Le diocèse de La Réunion s’apprête à célébrer un événement marquant avec les 50 ans d’épiscopat de Mgr Gilbert Aubry. À cette occasion, une messe jubilaire sera concélébrée le 1er mai 2026 à 14h30 sur l’esplanade de la Rivière des Pluies à Sainte-Marie, dans le cadre du traditionnel pèlerinage à la Vierge Noire. Plusieurs personnalités religieuses de la région, dont le nonce apostolique Mgr Tomasz Grysa ainsi que des évêques de Maurice et de Madagascar, sont attendues pour cette célébration exceptionnelle.
Un pèlerinage où mémoire de l’abolition de l’esclavage, foi populaire et espérance se rejoignent
La célébration de ce jubilé d’or s’inscrit lors du traditionnel pèlerinage à la Vierge Noire du 1er mai, organisé par la paroisse Saint François Xavier à la Rivière des Pluies dont le curé est le père Justin Mbemba.
Chaque année plusieurs milliers de fidèles catholiques venus de toute La Réunion se retrouvent sur le site pour vivre ensemble cette grande journée mariale. Cette dévotion populaire à la Vierge Noire remonte à la fin du 19e siècle et trouve ses racines dans la mise en place de la statue en 1856 suite à la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception en 1854 par le pape Pie IX.
À l’origine, cette statue est en fonte brute de couleur grise et avec le temps, elle s’est noircie. Elle a été si longtemps abandonnée qu’une légende est née, la rattachant à la nuit noire de l’esclavage. Plus tard, l’histoire du petit esclave Mario, publiée dans le journal paroissial de la Rivière des Pluies, a renforcé cette interprétation populaire. Notons que le site se situe à proximité du couvent originel des Filles de Marie qui, au moment de l’abolition de l’esclavage, ont accueilli les filles blanches de la société et les nouvelles affranchies sur un plan d’égalité.
La légende de l’esclave Mario
Persécuté par son maître, Mario avait décidé de s’enfuir et de se réfugier à l’entrée des gorges profondes de la Rivière des Pluies, non loin de l’église actuelle. Il avait emporté avec lui une statuette en bois d’ébène de la Vierge, cadeau d’une précédente maîtresse. Malgré les recherches et récompenses misées sur sa tête, Mario reste introuvable. Mais un jour des chasseurs de marrons s’approchent de sa cachette : pris au dépourvu, il pose sa statuette et lui adresse une prière. Instantanément, des bougainvilliers se mettent à pousser, obstruant l’entrée du lieu qui l’abritait, empêchant ainsi les chiens des chasseurs de l’atteindre.
Programme de la journée
7h30 – 8h : accueil
8h – 9h : chapelet médité
9h – 10h : adoration
10h – 11h : témoignages
11h – 12h : louange
12h – 13h30 : repas
14h30 : messe présidée par Mgr Gilbert Aubry
Mgr Gilbert Aubry, 1er évêque issu du clergé local
Gilbert Aubry, né le 10 mai 1942 à Saint-Louis (La Réunion) est le fils d’Émile Aubry et de Cornélie née Aubry. Il fait ses études primaires à Piton Saint-Leu, le secondaire au Petit Séminaire de Cilaos, et passe son baccalauréat philosophie au collège Saint Michel à Tananarive (Madagascar) avant de poursuivre sa formation au séminaire des missions des pères du Saint-Esprit à La Croix- Valmer (Var) et à l’Université pontificale grégorienne de Rome (licence en philosophie, 1965). Il revient à La Réunion en 1965 pour effectuer son service militaire en qualité de Volontaire à l’Assistance Technique (VAT). Dans ce cadre, il enseigne au petit séminaire de Cilaos avant de repartir (en 1967) pour Rome où il termine ses études en théologie (licence en théologie, 1971).
Entre temps, il revient à La Réunion où il est ordonné prêtre par Mgr Georges Guibert au Tampon, le 23 août 1970, en l’église Saint François de Sales, saint patron des journalistes. À son retour définitif, il est nommé adjoint du père Jean de Puybaudet à l’Action catholique, il est (de 1971 à 1974) animateur à l’Association Réunionnaise d’Éducation Populaire (AREP).
Il est successivement professeur d’anthropologie chrétienne à l’école de l’Immaculée Conception à Saint-Denis (1967), journaliste (1971-1973) puis rédacteur en chef de Croix-Sud, l’hebdomadaire diocésain (1974-1976). Dans le même temps il apporte sa contribution à diverses publications tout en assumant la tâche d’aumônier des étudiants du Centre Universitaire de La Réunion (1975).
Nommé évêque de La Réunion par sa Sainteté le Pape Paul VI, le 20 novembre 1975, il est ordonné le 2 mai 1976 par Mgr Georges Guibert. « Deviens véritablement le peuple des enfants de Dieu… Deviens un peuple de frères… Deviens peuple d’Espérance et d’Amour », invite-t-il dans son homélie ce jour-là. « Joie et espérance, justice et paix », telle est sa devise.
