En marge de la soirée « Welcome IndiGo » à la Villa Lenoir, l’Ambassadeur de France en Inde a multiplié les échanges stratégiques à Saint-Denis. Accueilli par le Préfet Patrice Latron, le diplomate a tracé les contours d’une feuille de route ambitieuse visant à reconnecter plus étroitement La Réunion avec le géant indien, tant sur le plan humain qu’économique.
Si la proximité géographique entre La Réunion et l’Inde est une évidence cartographique, l’ambassadeur a souligné la nécessité de transformer ce lien historique et culturel en un levier de croissance concret. Entre redécouverte des racines tamoules et opportunités de business, le constat est clair : le potentiel de synergie reste largement sous-exploité.

Le défi de la mobilité étudiante : l’objectif 2030
L’un des enjeux majeurs de cette visite concerne la jeunesse. Actuellement, la France n’accueille que 11 000 étudiants indiens, un chiffre jugé trop faible par l’Élysée qui ambitionne de le tripler d’ici 2030.
Deux freins principaux ont été identifiés : la barrière de la langue et l’absence de réseaux communautaires denses pour encadrer les nouveaux arrivants. Pour y remédier, l’Ambassade mise sur les « classes internationales ».
Ce programme, déjà soutenu par une trentaine d’universités, prévoit des cursus préparatoires intégrant l’apprentissage du français et des méthodologies académiques. L’Université de La Réunion se positionne déjà comme un partenaire clé pour amorcer ce flux bilatéral, incluant également l’envoi de volontaires réunionnais en Inde.
Un partenariat économique « chirurgical »
Avant son entretien avec le préfet, l’ambassadeur s’était entretenu longuement avec les acteurs économiques locaux, notamment les chambres consulaires et le MEDEF. Pour le diplomate, l’heure n’est plus à l’éparpillement mais à une stratégie ciblée où chaque investissement doit répondre à un besoin mutuel. Cette approche « chirurgicale » vise à identifier précisément les secteurs réunionnais prêts à accueillir des capitaux indiens, tout en orientant les entreprises locales vers des zones de convergence naturelles.
Si la présence française est déjà solidement ancrée à Bangalore ou Chennai, des États comme le Tamil Nadu, le Gujarat et le Kerala apparaissent désormais comme les partenaires prioritaires pour les projets réunionnais. Cette dynamique s’appuiera notamment sur une nouvelle plateforme numérique conçue pour mettre en relation directe les start-ups, les PME et les centres de recherche des deux territoires afin de faciliter le financement de projets innovants.

Le ciel s’éclaircit pour le commerce
L’arrivée de la compagnie IndiGo et les facilités de transit (notamment l’assouplissement des visas pour les passagers en continuation) marquent une étape cruciale pour désenclaver le territoire.
Enfin, la question des accords de libre-échange a été abordée avec pragmatisme. Contrairement aux crispations suscitées par le Mercosur, l’accord entre l’Inde et l’Europe semble mieux accueilli. En excluant les secteurs les plus sensibles, il ouvre la voie à une fluidification des échanges sans menacer les filières locales fragiles.
« Il ne s’agit pas de tout faire, mais de faire ce qui est utile pour les deux territoires », a conclu l’ambassadeur, rappelant que les entreprises françaises emploient déjà plus de 500 000 personnes en Inde.
Un modèle de réussite que La Réunion, par sa position centrale dans l’océan Indien, a désormais toutes les cartes en main pour intégrer.















Je salue cette coopération, c’est une construction de la Force tranquille.
Je viens saluer cette coopération, cela démontre une richesse sociétale entre la France et l’ Inde par le métissage et l’ histoire océanique des départements de l’ océan indien