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Municipales 2026 : « l’a couv’ ti poules, l’a sort’ ti canards ! »

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Un titre pour rire un peu. Mais les choses vont tellement vite que, figurez-vous, les municipales de mars 2026, c’est presque de l’histoire ancienne. L’heure est grave. Et pour une fois, ce n’est ni une formule ni un effet de style. Depuis que Donald Trump – que certains pourraient ironiquement rebaptiser “prix Nobel de la violence” – a décidé de jouer avec les allumettes sur la scène internationale, en embarquant dans son sillage son allié israélien Benyamin Netanyahou, le Moyen-Orient s’embrase à nouveau, et, comme toujours, les conséquences ne vont pas rester cantonnées à des cartes géopolitiques ou à des débats télévisés : elles vont arriver, très concrètement, à la pompe. Des conséquences qui, telles des missiles nucléaires vont exploser votre porte-monnaie.

Car chacun le sait, dès que cette région du monde s’enflamme, les prix du pétrole suivent. Et derrière, c’est toute la chaîne qui explose. Transport, alimentation, produits de première nécessité… et bien sûr carburants. D’ici quelques jours, au 1er avril (non, ce n’est pas un poisson) les tarifs pourraient bien repartir à la hausse. Fortement. Le préfet Patrice Latron commence déjà à tirer la sonnette d’alarme.

Alors on fait quoi ? On sort encore le portefeuille ? On serre les dents ? On réduit les déplacements ? On laisse la voiture au garage en espérant que ça passe ? Impossible. Il faut bien aller bosser pour gagner sa croûte. Ici, contrairement à d’autres pays où les transports en commun sont développés, il n’y a pas vraiment d’alternative (hormis le réseau Car Jaune et les réseaux des intercos) à la voiture.

Hausse du prix des carburants : et si on reparlait de pouvoir d’achat, thème fort de ces 2 mois de campagne électorale des municipales ?

Pour beaucoup de familles, il n’y a déjà plus de marge. Le plein de carburants est devenu une angoisse. Aller travailler coûte de plus en plus cher. Se déplacer n’est plus un confort, c’est un luxe. Et qu’avons-nous entendu pendant deux mois de campagne électorale pour les municipales ? Du pouvoir d’achat, du pouvoir d’achat, encore du pouvoir d’achat. Des promesses, des engagements, des grandes déclarations. Très bien. Maintenant on fait quoi messieurs-dames les élus.es ? Maintenant que la situation se tend, maintenant que les prix risquent de s’envoler, maintenant que les Réunionnais vont, une fois de plus, passer à la caisse… que proposent concrètement nos élus et nos candidats ? Silence radio ?

Et du côté du gouvernement, même question. Va-t-on continuer à regarder les prix grimper sans agir ? Ou, va-t-on enfin s’attaquer à ce qui pèse réellement sur la facture ? Il faut dire les choses clairement : dans chaque litre d’essence ou de gazole, une part énorme, c’est de la fiscalité. TICPE, TVA… des taxes qui s’additionnent qui profitent à l’Etat (des centaines de millions voire des milliards d’euros) et aux collectivités locales et qui, au final, étranglent les consommateurs. Cela dit, rappelons que la Région, fait déjà un geste de 3 € sur la bouteille de gaz.

Mais la question mérite quand même d’être posée : l’État est-il prêt à faire un geste ? Idem pour la Région ? À réduire temporairement ces taxes pour soulager les ménages ? Ou, va-t-on encore demander aux citoyens de faire des efforts pendant que les recettes fiscales, elles, continuent de rentrer ? On ne peut pas, d’un côté, parler pouvoir d’achat en période électorale, et de l’autre, rester immobile quand la réalité rattrape tout le monde. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de discours. Il s’agit d’actes. Parce que sinon, très vite, la question ne sera plus “combien coûte le litre ?” mais “qui peut encore se permettre de faire le plein ?”, en sachant que pour un plein, à part de ce 1er avril, il faudra 10 à 15 euros supplémentaires. Au boulot messieurs, dames les élus.es ! Vous disposez de certains leviers économiques pour alléger les dépenses des ménages. Il en va de même du côté des pétroliers, qui feraient bien de partager les recettes et de ne pas se « gaver » seuls sur le dos consommateurs !

Huguette Bello (robe jaune), présidente de Région : « Lorsque le prix du carburant augmente, la TSCC, qui est forfaitaire, diminue en part relative, et la Région, comme les autres bénéficiaires de cette taxe (Département, communes et EPCI), ne perçoit aucune recette supplémentaire ».