Gilbert Aubry devient, alors le dixième évêque de l’île, le premier évêque issu du clergé local et le plus jeune évêque du monde. Il exerce son ministère au sein d’un diocèse fort de 72 paroisses et de 120 prêtres. Pendant 47 ans, il s’est évertué à toujours donner le meilleur de lui-même.
Avec Mgr Jean Margéot (diocèse de Port-Louis), il est membre fondateur de la Conférence des Évêques d’Océan Indien, la CEDOI, dont font partie La Réunion, l’île Maurice, Rodrigues, les Seychelles et l’archipel géographique des Comores. ,Avec Gilbert Aubry à la tête du diocèse de Saint-Denis, se réalise ainsi le souhait de Mgr Georges Guibert, qui après Vatican II et face à la naissance d’une « conscience réunionnaise » appelle à la nomination d’un évêque issu du territoire.
« L’essentiel est d’enraciner l’Évangile et la foi à La Réunion par les gens mêmes du pays, de telle manière que, quoi qu’il advienne, la vie de l’Église puisse se maintenir et se développer. Pour autant ce n’est pas l’Église de La Réunion, mais l’Église du Christ qui est à La Réunion », explique Gilbert Aubry.
Il insiste sur l’importance d’avoir toujours à cœur la dimension universelle de l’Église au sein de l’Église locale et de la société réunionnaise, avec ses spécificités ethnoculturelles et religieuses. Dès le départ, il insiste sur le vivre- ensemble réunionnais comme un trésor à préserver et à développer. Il est cofondateur du Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion, le GDIR.
Le 15 octobre 2023, il a transmis la charge de chef du diocèse de Saint-Denis de La Réunion à Mgr Pascal Chane-Teng, nommé évêque par le pape François. Désormais évêque émérite, il est aumônier du couvent de La Providence à Saint- Denis, apportant toujours soutien discret et conseils utiles à ses sœurs et frères en Christ.
Il est nommé au grade de commandeur dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, à celui de commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres et commandeur dans l’Ordre national malgache.
Avec la CEDOI et la CEROI, une dynamique pastorale régionale
Depuis sa proclamation par le Saint-Siège le 2 mai 1985, la Conférence des Évêques d’Océan Indien, la CEDOI, qui regroupe les diocèses de Port-Louis (île Maurice) Saint-Denis (La Réunion), Port-Victoria (Seychelles), les vicariats apostoliques de Rodrigues et de l’archipel des Comores (Comores et Mayotte), poursuit sa dynamique fraternelle et son travail de coordination et d’harmonisation de l’action de l’Église dans cette zone du sud-ouest de l’océan Indien.
Chaque année, la CEDOI tient son assemblée plénière dans l’une de ces îles avec une partie du programme consacré à un sujet de réflexion, nourrit par l’apport de laïcs invités spécialement. Lors de l’édition 2025, les évêques ont créé la CEROI, Conférence Épiscopale Région Océan Indien afin de renforcer les liens avec Madagascar. Chaque année la CEROI sera représentée au Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (abrégé SCEAM), une structure de l’Église catholique qui regroupe l’ensemble des conférences épiscopales, régionales et nationales, catholiques d’Afrique et de Madagascar.
Poète de la Créolie
Gilbert Aubry, homme de l’action pastorale voue aussi sa vie à la création littéraire. Son entrée en littérature remonte au tout début des années 1970. En 1971, il participe à Poésia 71, un recueil publié à Rome. Dans le même temps paraît à La Réunion la première édition de Rivages d’Alizé riche de 30 poèmes.
En 1975, une nouvelle édition de Rivages d’Alizé est offerte au public, augmentée d’un chapitre intitulé « Vitrail corallien ». En novembre 1978 il sort Hymne à la Créolie. Ce texte est considéré comme l’acte de naissance d’un mouvement de quête de l’identité. Ce mouvement, bien que contesté à l’époque dans les milieux politiques tant de droite que de gauche, se pose en point de référence incontournable du débat culturel à La Réunion.
« La Créolie peut se définir comme la volonté de développer une conscience culturelle collective réunionnaise », explique-t-il. Pour lui le concept va au-delà de la « blanchitude » et de la « négritude ». La Créolie existe en fonction de l’Homme réunionnais. « Je parle de l’Homme réunionnais car nous avons un enracinement géographique, historique, culturel, religieux, anthropologique bien particulier. Autrement nous n’existons pas ».
L’œuvre poétique de Gilbert Aubry est riche de nombreux recueils. Outre ceux cités plus haut, il y a entre autres : Sois Peuple, Poétique Mascarine, Cœur Brûlant, Lumière sur Rivière Noire, Cœurs à la grand voile, Hymne à la vie, Mon Grand Pays, Nous d’aujourd’hui, Secret d’Origine.
