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80 ans de la Départementalisation : la jeunesse du Port honore l’héritage de Léon de Lepervanche; Discours d’Isabelle Erudel (Photos)

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Une onde de fierté a parcouru les couloirs du Lycée Léon de Lepervanche. Le lycée n’a pas simplement commémoré l’histoire ; il l’a réinventée avec une énergie débordante lors d’une cérémonie organisée hier. Pour célébrer les 80 ans de la Départementalisation, les élèves ont transformé l’établissement en une scène vivante où le savoir-faire technique a rencontré la ferveur artistique.

Un éveil des sens au rythme de la tradition

La matinée a débuté sous un ciel chargé d’émotion par une ouverture magistrale au son des tambours sacrés portés par les lycéens. Ces percussions, dont les vibrations ont résonné dans toute la cour d’honneur, ont marqué le respect dû aux ancêtres et l’ancrage profond de cette jeunesse dans son identité réunionnaise. Ce prélude musical a immédiatement plongé l’assemblée officiels, équipes pédagogiques et invités dans une atmosphère de solennité et de fête.

Une ouverture magistrale au son des tambours sacrés
Exposition pédagogique retraçant la biographie et les combats syndicaux de Léon de Lepervanche, figure emblématique de la départementalisation.
Les officiels et représentants de l’État, de la Région avec le maire du Port réunis pour l’hommage républicain.

L’histoire incarnée par la jeunesse

Le cœur de la prestation reposait sur une série de tableaux vivants d’une intensité rare, où les élèves de la classe de 2de Pro MS ont ouvert le bal avec un récit poignant de l’histoire du peuplement.

Reconstitution historique et récit du peuplement : les élèves incarnent la diversité et l’histoire de La Réunion à travers des tableaux vivants

« En s’appropriant les récits du passé pour les traduire en performances scéniques, ces jeunes ont prouvé que la mémoire de la départementalisation n’est pas un concept figé, mais une flamme qu’ils portent avec une fierté et une justesse impressionnantes.»

Loin de se contenter de réciter des dates, les jeunes de cinq filières différentes se sont unis pour interpréter les moments clés de cette transition historique. L’émotion est montée d’un cran lors du chant « Zancet » aux côtés du groupe APOLONIA , suivi d’un Maloya vibrant joué par les élèves de 1ère Pro MS.

Un moment de recueillement et d’applaudissements de l’assemblée face aux prestations mémorielles des lycéens.

La démonstration d’un savoir-faire d’excellence

L’implication des élèves s’est également manifestée à travers la rigueur de leurs métiers respectifs. Les officiels présents ont reçu des médailles commémoratives uniques, entièrement façonnées par la section CAP Bijouterie Joaillerie.

Les représentants officiels lors de la cérémonie reçoivent la médaille commémorative exclusive fabriquée par la section CAP Bijouterie Joaillerie.

« À travers le dévoilement d’expositions et la remise de médailles artisanales créées dans leurs propres ateliers, les élèves ont prouvé que l’excellence du lycée professionnel est le plus bel hommage à rendre aux valeurs d’égalité et de dignité portées par leurs aînés. »

En parallèle, l’inauguration de l’exposition sur les grandes figures féminines de La Réunion a mis en lumière le travail de recherche des classes de TNE et MVA. La journée s’est achevée par un cocktail déjeunatoire de haute tenue, servi par les élèves de la filière PSR, confirmant que la relève est prête à relever tous les défis.

Les lycéens, fiers de leur prestation aux tambours sacrés, entourés de leurs encadrants et des officiels après l’ouverture de la cérémonie. 

Isabelle Erudel, conseillère départementale : « une date fondatrice qui marque l’entrée de La Réunion dans un nouveau cadre, celui de l’égalité républicaine »

