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Visite de Manon Aubry à La Réunion : le cri d’alarme d’une agriculture réunionnaise en sursis (Photos-Vidéos)

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Les baskets et sandales encore couvertes de la boue des hauts, les députés européens Manon Aubry et Younous Omarjee ont pu mesurer concrètement la réalité et la fragilité du modèle agricole réunionnais. Ce lundi, la co-présidente du groupe de la Gauche et le vice-président du Parlement européen se sont rendus sur l’exploitation de Gaël Jean-David Dijoux, figure de proue du monde agricole local (président de l’Interprofession végétale et du NOP). Une visite de terrain brute, sans fard, au cœur d’une exploitation diversifiée mêlant canne à sucre, maraîchage, production de racines, d’ananas et élevage de poulets de chair.

Derrière l’image d’Épinal d’une Réunion résiliente se cache une inquiétude profonde face aux arbitrages budgétaires de Paris et de Bruxelles, ainsi qu’aux menaces d’accords commerciaux internationaux jugés destructeurs.

Gaël Jean-David Dijoux, figure de proue du monde agricole local (président de l’Interprofession végétale et du NOP) en pleine discussion avec es députés européens Manon Aubry et Younous Omarjee 

Le POSEI : une question de survie, pas un bonus

Pour Gaël Jean-David Dijoux comme pour l’ensemble des acteurs présents, le message est unanime : sans le Programme d’Options Spécifiques à l’Éloignement et à l’Insularité (POSEI), l’agriculture réunionnaise s’effondre.

« Aujourd’hui, avec nos coûts de production, le POSEI arrive vraiment comme un complément de revenus indispensable », insiste l’agriculteur.

Pour les fruits et légumes dotés de la certification environnementale de niveau 2, cette aide représente 36 centimes par kilo ; pour la filière volaille, elle s’élève à environ 5 centimes par kilo.

L’enjeu immédiat se cristallise autour de la programmation budgétaire 2028-2034. Alors que le fonds a déjà subi des baisses et que des velléités de recentrage national menacent sa spécificité, les professionnels demandent non seulement son maintien, mais une revalorisation. À l’échelle des Régions Ultrapériphériques (RUP), l’objectif défendu est de porter l’enveloppe globale de 4,5 milliards à 7,3 milliards d’euros pour compenser l’inflation et les surcoûts structurels. Fusionner ces fonds dans un plan national centralisé depuis Paris équivaudrait, selon les représentants politiques présents, à un « suicide » pour la souveraineté alimentaire de l’île.

Canne en déclin, volaille bridée et menaces sur l’ananas

Le constat sur les filières est contrasté mais alarmant. Colonne vertébrale du paysage et de l’économie agricole de l’île, la filière canne à sucre traverse une crise historique. Entre les aléas climatiques à répétition, le retrait progressif de molécules phytosanitaires indispensables et l’érosion des rendements, la production s’est effondrée : elle est passée de 1,8 million de tonnes en 2017 à seulement 1,15 million de tonnes l’année dernière. Remplacer les 18 000 à 20 000 hectares dédiés à cette culture s’avère impossible à court terme.

La diversification, pourtant présentée comme la solution d’avenir, fait elle aussi face à des urgences sanitaires critiques. C’est notamment le cas de l’ananas, une production emblématique de l’île aujourd’hui en sursis. Les exploitations sont sévèrement touchées par la maladie des fourmis (associée au syndrome du dépérissement de l’ananas transmettant des virus), qui menace tout simplement de faire disparaître cette culture locale à cause du manque de solutions de traitement alternatives.

À l’inverse, la filière volaille affiche une croissance à deux chiffres, portée par une forte demande locale. Pourtant, son essor se heurte à des obstacles logistiques majeurs, en particulier le traitement des déchets d’élevage, une problématique qui ne devrait trouver d’issue réglementaire et technique que d’ici 18 mois.

Le spectre du Mercosur et de la concurrence déloyale

Au-delà des frontières de l’île, c’est la politique commerciale européenne qui suscite la colère du monde agricole. L’accord imminent avec le Mercosur cristallise toutes les tensions. Ce traité prévoit « l’entrée sur le marché européen de 190 000 tonnes de sucre supplémentaires exemptées de droits de douane.  » Face aux géants brésiliens ou argentins dont les coûts de production sont dérisoires, La Réunion défend un marché de niche à haute valeur ajoutée (sucres spéciaux roux, vendus jusqu’à 700 € la tonne). Une spécificité menacée par l’afflux massif de matières premières low-cost.

Le constat est identique pour la filière porcine et avicole, qui subit les contrecoups de la géopolitique mondiale : des volumes de volailles initialement destinés au marché russe sont détournés vers les marchés ultramarins à des prix cassés.

