Un documentaire sur les talismans et croyances réunionnaises présenté à Paris : “Garanti 100 % Kreol”

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Mercredi 8 avril, dans une salle parisienne attentive, le documentaire Garanti 100% Kreol a été présenté en avant-première. Réalisé par Laurent Pantaléon, ce film en noir et blanc s’attache à sonder les couches profondes de la mémoire réunionnaise, entre croyances populaires et quête intime.

Après une seconde projection organisée dans le 10ᵉ arrondissement de Paris, l’œuvre poursuit son itinérance avec une troisième diffusion prévue ce dimanche 12 avril à Saint-Ouen. Une circulation qui témoigne d’un intérêt croissant pour ce regard singulier porté sur une culture souvent reléguée aux marges de l’hexagone.

Au cœur du film, une pratique encore vivace à La Réunion : celle de la « garantie ». Dans l’île, il n’est pas rare, lors d’événements déterminants, l’achat d’un véhicule, un nouvel emploi, un emménagement, de solliciter un devineur afin d’obtenir un talisman protecteur. Ce dernier, parfois réduit à un simple morceau de tissu rouge, est censé éloigner le mauvais œil et sécuriser les trajectoires de vie.

Laurent Pantaléon s’empare de cette tradition comme d’un fil narratif. Son documentaire ne se contente pas d’enregistrer un folklore : il en fait le point de départ d’une réflexion plus large sur l’héritage, la transmission et le besoin universel de protection face à l’incertitude. « Et si moi aussi, pour réussir ce film, j’allais en quête d’une garantie ? », interroge-t-il, brouillant les frontières entre observation documentaire et démarche personnelle.

Le choix du noir et blanc accentue cette impression de fouille mémorielle. Les images, dépouillées de leur couleur, semblent vouloir atteindre une forme d’essentiel, comme si la mémoire elle-même ne conservait que les contrastes les plus marquants.

À travers Garanti 100% Kreol, c’est aussi une autre cartographie de La Réunion qui se dessine : celle des croyances, des gestes invisibles et des récits intimes qui échappent aux représentations touristiques. Le film s’inscrit ainsi dans une démarche plus large de réappropriation culturelle, où la parole et les pratiques locales trouvent une nouvelle visibilité.

Dans un contexte où les identités ultramarines peinent encore à trouver leur place dans le récit national, le travail de Laurent Pantaléon propose une forme de contrepoint, à la fois poétique et politique.

La bande-annonce du film est accessible en ligne ici : https://www.lestroisluxembourg.com/film/633036/video/

2 Commentaires

  1. J espère que dans le film on parle aussi des hommes et femmes politiques au garantie. Certains appel ça la sorcellerie …Apparemment c est juste des hommes qui se croient proche de dieu ces devineurs ces prêtres , ces gourou. Etc ….

  2. Lé pas que dan la culture réunionnaise su les « protections ». Y trouve un peu partout dan plusieurs cultures. Lé pas simplement dan un boute la toile rouze. Y peut être n’importe cossa. A partir du moment que lé « travaillé ». Y peut être un objet considéré comme apportant le « bien » alors que la été détourné. Tous ces « caloubadia » lé bien ancré su l’ile parce na un tas communautés depuis que l’ile lé habité. Des fois par curiosité ou à force les coups d’congnes lé trop répétitifs y pousse les gens à aller faire un « regard ». Des fois y mars, des fois non. Et y fait que ces personnes lé tenté à aller rode un pli « fort ». Et comme créole y dit « c’est quand médecin y trouve pu out maladie » qui devient inquiétant…

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