La poésie de Gilbert Aubry est dédiée, comme il le dit lui-même, « à tous ceux qui croient en la Vie… À tous ceux qui – chacun à sa façon – sont poètes et artistes, créateurs au souffle de la Vie ».
En partage, son poème « Volcan »
Les phénomènes fascinants que l’île nous offre continuent d’inspirer la création poétique de Mgr Gilbert Aubry. Dernièrement, il a écrit un texte en prose en lien avec l’éruption du Piton de la Fournaise. Il tient à le partager à la presse locale. Le voici.
VOLCAN
L’océan austral mouline ses galets de basalte dans un sonore maelström de roulements à billes. Toute la montagne finira en grains de sable aux reflets d’olivine. « La Fournaise » travaille toujours avec cette nostalgie rageuse d’un imposant ziggourat à la conquête du ciel.
Le cœur de notre planète bouillonne d’impatience cosmique. La nuit venue, notre île du bout du monde se laisse bercer par les mélopées, mélopées toujours recommencées qui montent des flots indianocéaniens vers un brillant manteau d’étoiles. Le cœur de la Terre et le cœur de notre île s’entrelacent amoureusement dans un cœur à cœur galactique.
Ce cœur palpite de feu et de sang. Il se déchire. Il flambe. Il s’épanche et s’étale en coulées de laves rougeoyantes. La Terre tout entière pressent scientifiquement et médiatiquement, comme la fin d’un monde où il nous faudra passer d’un bord de la route à l’autre bord de la route coupée par un mur infranchissable avec nos seules forces humaines.
Haut les cœurs ! Accrochons-les à la chaîne de solidarité fortifiée par le chemin lui- même, la vérité et la vie dans notre propre cheminement à tous. Le volcan se jette à la mer. Il nous invite à une plongée baptismale dans l’eau et le sel qui se vaporisent ensemble en nuages pour nous transmuer en messagers de beauté : la beauté de la nature se partage à l’infini et redonne le goût de vivre à la vie elle-même, avec nos efforts indispensables.
Sur les cendres noires des arbres métamorphosés en torches enflammées – en comptant avec le temps – les mousses et les lichens reviendront dans une écologie en gémissements d’espérance. Puis, apparaîtront les fougères annonçant la poussée des verdoyants filaos dont la mâture siffle et chante dans le grand vent de l’Esprit.
Construction, déconstruction, reconstruction. Nos volcans sont la matrice d’une île unique au monde où les humains, de génération en génération, feront chanter la vie comme les grains de sable au bord de la mer et les étoiles au fond du ciel disent déjà la puissance de l’Eternel Amour qui fait tout exister pour la réussite du grand chantier de notre amour fraternel.


















bne anniversaire monseigneur
Deux personnages qui devraient prendre leur petite retraite tranquille, ou la ravine coule douce avec les cabris
Que de vies brisées dans l’ombre de son bureau… 50 ans de Mal que sa charge d’évêque lui permet de cacher pour se présenter en héros. Chaque vie brisée est un drame complet que rien ne peut excuser.
Je suis d’accord il l a suffisamment profité ! Un clochard devant une église cela n’existe pas ! Par contre un riche a son banc numéroté !! Qu’est-ce cette religion ,? Un monde d’invalide d’exprit a gratter du ponion , analyser la banque du Vatican, , comment peux t’on croire a ces pourvoyeurs a profiter de l’âme d’un humain ! Ce n’est que du business, les apôtres imaginaire et un dieux introuvable !
Li la point le nombre de trimestre pou son retraite !!! i faut li rebiss encore un ti peu !!!
Il faut qui continue a s’eshiber ! Comme certains élu
Quand un roi y cède son trône on l appelle roi émérite, mais lui li lé plus que dieu on dirait
Lui ! c’est Gibert Aubry, il a bien trouvé sa voie professionnelle ! Et surtout pas de concurrence avec les mêmes qui ont voulu copier le busness la starlette en quatre par trois il a peint ! C’est vraiment un personnage biblique
L’évêque obéit au doigt et à l’oeil du gros vicaire qui est frustré de ne pas avoir été nommé évêque! L’envie et la jalousie ne sont-ils pas des péchés? Vouloir être calife à la place du calife, faire que tout tourne autour du Tampon, ça devient indécent. L’orgueil d’un curé qui rêve d’être évêque. Dieu est le seul juge…
pourquoi lu la donne sa place a mr chane teug si le toujours moseigneur alor mi comprend pu rien la
C’est son homme de paille ce chane teug
et zis k quand ce zistouar ?
Ah bon ? Mi croyé lu té pu évêque ?
Dans ce cas, comment lu fé po fête ses 50 ans ?
Trop fort.
Si lu té ve vréman fête son jubilé, lu noré dû attend encore un peu avant laisse la place.
Un komik encore ce Gilbert