Vers de nouveaux outils de régulation ?

Face à ce déséquilibre, les parlementaires ont profité de cette séquence pour  « avancer des propositions politiques fortes dans le cadre de la construction de leur programme pour les échéances à venir. Outre la sanctuarisation absolue du POSEI et du FEADER spécifiques aux Outre-mer, l’idée d’une « taxe kilométrique » a été défendue.  » Le principe : taxer les importations en fonction de la distance parcourue afin de freiner la concurrence déloyale de produits venus d’Amérique du Sud, tout en favorisant les circuits régionaux de proximité (océan Indien, Afrique australe).

Alors que La Réunion affiche aujourd’hui un taux d’autonomie d’environ 70 % en fruits et légumes, la fragilité du modèle reste entière face au dérèglement climatique, qui pousse le territoire d’une sécheresse sévère à un cyclone en l’espace de quelques mois. Pour les exploitants de Sainte-Suzanne, l’heure n’est plus aux promesses de simplification administrative, mais à des engagements fermes pour préserver les conditions de production d’une terre qui refuse de devenir totalement dépendante des importations.

9 Commentaires

  1. CE SONT DES GENT QUE I VOIT QUE Z’OT I VAUT PLUS RIENS !!!! DONC I ESSAYE DE VENIRS C’EZ NOUS DANS LES ILES POUR AVOIR DES VOIES DAN LES PROCHAINES Z’ELECTIONS???MAIS BAND DOMMOUNE QUI VEUT DESARMES LES POLICIERS DANS LES PROCAINES ANNNéES Z’OT I DOIT AVOIR UN PROBLEME DAND Z’OT CERVEAUX MI CROIS AVEC LA DELINQUANCE QUE NE NA EN FRANCE ET SURTOUT A LA REUNION??? DONC,MIS COMPREND PAS POU COSSA Mr OMMARGEE I FAIT PARTIS DE C’ES TROUS DU CULS????BON LI ESSAYE DEFENDRE LES OUTRE MERS A SON NIVEAUS?????MAIS LI Lé DANS LE MAUVAIS PARTIE??? PAR CONTRE QUEL CANNE Lé EN DIFICULTER???????? ARRET LES SUBVENTIONS ET OU VAS VOIR LA CANNE A SUCRE A LA REUNION??????

  2. elle est venue faire la promotion pour Mélenchon. ici il va gagner parce que les élus comme Mayot le guitariste, Ratenon la lumière, Lebon la comédienne, et Corbière nunuche vont aller voir les plus vulnérables pou vendre à zot un cochon dans un goni mais sur le plan national il ne gagnera pas parce qu’il n’est pas apprécié…

  3. Monsieur le Député Européen, où parle chinois, il y avait un Maire chinois Français d’ origine Réunionnais, a été nommé en Bassadeur par Jacques Chirac pour la coopération Française, autres là totoche à li en catimini, et maintenant autres y cause chinois, autres c’est un lot de MAC . Autres les sérieux.

  4. 1er fois Mélanchon la ni la Réunion : en fin compte li té pas là c’était un hologramme !!! 2éme fois la ni en parrain pou baptêmes ti marmailles Mr Ratenon !!!
    Là li envoye ti madame là pou explique à nous ke li s’a augmente le smic , la retraite à 60 ans etc etc blabla bla …….
    La France lé oki mais li veut accueille toute domoun !!! té ben comment i fé là ????
    LFI = La France Iresponsable ? ou Inconsciente , ou finalement Imbécile ???? faut pas prendre les zenfants du bon Dieu pour des canard sauvages …….!!!!

  5. Un trio de LFIstes menteurs. Faire croire qu’ils sont pour les pauvres, mais augmentent leurs indemnités quand ils arrivent au pouvoir et vivent comme des pachas. Leur devise « Allez le pauvre, toi tu restes en bas de l’échelle et nous, de notre place, on tient les ficelles ». Ils veulent plus d’immigrés pour avoir plus d’esclaves : « Qui va récurer mes toilettes ? Ma commande UBER EAT ? … » L’art de prendre les pauvres pour des couillons.
    Prétendre êtres du côté des pauvres, mais soutenir l’audiovisuel public où les personnes sont hyper rémunérées (exemple 480 000 € par an). Hallucinant.

  6. Je ne pense pas personnellement que la Réunion apportera la victoire à Mélanchon, en France, Mélanchon est en nette perte de vitesse , le parti Socialiste pourrait, peut-être à rendre compte, le P .N . F .fait de recherches déjà, sur 22 ans passés. Moucate Macron toujours autres va voir safran dans brède mouroume.

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