joé Bédier, président de la Cirest et à Ridwane Issa, président de l’actuelle SPL Estival (future SEM ?) de redorer le blason de cette structure. Selon nos informations, une partie du personnel va profiter d’une audience prochaine avec les nouveaux présidents pour demander « une nouvelle direction » à la tête de la SPL.

 

Yves Mont-Rouge

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Téléphone : 0692 85 39 64

4 Commentaires

  1. Mes amis c’est vraiment du gros n’importe quoi. Alors l’année Mr BEDIER et son équipe s’abtient de valider les comptes 2025. Aujourd’hui tous en chœur comme des moutons de Panurge ils valident tous le budget. Allez comprendre les citoyens qu’on soit lambda ou non c’est à ne plus rien comprendre. Même une vache ne retrouverait pas son petit dans cette affaire. Et de la gabegie financière parlons en. Les deniers des contribuables sont envoyés en pâture. On comble les 4 600 000 d’euros comme si de rien n’a été. On prend les mêmes et on recommence. On fait fi de ce que pensent les citoyens en se remplissant la panse. Franchement c’est du délire. Les frères les sœurs la famille sont embauchés sans aucun scrupule. Pendant ce temps toutes les familles où le Conseil d’état a validé les licenciements qu’est ce qu’ils vont devenir ces personnes là. Ils sont les victimes d’un système qui déroge à la vraie politique humaniste au profit des dents longues et de ceux qui se gavent allègrement.

  2. Est-ce que des croissants ont pu être distribués aujourd’hui ou bien Mr Bédier a-t-il encore interdit ce geste de gentillesse ?

    Tout le monde sait que le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée.

    Rien de rapporté par contre au niveau du jus d’orange…

    Ou café ou thé…

    Oubli du prestataire ?

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