Les électeurs réunionnais se sont déplacés le 15 mars pour voter aux élections municipales. Ils ont choisi un candidat, parfois très clairement, parfois massivement. Mais à peine les résultats du premier tour connus, voilà que commencent les tractations, les alliances improbables et les fusions de listes de dernière minute.
Une question s’impose alors brutalement :
est-ce que le vote des Réunionnais est encore respecté… ou est-ce qu’on s’en moque complètement ?
Hier ennemis, aujourd’hui alliés
Pendant des semaines de campagne, certains candidats n’ont cessé de s’attaquer. Programmes opposés, critiques publiques, accusations… Tout y est passé. Et puis soudain, entre le premier et le second tour, les mêmes adversaires deviennent partenaires.
Pourquoi ?
Pour une seule raison : faire barrage à celui qui est arrivé en tête.
Autrement dit, le message envoyé aux électeurs est simple :
peu importe ce que vous avez choisi dimanche, les calculs politiques passent avant votre vote.
Le grand classique : le “tout sauf lui”
La technique est connue : quand un candidat arrive largement en tête, certains partis préfèrent s’unir pour l’empêcher de gagner, même s’ils se détestaient hier encore.
On appelle cela une stratégie.
Beaucoup d’électeurs appellent cela un arrangement entre politiciens.
Car au final, le résultat est le même : le choix exprimé dans les urnes peut être contourné par des alliances de coulisses.
Les électeurs spectateurs d’un jeu politique
Le problème, c’est que ces manœuvres donnent l’impression que les électeurs servent surtout à lancer la partie… pendant que les vrais calculs commencent ensuite.
On vote pour un candidat…
et quelques jours plus tard ce même candidat fusionne avec une liste contre laquelle il faisait campagne.
On vote pour un projet…
et au second tour le projet change parce qu’il faut négocier des places.
Après on s’étonne de l’abstention…
À La Réunion comme ailleurs, les responsables politiques se demandent régulièrement pourquoi de plus en plus d’électeurs ne se déplacent plus pour voter.
Peut-être parce que beaucoup ont le sentiment que les décisions se prennent après les urnes, dans les discussions entre états-majors politiques.
Et quand les alliances semblent plus importantes que le choix des citoyens, la question devient inévitable :
les élections servent-elles encore à choisir… ou seulement à préparer des arrangements ?
Les électeurs jugeront au second tour. Une chose est sûre : les électeurs réunionnais regarderont attentivement ces alliances de dernière minute. Car au final, ce sont eux qui auront le dernier mot dans l’isoloir. Et certains pourraient bien décider de rappeler une chose aux candidats :
les votes ne sont pas des pions dans un jeu politique.















les candidats se servent de nous pour arriver à leurs fins…. Aucun ne se présente pour aider, ou améliorer le quotidien des citoyens….. la preuve en ait à la Possession le soit disant défenseur des pauvres s’allie à deux candidats dont l’un est un fils de marchand de sommeil…..quel logique dans cette alliance si ce n’est que pour gagner les élections et partager le gateau à trois, femmes comprises à des postes de DG à la mairie….. A vomir et donc quoué mi fait…. Mi vote pour celui qui ne fait pas d’alliance
Le vote n’a plus grand sens puisque les gros appareils politiques décident et que les maires sortant utilisent allègrement la grosse machine municipale pour mener leurs élections.
Regardez à Saint-Benoît, la horde de personnes au RSA autour du maire réélu… Tout Saint-Anne était là pratiquement. Il faut se demander pourquoi.
En réalité 63,7%, des bénédictins, c’est à dire la grande majorité des bénédictins, n’a pas choisi Patrice SELLY et pourtant… il est maire à nouveau.
