« Le 8 mars n’est pas une fête » : militants et associations réunis pour défendre les droits des femmes à Saint-Denis (photos+vidéos)

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Ce dimanche 8 mars au matin, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le Jardin de l’État à Saint-Denis à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Associations, collectifs et syndicats avaient appelé à cette mobilisation afin de rappeler que cette date, loin d’être une simple célébration symbolique, demeure avant tout une journée de revendications.

Pour la deuxième année consécutive à La Réunion, différentes organisations se sont coordonnées afin d’organiser une manifestation commune. Parmi elles figuraient notamment Femmes Solid’Air, Nous Toutes 974, le Planning familial 974, la Ligue des droits de l’homme, ainsi que plusieurs syndicats comme la CGTR, la FSU, l’UNSA, Solidaires Réunion ou encore FO Réunion.

Dès la matinée, militantes et militants ont commencé à se rassembler devant le jardin avant le départ du défilé, ponctué de pauses thématiques et suivi d’un rassemblement dans les jardins de la préfecture.

« Le 8 mars n’est pas une fête »

Dans le cortège, pancartes et slogans rappelaient les revendications portées par les organisations présentes. Certaines affichaient des messages forts comme « Un enfant si je veux, quand je veux » ou encore « Non, c’est non », en référence au droit à disposer de son corps et à la question du consentement.

Pour les organisateurs, le sens de cette journée reste clair : le 8 mars n’est pas une fête. Il ne s’agit pas d’une journée pour offrir des fleurs ou des cadeaux, mais d’un moment de mobilisation internationale pour défendre les droits des femmes et des minorités de genre.

Au-delà des symboles, les revendications portent notamment sur l’égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le partage des tâches domestiques ou encore la défense du droit à l’avortement.

« Nous ne célébrons pas la femme, nous luttons pour ses droits »

Présente dans la mobilisation, Jocelyne, référente harcèlement à la CGTR et professionnelle du secteur de la santé, insiste sur la dimension militante de cette journée.

« Aujourd’hui, si je suis présente, c’est surtout pour lutter pour les droits des femmes », explique-t-elle. « On dit souvent qu’on célèbre la femme le 8 mars. Mais pour nous, à la CGTR, nous ne célébrons pas la femme : nous luttons pour ses droits. »

L’égalité salariale reste au cœur des revendications syndicales. « À diplôme égal, il doit y avoir un salaire égal », rappelle-t-elle. « Dans le travail de tous les jours, on voit très bien ce qui se passe. Je travaille dans la santé et les droits des femmes sont encore trop souvent bafoués. »

Concernant la mobilisation du jour, Jocelyne espère surtout une forte participation des associations engagées sur ces questions. Si les participants arrivent progressivement dans la matinée, elle rappelle que la mobilisation se déroule un dimanche.

« On attend surtout du monde avec les associations qui défendent les droits des femmes », indique-t-elle. « Aujourd’hui, la ville de Saint-Denis propose aussi beaucoup d’animations, donc les gens sont peut-être un peu dispersés. »

Interview réalisée par notre journaliste Karoline Chérie :

Des revendications autour de la santé des femmes

Cette année, les organisations ont également souhaité mettre en lumière plusieurs revendications liées à la santé et aux conditions de travail des femmes.

Parmi elles, un meilleur accompagnement des mères lors du retour au travail après un congé maternité. Les militantes demandent notamment l’application effective de la loi permettant aux mères allaitantes de bénéficier d’une heure par jour pour allaiter leur enfant et de disposer d’un espace adapté sur leur lieu de travail.

Autre revendication : la mise en place d’un congé menstruel. Les organisations rappellent que de nombreuses femmes souffrent de douleurs liées aux règles, ce qui peut avoir un impact important sur leur quotidien et leur vie professionnelle.

Une mobilisation locale dans un mouvement mondial

Au-delà des revendications locales, les organisateurs ont tenu à inscrire cette mobilisation dans un contexte international. Dans plusieurs pays, les droits des femmes continuent d’être remis en cause, et les collectifs réunionnais entendent affirmer leur solidarité avec celles qui poursuivent ce combat à travers le monde.

Réaction capturée Karoline Chérie :

Sous un soleil déjà bien présent ce dimanche matin à Saint-Denis, les manifestants vont ainsi défilé avec banderoles, pancartes et slogans pour rappeler qu’au-delà des symboles, la Journée internationale des droits des femmes demeure un moment essentiel de mobilisation.

Une militante de l’association Femmes Solid’Air porte une pancarte rappelant le droit fondamental des femmes à disposer librement de leur corps et de leur maternité – Photo prise par Karoline Chérie

Lors de la mobilisation, une participante affiche un message invitant à mieux se connaître avant de s’engager dans le mariage, soulignant l’importance du choix et de l’autonomie dans les relations – Photo prise par Karoline Chérie

Des bénévoles et militantes de l’association Femmes Solid’Air se rassemblent pour sensibiliser le public aux violences faites aux femmes et promouvoir la solidarité – Photo prise par Karoline Chérie

Un tee-shirt arborant le message « 8 mars : journée internationale de lutte pour les droits des femmes » rappelle l’origine militante de cette journée mondiale – Photo prise par Karoline Chérie

Militants et sympathisants se réunissent autour d’un drapeau syndical pour soutenir les combats pour l’égalité et les droits des femmes – Photo prise par Karoline Chérie

Un groupe de participantes défile avec des pancartes revendiquant le respect, le consentement et la fin des violences sexistes – Photo prise par Karoline Chérie

Trois participantes prennent la pose lors du rassemblement, symbole de la diversité et de la solidarité entre générations dans le mouvement féministe – Photo prise par Karoline Chérie

Une pancarte peinte à la main proclame « Non, c’est non ! », rappelant le principe fondamental du consentement – Photo prise par Karoline Chérie

Munie d’un mégaphone, une militante encourage la foule et participe à l’animation de la mobilisation pour les droits des femmes – Photo prise par Karoline Chérie

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