Les employeurs réunionnais prévoient 33 900 recrutements en 2026, soit une baisse de 3 % par rapport à 2025. Ce recul, équivalent à 1 100 projets d’embauche en moins, intervient après plusieurs années de fluctuations et confirme un ralentissement modéré du marché du travail local, sans remettre en cause un niveau globalement soutenu d’intentions de recrutement.
Au total, 26 % des établissements envisagent de recruter cette année, contre 27 % un an plus tôt. Le secteur privé concentre toujours la majorité des besoins, avec 19 800 projets, soit 58 % de l’ensemble. Les établissements publics et les associations représentent respectivement 7 800 et 6 300 embauches prévues.
Un secteur privé en léger repli
Dans le détail, le secteur privé enregistre une baisse limitée de ses intentions (-1 %), soit 300 projets de moins qu’en 2025. Cette évolution s’explique en partie par un recul de la proportion d’entreprises prêtes à embaucher, passée de 24 % à 23 %.
Les petites structures apparaissent particulièrement concernées : les établissements de moins de 10 salariés enregistrent une diminution de 8 % de leurs projets, tandis que les entreprises de plus grande taille affichent une progression de 4 %.
Des évolutions contrastées selon les secteurs
La baisse globale masque des dynamiques sectorielles divergentes. Les services aux entreprises et le commerce enregistrent un recul marqué, avec respectivement -14 % et -13 % de projets de recrutement.
À l’inverse, plusieurs secteurs affichent une progression :
- la construction (+11 %, avec 3 100 embauches prévues),
- l’industrie (+9 %, soit 2 000 recrutements),
- l’agriculture (+3 %, 850 projets),
- et surtout les services aux particuliers (+4 %, 7 050 embauches).
Ces derniers concentrent à eux seuls 35 % des besoins du secteur privé, portés notamment par la santé et l’action sociale, en forte hausse (+22 %).
Des tensions persistantes sur le marché du travail
Malgré un léger recul, les difficultés de recrutement restent élevées. En 2026, 47 % des projets sont jugés difficiles par les employeurs, soit près d’un recrutement sur deux.
Ces tensions concernent particulièrement :
- les petites entreprises,
- les secteurs de l’agriculture,
- la construction,
- et l’hébergement-restauration.
Dans certains domaines, comme l’agriculture, plus de 6 projets sur 10 sont considérés comme difficiles, une proportion en nette augmentation.
Des besoins concentrés sur quelques métiers
Les intentions d’embauche se concentrent sur un nombre limité de professions. Dans le secteur privé, les métiers les plus recherchés sont :
- les aides de cuisine et employés polyvalents de la restauration (environ 1 300 projets),
- les aides à domicile et auxiliaires de vie (plus de 700),
- les employés de libre-service (730),
- les maçons qualifiés (710),
- et les caissiers (700).
Plus largement, les besoins se répartissent principalement entre trois grands domaines :
- le bâtiment et les travaux publics (16 % des projets),
- le commerce (15 %),
- et l’hôtellerie-restauration-alimentation (14 %).
À eux seuls, ces secteurs concentrent près de la moitié des recrutements envisagés.
Des disparités territoriales marquées
Les intentions d’embauche varient sensiblement selon les territoires. Le Nord de l’île prévoit 9 700 recrutements (-6 %), l’Est 4 700 (-12 %), tandis que le Sud affiche une légère hausse avec 10 800 projets (+2 %). L’Ouest se distingue par une progression des besoins dans le secteur privé (+6 %), malgré une baisse globale limitée à -1 %.
Ces écarts reflètent des dynamiques économiques locales différenciées, mais aussi des structures sectorielles propres à chaque bassin d’emploi.
Un marché du travail sous tension structurelle
Au-delà des variations conjoncturelles, l’enquête met en évidence une caractéristique persistante du marché du travail réunionnais : la coexistence d’un volume élevé d’intentions d’embauche et de difficultés importantes à recruter.
Ce décalage, particulièrement visible dans les métiers peu qualifiés ou saisonniers, mais aussi dans certains métiers techniques, pose la question de l’adéquation entre l’offre de travail et les besoins des employeurs, dans un contexte où la formation et l’attractivité des métiers restent des enjeux centraux.














