Plus qu’un simple conseil communautaire, la séance d’hier soir a marqué l’acte de naissance opérationnel de la CINOR. Entre nominations stratégiques, riposte face à la crise du carburant et solutions concrètes contre le stress hydrique, l’intercommunalité du Nord affiche ses ambitions sous le signe de l’efficacité et de la proximité.
Le décor est posé. Après plus de deux heures de débats, la CINOR dispose désormais de son ossature complète. Ce deuxième conseil communautaire avait pour mission principale de stabiliser l’organisation politique et administrative de l’institution.
Une organisation verrouillée pour 6 ans
Pour fonctionner, une collectivité a besoin de bras et de têtes. C’est désormais chose faite avec l’installation des quatre commissions thématiques. Chacune, composée de 17 membres, assure un équilibre entre les trois villes du Nord (Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne).
Au total, 51 désignations ont été actées pour représenter la CINOR dans les organismes extérieurs, des associations aux structures satellites complexes. Si la conseillère Julie Montalba a soulevé une injustice sur la parité dans ces représentations extérieures, un héritage des désignations municipales, l’exécutif a rappelé une exception réunionnaise notable : le bureau de la CINOR, lui, est quasiment paritaire avec 8 hommes et 7 femmes.

Face à la crise : doubler les transports, réduire les coûts
Le Nord ne veut pas subir la crise internationale et l’envolée des prix du carburant. Le Président et son équipe ont annoncé un plan d’action immédiat. Dès la fin de ce mois, l’offre de transport sera drastiquement renforcée :
Lignes directes : Les navettes spéciales reliant Sainte-Suzanne et Sainte-Marie à Saint-Denis passent de 4 à 8 rotations chaque matin.
Transport de nuit : Le dispositif de réservation pour les travailleurs de nuit est également doublé.
En complément, une campagne de sensibilisation sera lancée en mai pour promouvoir l’écomobilité et des réflexes simples (pression des pneus, entretien moteur) afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages.
L’eau : une ressource sous haute surveillance
Anticipant le stress hydrique qui menace l’île, la CINOR innove. Lors du prochain Salon de la Maison, l’intercommunalité proposera des citernes d’eau (400 à 600 litres) à un prix symbolique de 30 euros. L’objectif est de permettre aux administrés de récupérer l’eau de pluie pour l’arrosage ou l’entretien, et ainsi sanctuariser l’eau potable pour les usages essentiels.
La méthode : « 100 jours pour écouter et transformer »
Adoptant une tactique issue du secteur privé, l’exécutif s’est donné une période de 100 jours de « rapport d’étonnement ».
« Il s’agit d’ouvrir grand ses oreilles et ses yeux, d’écouter le personnel et les partenaires pour ajuster nos politiques. Nous devons être plus efficients et moins gaspiller l’argent public », a martelé le président de l’intercommunalité de la CINOR, Jacques Lowinsky.
Malgré le sérieux des enjeux, la séance a été marquée par un climat de respect et une touche d’humour créole. Une volonté affichée de « dédramatiser » les dossiers pour mieux travailler ensemble.
Prochain rendez-vous majeur : le 10 juin, pour un nouveau conseil qui devrait acter des mesures supplémentaires de protection du territoire.
















