Conflit URCOOPA–TERRACOOP : Rupture des négociations et arrivée d’une nouvelle gouvernance à l’Urcoopa

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Le conflit entre Terracoop et la direction historique de l’Urcoopa franchit un nouveau cap. Dans un communiqué, Terracoop accuse Henri Lebon, ex Président d’Urcoopa, d’avoir fait échouer les négociations engagées autour du sauvetage de la Soficoop, et révèle un changement de gouvernance intervenu dès le 20 mars.

Tout semblait pourtant s’orienter vers une désescalade. Le 20 mars dernier, le président de Terracoop, Jérôme Gonthier, annonçait publiquement sa volonté de suspendre son plan de sauvetage concurrent « pour travailler à une solution commune avec les autres acteurs, notamment Sicalait ». Dans la foulée, les deux structures avaient demandé à leurs avocats de suspendre les procédures en cours, marquant un « cessez-le-feu » destiné à ouvrir des négociations.

Mais cette tentative de rapprochement a rapidement tourné court. Selon Terracoop, le Président Henri Lebon a refusé toute discussion, sauf à une condition : que soient abandonnés définitivement – et non suspendus – le plan alternatif de sauvetage de la Soficoop ainsi que l’ensemble des actions judiciaires engagées, notamment celles portant sur un abus de position dominante. Des exigences jugées « inacceptables » par Terracoop, qui dénonce une absence totale de contreparties et une « stratégie de blocage ».

Un conseil d’administration décisif tenu le 20 mars

Au-delà de l’échec des négociations, Terracoop et Sicalait révèlent aujourd’hui un élément majeur resté jusqu’ici confidentiel : la tenue d’un conseil d’administration de l’Urcoopa le 20 mars, dans un cadre légal validé la veille par le juge des référés du tribunal judiciaire de Saint-Denis.

Selon la décision de justice, les modalités de convocation de ce conseil respectaient bien les statuts de l’organisation, rejetant ainsi les tentatives d’opposition portées par Henri Lebon.

Ce conseil d’administration, auquel Henri Lebon et ses alliés n’ont pas participé, disposait néanmoins du quorum requis. Les décisions prises à l’unanimité marquent un tournant :

  • la révocation de l’ensemble du bureau,
  • la fin des fonctions de président d’Henri Lebon, Christian Dijoux restant maintenu à la Direction Générale
  • la nomination d’Olivier Boyer (Sicalait) à la présidence,
  • et celle de Florent Malet (Terracoop) comme vice-président.

Dans le même temps, l’assemblée générale visant à exclure Terracoop a été annulée, mettant fin à une dynamique d’affrontement ouverte.

Pourquoi ces décisions n’ont-elles pas été rendues publiques immédiatement ? Terracoop explique avoir choisi, dans un premier temps, de garder le silence afin de favoriser un climat d’apaisement et de permettre la reprise du dialogue.

Mais face à ce qu’elle décrit comme un refus persistant de négocier de la part d’Henri Lebon, l’organisation estime désormais nécessaire de « rétablir la vérité », en s’appuyant notamment sur des constats d’huissier.

Une nouvelle gouvernance qui appelle au rassemblement

Pour Terracoop et Sicalait, la mise en lumière de cette nouvelle gouvernance se veut un « choix de responsabilité ». L’objectif affiché est de sortir du conflit et de recentrer l’Urcoopa sur ses missions : le soutien aux éleveurs, le développement de la filière agricole réunionnaise et l’autosuffisance alimentaire du territoire.

Les nouveaux dirigeants, Olivier Boyer et Florent Malet, affirment vouloir « rétablir la confiance » et replacer les exploitants au cœur des décisions. « L’heure n’est plus aux manœuvres. Elle est à l’action collective. Nous appelons toutes les bonnes volontés à se réunir pour l’avenir de la filière agricole réunionnaise ».

Des consultations doivent être lancées dans les prochains jours avec l’ensemble des acteurs de la filière afin de construire un plan « crédible et partagé ».

Cette nouvelle séquence confirme la profondeur des divisions au sein de la filière agricole réunionnaise. Entre batailles juridiques, affrontements de gouvernance et enjeux économiques majeurs autour de la Soficoop, l’issue du conflit reste incertaine.

Une chose est sûre : après l’échec des négociations, le bras de fer entre les protagonistes est désormais ouvert, avec en toile de fond l’avenir de toute une filière.

Yves Mont-Rouge

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Téléphone : 0692 85 39 64

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