///

Don d’organes : un partenariat inédit pour sensibiliser les familles réunionnaises – Vidéos

5 min de lecture

Une étape symbolique mais surtout porteuse d’espoir a été franchie ce lundi matin au CHU Sud à Saint-Pierre. En présence de nombreux représentants religieux, de professionnels de santé, d’associations et d’élus, une convention de partenariat a été signée entre le CHU de La Réunion et le Groupe de Dialogue Interreligieux. Dans le même temps, un totem « Hôpital Ambassadeur du Don d’Organes » a été dévoilé.

Aurore Cadet, Huguette Bello, présidente de la Région Réunion, ainsi que plusieurs représentants du CHU et partenaires ont assisté à la cérémonie de dévoilement du label « Hôpital ambassadeur du don d’organes » au CHU Sud.

 

Derrière cette cérémonie se cache un message simple mais essentiel : parler du don d’organes en famille peut sauver des vies.

Lors de son intervention, Aurore Cadet, représentante du Collectif Greffe+, a rappelé la portée de ce symbole. Selon elle, ce totem est avant tout « un lieu de mémoire et de reconnaissance », dédié aux donneurs et à leurs familles.

« Nous sommes tous donneurs, nous sommes tous receveurs. Informons donc nos proches sur le choix de notre décision », a-t-elle insisté devant l’assemblée.

Un message qui résonne particulièrement à La Réunion, où les besoins restent importants.

 

Après la signature de la convention, les représentants du Groupe de Dialogue Interreligieux, du CHU et des institutions partenaires ont posé ensemble pour marquer cette nouvelle étape dans la sensibilisation au don d’organes.

Plus de 300 personnes en attente d’une greffe rénale

Présente lors de l’événement, Huguette Bello a rappelé l’ampleur de l’enjeu sanitaire.

« C’est une belle journée parce que les Réunionnais le savent et tous ceux qui en ont besoin savent aussi que le don d’organes est une urgence sanitaire majeure à La Réunion. »

La présidente de la Région a indiqué que 94 greffes avaient été réalisées cette année, mais que plus de 300 personnes étaient encore en attente d’une greffe rénale.

« Cette magnifique générosité, il faudrait qu’elle soit encore plus grande », a-t-elle déclaré.

Pour elle, le don d’organes est un acte médical à part.

« Il est à la fois spirituel et médical. La Réunion est une région très spirituelle et cette convergence avec les représentants religieux est importante. »

 

Le représentant du Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion signe à son tour la convention conclue avec le CHU.

Le poids des questions spirituelles

La signature de la convention avec le Groupe de Dialogue Interreligieux vise justement à répondre aux interrogations que peuvent se poser certaines familles au moment où la question du don d’organes se présente.

Daniel Minienpoullé, président du Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion, explique que les représentants des cultes interviennent déjà depuis plusieurs années auprès du CHU.

« Nous ne sommes pas des professionnels de santé. Nous sommes là pour faire le lien entre l’humain, le patient et l’institution hospitalière. »

Selon lui, contrairement aux idées reçues, les refus liés à la religion restent minoritaires.

« Seulement 10 % des refus sont d’ordre religieux. Ce sont souvent des questions spirituelles plus que religieuses. »

L’objectif est donc d’accompagner les familles dans leur réflexion, sans jamais décider à leur place.

« Nous sommes là pour écouter, conseiller. Mais au final, ce sont toujours les familles qui prennent les décisions. »

 

Le directeur général du CHU de La Réunion a rappelé l’importance d’aborder la question du don d’organes au sein des familles réunionnaises.

Un sujet encore trop peu abordé dans les familles

Pour le directeur général du CHU de La Réunion, cette démarche doit permettre d’ouvrir davantage le dialogue.

« Un tiers des refus de don viennent du fait que le sujet n’a jamais été abordé au sein des familles. »

Aujourd’hui encore, seule une famille sur deux évoque la question du don d’organes avec ses proches.

Pourtant, les besoins continuent d’augmenter. Après le développement des greffes rénales, le CHU a lancé les greffes cardiaques et souhaite désormais développer les greffes hépatiques.

« La Réunion est une terre de spiritualité, une terre de religion mais aussi une terre de tolérance », souligne le directeur.

Selon lui, la présence des représentants religieux pourra aider certaines familles à exprimer leurs interrogations dans des moments particulièrement difficiles.

 

Professionnels de santé, associations, familles de greffés et partenaires réunis autour du nouveau totem symbolisant l’engagement du CHU de La Réunion en faveur du don d’organes.

« Il ne faut pas avoir peur du don d’organes »

Au moment du dévoilement du totem, l’émotion était palpable parmi les participants.

 

Le monument rend hommage aux donneurs, à leurs familles et à tous ceux qui permettent chaque jour de sauver des vies grâce à la greffe.

Avant de quitter la cérémonie, Huguette Bello a adressé un dernier message à la population réunionnaise :

« Il ne faut pas avoir peur du don d’organes. Dans la vie, il faut donner, il ne faut pas chercher seulement à prendre. Il faut vraiment avoir ce grand acte de générosité. »

Un appel à la solidarité qui prend tout son sens lorsque l’on sait qu’un seul donneur peut sauver plusieurs vies.

 

Le totem « Hôpital ambassadeur du don d’organes » installé dans le hall du CHU Sud porte plusieurs messages de gratitude adressés aux donneurs et à leurs familles.
Échange des documents signés entre le directeur général du CHU de La Réunion et le représentant du Groupe de Dialogue Interreligieux.
Le directeur général du CHU de La Réunion signe la convention de partenariat avec le Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Canicule en Metropole: 13 morts par noyade au cours du week-end

Free Dom