Le calcul est simple : Selly a obtenu un résultat final de 65,2% pour 55,68% de suffrages exprimés. 65 de 55, cela ne représente que 36% de la population électrice au final…
Vous avez raison, il faut éduquer la population. A Saint-Denis le constat est pire… Madame Bareigts obtient 62% de 45% exprimés ce qui signifie que 71% des électeurs inscrits n’ont pas choisi Mme Baregts comme maire. Il y a donc un réel enjeu de lutte contre l’abstention et de lucidité sur ces élections en trompe-l’œil où les maires sont en réalité élus par une minorité de leurs administrés.
Procurations par le biais du CCAS, utilisation de la machine municipale. Des agents qui ont fait la politique sur leur temps de travail, des agents qui n’ont pas eu de congés sans solde, des agents en arrêt maladie qui ont fait de la politique. Augmentation des heures de travail, accord de primes, titularisations, la DRH est la fille d’une conseillère élue!
COMMUNIQUÉ DE LUTTE OUVRIERE
Après le premier tour des élections municipales
Le 15 mars 2026
Les listes Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs étaient présentes dans 243 communes, rassemblant quelque 11 000 candidats. Il est encore trop tôt pour dresser un bilan des suffrages qu’elles ont recueillies.
Mais ces voix, issues des classes populaires, ont exprimé le rejet des représentants des partis qui se disputent pour gérer un système capitaliste de plus en plus inégalitaire, réactionnaire, guerrier et barbare. Elles ont affirmé leur appartenance à un camp et à une perspective : que le monde ouvrier refuse les divisions en son sein et se batte pour refonder la société sur des bases collectives.
Quels que soient ceux qui dirigeront les villes ou le pays, dans les prochains mois la situation sera plus difficile pour le monde du travail et les habitants des quartiers populaires. Il y aura moins d’enseignants dans les écoles, moins de lits dans les hôpitaux, moins de constructions de logements et moins d’argent destiné à tous les services utiles à la population. Car la nouvelle guerre déclenchée par Trump et Netanyahou au Moyen-Orient entraîne le monde vers une guerre générale et aggrave la crise de l’économie capitaliste avec une nouvelle flambée des prix du pétrole, du gaz et de tout le reste.
Comme à chaque crise, l’État va voler au secours des capitalistes et il nous présentera l’addition, que nous payons déjà en partie quand nous remplissons notre réservoir d’essence. À cela s’ajoute l’argent englouti dans la hausse des budgets militaires et le risque de voir nos propres enfants envoyés mourir à la guerre pour les intérêts de Total, de Vinci ou de Dassault.
Face à cela, les habituels marchandages de second tour pour les postes municipaux sont bien dérisoires. Comme le sont les calculs des partis prêts à gouverner l’État de la bourgeoisie qui se positionnent déjà tous pour la présidentielle de 2027.
Les partis de droite et d’extrême droite, comme les partis de gauche ne changeront rien de fondamental à l’évolution catastrophique du système capitaliste. Car ils se rangent tous derrière la politique du grand patronat qui exploite les travailleurs. Si certains dénoncent l’impérialisme américain et l’engrenage guerrier qu’il a déclenché en attaquant l’Iran, ils sont tous d’accord avec Macron pour défendre l’impérialisme français.
Tous ces partis sont d’accord pour augmenter le budget militaire. Tous ont approuvé l’envoi du porte-avions Charles de Gaulle au Moyen-Orient. Tous se mettront au garde-à-vous derrière le chef d’état-major des armées qui, devant le dernier congrès des maires, sommait la population « d’accepter de perdre ses enfants » et de « souffrir économiquement ».
Les listes Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs ont clairement exprimé ce refus d’être sacrifiés pour les profits des capitalistes dans une nouvelle guerre impérialiste mondiale. Elles ont exprimé leur opposition à la domination de la classe capitaliste aveuglée par la course au profit et qui s’oppose aux intérêts les plus élémentaires de la collectivité.
Construire un parti ouvrier, communiste, révolutionnaire et internationaliste est indispensable pour combattre et vaincre la dictature du capital. Une telle construction exigera l’irruption des exploités sur la scène politique à travers leurs mobilisations, leurs luttes et des grèves de masse. Mais il faut travailler à son développement dès aujourd’hui.