Le maire de Saint-Benoit, Patrice Selly, a décidé de renforcer l’action municipale contre l’insalubrité dans les logements sociaux. C’était une de ses promesses électorales faites durant les dernières élections municipales.
Pour se faire, Patrice Selly, a réuni en mairie, ce mercredi après-midi, 8 juillet, les bailleurs sociaux présents sur le territoire communal, à savoir la SIDR, la SHLMR, la SEDRE, la SEMAC et la SODIAC ainsi que les services administratifs de la Ville et de la Cirest. Cette rencontre vise à mettre en place une nouvelle organisation destinée à accélérer le traitement des situations d’insalubrité dans les logements sociaux.


L’objectif annoncé est de renforcer les capacités de contrôle de la commune et d’améliorer l’accompagnement des locataires confrontés à des logements dégradés. Un agent assermenté sera chargé des contrôles sur les logements sociaux signalés. Si le nombre de dossiers le nécessite, la municipalité n’exclut pas de renforcer les effectifs affectés à cette mission.
« Nous avons constaté qu’il y avait énormément de retard au niveau des interventions », a indiqué le maire, estimant que de nombreux locataires attendent trop longtemps la réalisation de travaux pourtant nécessaires.
Une situation illustrée à la résidence « Ibiza »
Quelques heures après cette réunion, Patrice Selly s’est rendu, en compagnie de sa directrice de cabinet, Merry Laballe, auprès d’une locataire de la résidence « Ibiza », rue Amiral-Bouvet. Cette mère de famille, auparavant installée à la résidence Labourdonnais, avait été relogée en urgence avec ses proches après le passage du cyclone Garance.



Malgré ce relogement, la situation reste difficile. Son appartement présente d’importantes infiltrations d’eau et, selon le maire, les réparations sont attendues depuis plus d’un an. « Ce cas illustre les lenteurs signalées depuis plusieurs mois », souligne Patrice Selly.
Dans un premier temps, la municipalité souhaite privilégier « une démarche amiable » de travail avec les bailleurs sociaux. Patrice Selly affirme avoir obtenu leur accord sur ce nouveau dispositif, fondé sur un suivi plus régulier des dossiers et une meilleure réactivité des interventions.

La commune indique toutefois qu’elle pourra recourir à des mesures plus contraignantes si les dysfonctionnements persistent et si des manquements au règlement sanitaire départemental continuent d’être constatés.
Parmi les mesures envisagées figurent des amendes forfaitaires pouvant aller jusqu’à 750 euros par infraction constatée. La Ville pourrait également saisir la CAF (Caisse d’allocations familiale) afin de demander la suspension de la part de l’aide au logement versée directement au bailleur concerné, tant que les travaux nécessaires n’auront pas été réalisés.

En dernier recours, la municipalité accompagnera les locataires devant les tribunaux afin d’obtenir la condamnation des bailleurs défaillants, l’exécution des travaux sous décision de justice et, le cas échéant, des dommages et intérêts pour les familles concernées.
Un comité de suivi à partir de septembre
Pour suivre l’évolution de cette organisation, un comité de suivi réunissant la Ville, la Cirest et les bailleurs sociaux sera mis en place. Il se réunira tous les deux mois pour examiner les dossiers en cours et vérifier l’avancement des travaux. La première réunion est prévue en septembre prochain.
Cette initiative intervient alors que plusieurs centaines de logements sociaux de Saint-Benoît seraient aujourd’hui concernés par des situations d’insalubrité, sur les milliers de logements que compte la commune. La municipalité entend désormais faire de ce dossier une priorité, avec un suivi renforcé et, si nécessaire, le recours à des sanctions. Ecoutez le maire de Saint-Benoit, il est au micro d’Yves Mont-Rouge :















