Accord UE–Mercosur et PAC : la France maintient la pression pour protéger son agriculture

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Depuis la conclusion des négociations entre l’Union européenne et les pays du Mercosur en décembre 2024 à Montevideo, la France affiche une position ferme : l’accord de partenariat commercial n’est pas acceptable en l’état. Pour Paris, l’agriculture et la protection des consommateurs ne peuvent pas être sacrifiées au nom du libre-échange.

Le Président de la République et le gouvernement ont engagé, ces derniers mois, un travail diplomatique soutenu auprès de plusieurs États membres partageant les mêmes réserves. Objectif : obtenir des garanties supplémentaires avant toute avancée sur le dossier.

Trois exigences françaises clairement posées

La France conditionne toute évolution de l’accord à trois demandes majeures.
La première concerne la mise en place d’une clause de sauvegarde agricole robuste, réellement activable, afin de protéger les filières européennes en cas de perturbation des marchés.
La deuxième porte sur l’instauration de mesures dites “miroir”, notamment en matière de pesticides et d’alimentation animale, pour garantir que les produits importés respectent les mêmes normes environnementales et sanitaires que celles imposées aux agriculteurs européens.
Enfin, Paris réclame un renforcement des contrôles sanitaires, avec des vérifications aux frontières de l’Union, dans les pays exportateurs, des audits sur place et la création d’une véritable force européenne de contrôle sanitaire.

Des avancées jugées encore insuffisantes

La Commission européenne a présenté à l’automne une proposition de clause de sauvegarde agricole, qui doit encore être examinée par le Parlement européen et le Conseil. Elle a également annoncé, le 9 décembre, un renforcement des contrôles sanitaires à compter de 2026, ainsi que la préparation de mesures miroir.

Pour la France, ces annonces vont dans le bon sens, mais restent incomplètes. Les mesures doivent encore être traduites en dispositifs concrets, opérationnels et juridiquement solides avant de pouvoir être évaluées.

À l’approche d’un sommet du Mercosur prévu le 20 décembre, Paris estime que les conditions ne sont pas réunies pour un vote du Conseil de l’Union européenne autorisant la signature de l’accord. La France demande donc un report des échéances afin de poursuivre les négociations et d’obtenir des garanties effectives.

PAC : la France défend une politique agricole forte et commune

Au-delà de l’accord UE–Mercosur, la France entend défendre ses intérêts agricoles dans le cadre du prochain budget pluriannuel de l’Union européenne pour 2028-2034, notamment concernant la Politique Agricole Commune.

Le gouvernement affiche plusieurs lignes rouges :
maintenir les crédits alloués à la France,
refuser toute renationalisation de la PAC,
et préserver son caractère de politique véritablement commune.

Paris insiste également sur la nécessité de garantir des conditions de concurrence loyale, en particulier face aux enjeux liés au coût des engrais et à la lutte contre les fuites de carbone.

Une priorité stratégique assumée

Le Président de la République et le gouvernement réaffirment leur volonté de défendre une PAC forte, garante de la sécurité sanitaire, de la compétitivité des filières et de la souveraineté agricole et alimentaire européenne.

Pour la France, le message est clair : elle ne transigera pas sur son statut de grande puissance agricole, considéré comme une priorité stratégique majeure.

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