REZOTour 2026 : 220 kilomètres, des mollets en feu et un troisième opus qui change la donne (Photos-Vidéo)

3 min de lecture
2

Trois jours de route,220 kilomètres dans les pattes, et un constat qui ne trompe pas : pour sa 3ème édition, le REZOTour n’est définitivement plus une simple balade pour cyclistes du dimanche. Partie samedi matin du Barachois à Saint-Denis, la caravane citoyenne a avalé le bitume à coup de pédales et de détermination, traversant La Possession, Saint-Paul, Saint-Leu, Saint-Philippe, Saint-André… avant de venir se poser à Saint-Denis. Ce soir, c’est la clôture à la MJC Château Morange. Et autant vous dire que l’ambiance est aussi électrique que les vélos qu’on a dû prêter à certains en cours de route.

Arrêter de râler, commencer à pédaler !

Le grand défi ? Passer de l’aventure individuelle, comprenez « le tout-auto tout seul dans son embouteillage », à une mobilité collective et durable. Facile à dire sur le papier, plus dur quand il s’agit de grimper les côtes de l’île. Parce qu’on ne change pas les comportements d’un coup de baguette magique. Il faut prouver que c’est possible. Sur le terrain, en vrai.

« Voter, c’est bien, c’est notre pouvoir de citoyen. Mais participer, c’est notre devoir. » martèle Jules DIEUDONNE, président ASPRO-MOD / fondateur REZOLA

C’est le leitmotiv de ce tour participatif. Et la solidarité a tourné à plein régime. Un coup de fil aux collectivités (le TCO, la CIVIS), et hop, des vélos ont été mis à disposition pour ceux qui voulaient rejoindre le mouvement entre Le Port et le Sud.

Des villages, des vrais (et un peu de pression anthropique)

Le REZOTour, c’est aussi d’aller là où ça coince, au cœur des quartiers. Grâce au partenariat avec la SHMR, la caravane s’est transformée en agora vivante. Au village de Fayard, on a parlé de tout : de mobilité bien sûr, mais aussi de culture, de vie quotidienne, au rythme des danseuses locales. Un vrai moment d’échange, sans filtre et sans langue de bois.

Et puis, il y a eu la halte magique sur les berges de la rivière Langevin. Là, le débat est devenu plus vert, presque philosophique. Comment profiter de la biodiversité réunionnaise sans la piétiner ? C’est ce que les scientifiques appellent la « pression anthropique » (un mot savant pour dire qu’on est un peu trop nombreux à squatter le même coin d’eau le week-end).

L’idée lancée aux collectivités et aux riverains est simple : est-on vraiment obligé de prendre sa voiture pour remonter la rivière alors qu’on pourrait le faire autrement ? Si on use la nature jusqu’à la corde, elle disparaît. Et la biodiversité, ça ne se réinitialise pas en un clic.

Culture, sueur et maloya : Ziskakan en apothéose

Parce qu’on ne fait pas avancer les consciences uniquement avec des courbatures, cette 3ème édition a encore misé fort sur la culture. Après l’effort, le décibel : au VVF de Saint-Gilles, le public a pu vibrer au son d’Emma Nona. Mais le clou du spectacle était réservé pour la fin. Pour clore ce REZOTour 2026 en apothéose, ce sont les légendes de Ziskakan qui sont venues poser leurs valises et leurs instruments, offrant un moment de pure magie et de communion culturelle. Des concerts sincères, portés par des artistes engagés, pour rappeler que notre patrimoine et nos déplacements partagent le même combat : celui de l’authenticité et du respect de notre terre.

L’année dernière, faire la fête tous les soirs avait épuisé les troupes. Cette année, l’organisation a été plus stratégique : un grand plateau culturel dans l’Ouest, un autre dans le Nord. Avis aux amateurs pour l’année prochaine : le Sud et l’Est sont déjà dans le viseur.

Cinq étapes, une moyenne de 60 à 100 participants selon les jours (parfois une vingtaine sur les spots plus calmes comme Langevin, mais la qualité des débats valait bien la quantité), et une certitude : la mobilité de demain s’écrit ensemble, à un rythme résolument humain.

Alors, on pose la voiture pour de bon ?

2 Commentaires

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Le Port : les principales décisions du Conseil municipal du 2 juin

Article suivant

Jeudi 4 juin 2026 – L’éphéméride du jour

Free Dom