13ème mois, trajet domicile-chantier et chasse au travail noir, le « Pack 2026 » pour la CFDT BTP (Vidéo)

2 min de lecture

Réunie ce matin à son siège, la CFDT BTP a dressé un bilan sans concession de la situation du secteur à La Réunion. Entre érosion des effectifs, chantiers bloqués et retards de paiement, le syndicat affiche ses priorités pour 2026 : 13ème mois, indemnités de trajet et lutte contre le travail illégal.

Le constat est implacable. En quelques années, le secteur du BTP a perdu des plumes. De 22 000 salariés en 2018-2019, les effectifs ont fondu pour atteindre aujourd’hui environ 17 500 travailleurs. Un déclin que la CFDT BTP attribue à une « crise de l’activité » qui perdure malgré les dispositifs de concertation.

L’urgence économique : « Chantiers bloqués et impayés »

Le syndicat pointe du doigt des blocages administratifs et environnementaux qu’il juge parfois absurdes. De Saint-Joseph à Sainte-Suzanne, de nombreux chantiers sont à l’arrêt pour des raisons diverses : fonds d’État non débloqués, problématiques d’eaux pluviales ou même protection d’espèces locales.

« On ne peut pas attendre 2027 pour débloquer des chantiers essentiels à la circulation et à l’activité sous prétexte de procédures qui traînent. C’est du « foutali » vis-à-vis de la profession », s’insurge le représentant syndical.

Plus grave encore, les retards de paiement des donneurs d’ordre publics menacent directement la survie des entreprises et les salaires. La CFDT BTP cite l’exemple « d’une société du Sud, en attente de 240 000 € d’impayés de la part d’un établissement public, et dont l’avenir de 34 salariés se jouera au tribunal de commerce le 3 mars prochain ». Le syndicat prévient : « sans déblocage immédiat, les drapeaux orange seront déployés devant les collectivités défaillantes. »

Offensive sociale : « Le 13ème mois en ligne de mire »

Malgré ce contexte morose, la CFDT BTP ne compte pas brader les droits des salariés. Le syndicat a déjà acté une victoire avec une augmentation de +1,50 %  sur les salaires en décembre 2025, devançant l’inflation.

Pour l’année à venir, trois piliers porteront les négociations de branche :

  1. L’instauration d’un 13ème mois : Pour harmoniser les pratiques entre grandes et petites entreprises et mettre fin à une forme de concurrence déloyale.

  2. La révision des indemnités de trajet : La CFDT BTP exige que le temps de trajet soit calculé depuis le domicile du salarié et non plus depuis le siège social ou le premier chantier.

  3. L’accord climat : Pour adapter les conditions de travail aux nouvelles réalités environnementales.

Prix « anormalement bas » et concurrence déloyale

Le syndicat dénonce vigoureusement la pratique des prix « anormalement bas » lors des appels d’offres, notamment par certains bailleurs sociaux. En tirant les prix vers le bas, les entreprises sacrifient le respect de la convention collective et les indemnités des ouvriers.

La CFDT BTP réclame d’ailleurs de siéger au sein de la commission de la Direction des Finances Publiques (DRFIP) pour contrôler ces dérives qui mènent inévitablement à des licenciements massifs, comme l’a montré la récente mise en sauvegarde d’un acteur majeur du secteur.

Enfin, concernant la Nouvelle Route du Littoral et les futurs grands travaux, la CFDT BTP reste aux aguets. Pas question de laisser des groupes étrangers s’accaparer les marchés au détriment de la main-d’œuvre locale.

« Nous serons très vigilants sur les futurs marchés du littoral. Ce sont des milliers d’emplois locaux qui en dépendent », rappelle le représentant syndical.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Saint-André : 80 forces de l’ordre mobilisées à Fayard, 480 personnes contrôlées après les violences de dimanche soir

Article suivant

Le Jardin de l’État rouvre ses portes au public

Free Dom