« Je suis heureuse d’être parmi vous aujourd’hui, au lycée Léon de Lépervanche, pour célébrer ensemble un moment fort de notre histoire collective : les 80 ans de la
départementalisation de La Réunion. Le 19 mars dernier, le Département a officiellement lancé cette année de commémoration. Une série de manifestations se déploieront d’ailleurs sur tout le territoire jusqu’au 19 mars 2027.
Ce temps long n’est pas anodin. Il traduit notre volonté de faire vivre cette mémoire, de la transmettre, de la questionner aussi, et surtout de la partager avec vous, la
jeunesse réunionnaise.
Car le 19 mars 1946 n’est pas une date comme une autre. C’est une date fondatrice qui marque l’entrée de La Réunion dans un nouveau cadre, celui de l’égalité républicaine.
Cette loi, portée notamment par Léon de Lépervanche, Raymond Vergès ou encore Aimé Césaire, a transformé notre île. Elle a ouvert la voie à des avancées majeures :
l’accès aux droits, à l’éducation, à la santé, à la solidarité.
Elle a permis de bâtir progressivement une société plus juste, plus structurée, plus confiante en son avenir. Et c’est ici, dans cet établissement qui porte son nom, que
nous mesurons toute la portée de l’engagement de Léon de Lépervanche. Car il n’a pas seulement été l’un des artisans de cette loi historique. Il a été aussi un acteur engagé pour le développement de son territoire.
En tant que Président du Conseil général, il a contribué à accompagner cette transformation, à structurer les politiques publiques, à faire vivre concrètement les
promesses de la départementalisation.
Son héritage est à la fois politique et profondément humain. Il nous rappelle que les grandes lois ne prennent tout leur sens que lorsqu’elles se traduisent dans la vie quotidienne des populations.
Mais si nous sommes ici aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour regarder le passé. C’est aussi, et surtout, pour nous projeter vers l’avenir. Et cet avenir, il vous
appartient, à vous, les jeunes. Votre place dans ces célébrations est essentielle. Parce que vous êtes les héritiers de cette histoire, mais aussi les bâtisseurs de ce qui vient. Votre énergie, votre regard, votre créativité sont indispensables pour continuer à faire avancer notre territoire.

Le chemin qui s’ouvre devant nous doit être un chemin de progrès, un chemin de solidarité, un chemin fidèle à ce qui fait la force de La Réunion : ce bien vivre ensemble auquel nous sommes si attachés.

Je veux aussi saluer le travail que vous avez engagé autour des grandes figures féminines. Parce qu’il permet de rendre visibles des parcours, des engagements, des
combats qui ont longtemps été trop peu reconnus. Le 21 avril 1944, les Françaises obtiennent le droit de vote. A la Réunion, les femmes votent pour la 1ère fois en 1945.
Le 27 mai 1945, elles participent massivement aux élections municipales pour tirer le taux de participation à 73,5 %. La place des femmes dans notre société est une réalité qui s’affirme avec force. Elles prennent toute leur part dans la vie économique, sociale, culturelle, mais aussi dans la vie publique et politique.
À La Réunion, cela se traduit concrètement: Une présidente de Région, 3 sénatrices, 2 députées, 6 maires femmes, dont une pour la capitale. C’est un signal fort, qui traduit une évolution profonde de notre société.
Mettre en lumière ces trajectoires féminines, c’est aussi transmettre des modèles, inspirer, ouvrir des perspectives. C’est dire à chacune et chacun d’entre vous que tout est possible, dès lors que l’on s’engage, que l’on croit en ses convictions et que l’on agit.
Les femmes représentent environ la moitié de la population: Et une démocratie est plus juste quand elle ressemble à sa population. C e t t e c o m m é m o r a t i o n d e s 80 a n s d e l a départementalisation est un héritage précieux. C’est aussi un message d’espérance. Un message de confiance. Un message tourné vers l’avenir.
Elle nous rappelle d’où nous venons, mais elle nous invite surtout à continuer d’avancer, ensemble. À vous désormais de vous emparer de cette histoire, de la faire vivre, et d’écrire la suite.
Le 19 mars dernier, une jeune collégienne Djaëlle a remporté le concours d’éloquence, « Qu’avons-nous fait de cette promesse de 1946, promesse d’égalité? Le constat: la
lutte doit continuer pour une égalité réelle des départements d’outre-mer; une promesse n’existe que si elle est tenue » a t’elle conclu. En gros, i fo kontinué soubat’, Tien Bo Larg pa!!!, kom i di. Nana dot défi i atann’ anou: pour avoir des meilleures conditions de vie, un logement digne, un meilleur pouvoir d’achat, une société avec moins de violence, problème de santé comme le diabète,…
Nous serons à vos côtés pour tracer cette nouvelle destinée réunionnaise. Encore toutes mes félicitations pour l’organisation de cette belle journée de commémoration.
Bravo Azot Marmay, et aux professeurs !!! »

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