Un nouveau souffle pour le Centre LGBT Nord après une période difficile

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Le Centre LGBT Nord de La Réunion ouvre une nouvelle page de son histoire. Marqué par l’incendie criminel de 2023, le lieu entame aujourd’hui une phase de reconstruction avec un changement majeur de gouvernance : la gestion a été confiée à l’association Pilon, à l’issue d’une décision nationale.

Ce choix s’inscrit dans une volonté claire de relance, mais surtout de rassemblement. Car au-delà du changement de structure, c’est toute une dynamique collective qui se met en place.

Une alliance inédite entre associations

Désormais, le centre ne repose plus sur une seule entité. Il fonctionne sur un modèle collaboratif réunissant plusieurs acteurs majeurs du territoire : Requeer, Kwir Mouvman, Timizé et Pilon.

Cette gouvernance partagée marque un tournant. Elle vise à mieux représenter la diversité des parcours et des réalités au sein de la communauté, tout en évitant les divisions qui ont parfois fragilisé les initiatives locales.

L’identité réunionnaise comme socle

Parmi les choix forts portés par la nouvelle équipe, celui d’ancrer le projet dans la culture créole apparaît central. L’objectif est clair : recréer du lien, notamment avec celles et ceux qui ont connu le rejet familial.

Dans cette logique, une initiative originale a vu le jour : le « Club des Mamies ». Ces femmes âgées, souvent isolées, participent désormais activement à la vie du centre. À travers des ateliers de cuisine, de couture ou des sorties, elles partagent leur expérience et tissent des liens avec des jeunes parfois en rupture.

Ce dispositif, inattendu mais concret, s’impose progressivement comme un levier de réconciliation entre générations.

Une approche globale du bien-être

Le projet porté par Pilon ne se limite pas à l’accueil ou à la sensibilisation. Il s’organise autour de cinq axes structurants :

* la santé mentale, avec la formation de bénévoles et l’ouverture prochaine de permanences
* la santé financière, à travers des actions contre la précarité et des partenariats éducatifs
* la santé physique, avec des activités sportives inclusives
* la santé sexuelle, via des actions de prévention et de dépistage
* la santé sociale, pour lutter contre l’isolement

Cette approche traduit une volonté de traiter les réalités vécues dans leur ensemble, sans cloisonner les problématiques.

Une fréquentation en nette hausse

Les premiers résultats témoignent d’un regain d’intérêt. Depuis le début de l’année :

* plus de cinquante événements ont été organisés
* près de 700 personnes ont été rencontrées
* une centaine de nouveaux adhérents ont rejoint l’association
* et plusieurs dizaines de personnes ont franchi pour la première fois les portes du centre

Des chiffres qui traduisent un retour progressif de la confiance, après une période marquée par les tensions et les incertitudes.

Une reconstruction au-delà des murs

Sur le terrain, l’image est forte : des visages réunis, des drapeaux colorés, un groupe soudé face à l’océan. Une scène qui symbolise bien plus qu’un simple rassemblement.

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse la question de la gestion. Il s’agit de reconstruire un espace de sécurité, de dialogue et d’appartenance.

Pour les porteurs du projet, l’enjeu est clair : faire du centre un lieu où chacun peut retrouver une forme de stabilité, voire une famille, lorsque celle-ci fait défaut.

©Crédit photo association Pilon

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