« Plus de 150 personnalités de La Réunion — universitaires, sociologues, enseignants, artistes, musiciens, cinéastes, humoristes, journalistes, influenceurs, chefs d’entreprise, syndicalistes, militants, acteurs culturels, zarboutan, citoyens engagés, jeunes et moins jeunes, de sensibilités politiques diverses — signent aujourd’hui une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion ».
Parmi les signataires figurent également des zorey conscients des rapports de domination à l’œuvre sur l’île et désireux de prendre leur part dans ce débat, non dans une logique d’accusation, mais de responsabilité collective.
Cette prise de parole intervient dans le contexte des débats récents autour du maloya, de l’appropriation culturelle. Les signataires souhaitent ouvrir un espace de réflexion serein sur une question rarement abordée publiquement : celle du privilège zorey à La Réunion.
Au-delà de la polémique actuelle, la tribune invite à interroger l’accès aux responsabilités, aux ressources, à la visibilité culturelle, au logement, à la parole publique et aux espaces de décision dans une société réunionnaise en pleine transformation. »
Voici le communiqué :
« Nommer le privilège zorèy pour construire l’égalité à La Réunion
Depuis plusieurs semaines, le débat autour du Maloya, de l’appropriation culturelle et des violences sur les réseaux sociaux traverse notre île avec une
intensité rare.
Personne ne devrait subir l’acharnement, l’insulte ou la mise en danger pour ses prises de parole. Mais cette situation révèle aussi un malaise plus
profond que beaucoup de Réunionnais.e.s expriment depuis longtemps, souvent sans être entendu.e.s.
Dans leur tribune de soutien à Marie Lanfroy, les signataires écrivent qu’« il y a des combats et des réflexions à mener », qu’il faut « ouvrir des dialogues
sur des sujets pointus et décoloniaux » et que ces sujets doivent être « portés ensemble ». Nous prenons ces mots au sérieux.
Mais pour qu’il y ait véritablement dialogue, il ne suffit pas d’entendre. Il faut écouter ce que beaucoup de Réunionnais.e.s expriment depuis longtemps
sur les rapports de domination et le privilège zorèy à La Réunion.
Car derrière cette polémique apparaît une question plus large : celle du privilège zorèy à La Réunion.
Nommer cette réalité ne revient pas à désigner des ennemis. Il s’agit de reconnaître des déséquilibres historiques encore présents dans l’accès à la
parole, aux responsabilités, aux ressources et à la visibilité.
De la même manière que les luttes féministes ont appris à distinguer les hommes des structures patriarcales, il faut distinguer les individus des
rapports sociaux qui leur donnent parfois, sans qu’ils l’aient choisi, un avantage dans l’accès aux postes, aux réseaux, à la parole publique ou à la
reconnaissance.
Les études décoloniales parlent de colonialité du pouvoir pour désigner la persistance, après la colonisation, de hiérarchies culturelles, économiques,
raciales et symboliques héritées de cette histoire.
À La Réunion, cela se traduit de manière concrète dans l’accès aux postes de responsabilité, dans la maîtrise des codes administratifs, dans la capacité
à obtenir des financements, à occuper certains espaces de décision, à être reconnu comme légitime dans les médias, les institutions, la culture ou
l’économie.
Certaines trajectoires bénéficient encore d’une présomption de compétence, de neutralité et d’universalité que d’autres doivent constamment prouver.
Certains accents, certains réseaux, certains diplômes et certaines manièresd’habiter les espaces de pouvoir ouvrent plus facilement les portes de la
réussite.
Dans le même temps, beaucoup de Réunionnais.e.s ont le sentiment d’être progressivement éloigné.e.s de leur propre territoire. Le prix du foncier et de
l’immobilier rend l’accès au logement toujours plus difficile pour les familles Réunionnaises. La gentrification transforme certains quartiers et modifie
profondément les équilibres sociaux, culturels et symboliques de l’île.
Beaucoup de familles Réunionnaises portent la mémoire des départs organisés vers la France, souvent présentés comme une nécessité
économique ou sociale. Le cas des enseignant.e.s Réunionnais.e.s poussés vers l’extérieur est un des aspects de cette migration contrainte.
Cette histoire éclaire le sentiment actuel de déclassement ressenti par une partie de la population lorsque des Réunionnais.e.s peinent à se loger, à
accéder aux responsabilités, ou à rester vivre dignement sur leur propre territoire. La non nomination d’un zorèy comme directeur du PRMA en 2025
est un exemple parmi des milliers d’autres.
Oui, les cultures circulent, se rencontrent et se transforment. Mais les échanges culturels s’inscrivent toujours dans une histoire et dans des
rapports de pouvoir.
La question devient alors simple :
Kisa i koz ? Kisa i désid ? Kisa i finans? Kisa lé vizib ? Kisa lé invizib ?
Kisa i pé viv èk son Kiltir? Et qui reste relégué aux marges pendant que d’autres deviennent les visages légitimes et médiatiques de traditions qu’ils
n’ont pas portées historiquement ?
Des figures majeures de la culture Réunionnaise, comme Danyèl Waro, ont elles-mêmes appelé les zorèy à interroger leur place et leurs privilèges. Cette
parole mérite d’être entendue comme une invitation à la responsabilité, pas comme une condamnation.
Les zorèy doivent donc prendre leur part dans ce débat, afin de construire un dialogue honnête et une égalité réelle dans notre île.
La Réunion mérite un débat adulte, serein et lucide sur ces questions. Un débat où chacun peut parler d’exil, de logement, de travail, de culture, de transmission, de représentation et de pouvoir sans être immédiatement disqualifié.
Nommer le privilège zorèy revient à ouvrir une réflexion collective sur le partage réel des ressources, des responsabilités et de la parole à La
Réunion. C’est à cette condition que le dialogue pourra dépasser les postures, les blessures et les procès d’intention, pour devenir enfin un outil
d’égalité.
An byin minm
Tribune signée par plus de 150 artistes et personnalités de La Réunion (etd’ailleurs)















Mi signe aussi !
ce qu’ils appellent « privilege zorey » s’appelle aussi « égalité républicaine »: l’egalité de droit entre chacun des citoyens de la republique quelques soient leurs origines ou statut social. Derriere cette semantique ils pretendent abolir l’egalité republicaine pour la remplacer par un nouvel apertheid, avec des classes , des cloisons et des droits diffenciés. bof ils sont à vomir
C’est une bonne initiative le reunionais en France ce fait prendre pour un gore , le zoreil surl’île c’est le zorro intelligent certains oublient avec leur sac dos , au cul comme job en arrivant et avec le blabla et écrire papa avec 3p
En fait ce qui faut c’est l’indépendance de la Réunion, et la na voir qui ça y veut devenir zoreil ou rester esclave de zot race zot band. Moin descendant d’esclave moin la honte quand mi voit le comportement de ces personnes qui se prennent pour des artistes et qui à mon sens l’est entrain de salir la mémoire de mon zancètre