La ville de Saint-Denis vient de réaliser un véritable exploit, décrocher le très sérieux Prix européen d’aménagement urbain et régional pour son projet de Rénovation Urbaine du Chaudron (RUCH). L’événement est historique, car la capitale réunionnaise devient le premier et unique territoire ultramarin à être ainsi distingué. Un succès qui n’est pas passé inaperçu, même à des milliers de kilomètres.
« On est le seul territoire ultramarin à recevoir ce prix européen, donc on est évidemment très très fier puisque ça vient de Saint-Denis, ça vient du Chaudron. »
Interrogée sur cette victoire, la maire Ericka Bareigts a expliqué que le jury avait été séduit par une méthode audacieuse : la co-construction citoyenne poussée à son paroxysme. En clair, les Dionysiens ne sont plus cantonnés au rôle de spectateurs, mais sont devenus de véritables architectes de leur quartier. Le Chaudron, célèbre pour son histoire (60 ans au compteur !) et désormais pour son téléphérique (le plus moderne de France), a prouvé qu’il pouvait être à la fois un vieux briscard et une star de l’innovation.
« Toute la différence c’est qu’on a donné un pouvoir de décision aux habitants. »
Imaginez la scène : plus de 1500 habitants consultés lors d’« ateliers de rue » où, sans invitation sophistiquée, on a demandé l’avis de tout le monde, du commerçant au marmaille de l’école. Résultat ? Le nouvel espace Flamboyant, qui n’est plus un vieux parking mais un parc de loisirs flambant neuf, a été conçu directement par les propositions des citoyens. C’est un peu comme si l’on laissait les fans de séries télé écrire la fin de la saison : c’est risqué, mais quand ça marche, c’est génial. Les critères de succès ? L’innovation en matière de transition écologique, d’inclusion sociale, et bien sûr, cette fameuse participation citoyenne.
« L’espace Flamboyant a toujours été un espace de loisir. »
L’impact va bien au-delà des travaux (qui ont débuté concrètement, ce qui est un exploit en soi). La plus belle victoire du RUCH est d’avoir balayé l’image dégradée du Chaudron.
Monique Orphé se réjouit : « On a été récompensé, je suis fière le Chaudron est un quartier populaire qui le mérite ».

Finis les CV mis de côté parce qu’ils portaient une adresse du Chaudron. Les habitants ont repris confiance, l’esprit est apaisé, et même les jeunes, dit-on, ont mis la pédale douce sur le rodéo sauvage. La transformation est si profonde que ce prix européen, qui ne rapporte 0 € mais une fierté inestimable, pourrait bien servir de modèle à toute l’Europe. Un comble pour un quartier que certains voyaient rester « immobile » !
Maintenant, Saint-Denis a un nouveau combat en cours : faire pression sur le principal bailleur social, la SIDR, pour qu’elle rénove enfin les logements, parce que refaire la façade sans s’occuper de l’intérieur, c’est un peu comme mettre un beau costume sur un pyjama. Le prix européen est en poche, la méthode est rodée, il ne reste plus qu’à s’attaquer au volet juridique pour donner aux élus le pouvoir de secouer les bailleurs. Affaire à suivre !
