La Région a répondu depuis ce jeudi, dans un communiqué, en précisant : « S’agissant plus particulièrement de l’essence, la Région tient à rappeler que la taxe spéciale sur la consommation de carburants (TSCC) n’a pas varié depuis plus de vingt ans et qu’elle est très inférieure à celle en vigueur dans l’Hexagone (accise sur les produits pétroliers). Lorsque le prix du carburant augmente, la TSCC, qui est forfaitaire, diminue en part relative, et la Région, comme les autres bénéficiaires de cette taxe (Département, communes et EPCI), ne perçoit aucune recette supplémentaire ». Et concernant l’octroi de mer, la réponse de la Région est la suivante : « Il convient de
rappeler que l’essentiel du produit de cet octroi de mer est versé directement aux
communes. Dans le contexte inflationniste, tout prélèvement sur ces recettes est
extrêmement délicat et doit, a minima, faire l’objet d’une concertation avec
l’ensemble des acteurs concernés ». Circulez…

Une dynamique incontestable à gauche malgré la défaite de ses trois députés directement impliqués dans cette bataille

Parlons déjà des municipales. Vous remarquerez que moi, contrairement à certains qui ont joué à « Mme Irma », je n’ai rien dit, ni écrit avant le second tour. Je n’avais volontairement pas fait de « Ti Kozman » vendredi dernier, par respect aux électrices et électeurs. Pas de pronostic non plus car, jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas encore le pouvoir de lire ni dans la tête des électeurs, ni dans le marc de café, contrairement à certains grands analystes soit-disant « spécialisés en communication politique » qui savaient déjà les résultats avant même la fin du vote et qui pouvaient se permettre de proclamer « la droite à fond, la gauche au fond ». Sauf que leurs prédictions « l’a fout dan’ fond ».

D’autres grands « sachants », avant même le premier tour, avaient vu « une élection à hauts risques pour Huguette Bello » et s’étaient également permis, dans leur façon d’écrire, de mettre les bâtons dans les roues de certains candidats de l’Union des forces progressistes, notamment à Alexis Chaussalet au Tampon ou encore Emmanuel Séraphin à Saint-Paul, dans le but clairement affiché de donner un coup de pouce aux candidats de droite. Il se trouve qu’au terme du second tour du scrutin, tous ces grands liseurs dans la boule de Cristal se sont magistralement plantés. Et sont contraints aujourd’hui, après un spectaculaire et opportuniste retournement de veste au niveau de la réthorique, d’aller à la soupe en se mettant à plat-ventre devant les nouveaux maires tout en leur faisant de la lèche. Le bal des hypocrites. Ou les papillons la lampe !

Les 24 maires élus au terme des municipales de mars 2026

Plus sérieusement, à propos de ces municipales, je ne vais pas vous refaire le film : 14 maires sur 24 élus dès le premier tour dont une nouvelle en la personne de Camille Clain (52,10%), qui a sorti Bachil Vally de l’Entre-Deux après 25 ans de règne. Les autres, vous les connaissez, ils étaient ont été, en fait, réélus hormis Sidoleine Papaya (66,79%) qui était certes déjà maire de Salazie après avoir hérité du poste de Stéphane Fouassin devenu sénateur depuis 2023, mais elle se présentait pour la première fois en tant que tête de liste. Pour les autres maires élus du premier tour, les scores ont été sans appel : Olivier Hoarau avec 80,46% des suffrages au Port, premier au pourcentage mais c’est Serge Hoareau, son collègue de Petite Ile qui est le mieux élu car il totalise 79,36% des voix mais en faisant plus de 50% des inscrits. Coup de chapeau aussi à l’indétrônable Patrick Lebreton à Saint-Joseph (78%) qui en est à son 5ème mandat, à Jeannick Atchapa à Bras-Panon (69,15%), à Mathieu Hoarau à l’Etang-Salé (65,49%), à Patrice Selly à Saint-Benoit (65,20%), à Ericka Bareigts à Saint-Denis (62,21%), à Johnny Payet à la Plaine-des-Palmistes (58,99%), à Michel Vergoz à Sainte-Rose (58,27%), à Juliana M’Doihoma à Saint-Louis (55,29%), à Olivier Rivière à Saint-Philippe (53,88%) et à Eric Ferrère aux Avirons (51,53%). 14 maires élus dès le 1er tour, c’était du jamais vu à la Réunion.

A La Possession, au Tampon, à Sainte-Suzanne, à Saint-Leu, à Cilaos l’a couv’ ti poules l’a sort’ ti canards dans le sens où les maires élus avaient terminé deuxième au soir du 1er tour, et parfois même, loin derrière le premier.

Pour les dix autres maires, il aura fallu un second tour s’est achevé le 22 mars avec des surprises de taille : la chute de Patrice Thien-Ah-Koon au Tampon face au jeune Alexis Chaussalet, 32 ans, le plus jeune maire de cette cuvée 2026. A noter qu’en 1972, Jean-Paul Virapoullé avait 28 ans en devenant maire de Saint-André. Autres surprises de taille : la défaite de Thierry Robert face à Karim Juhoor ; l’échec de Vanessa Miranville à la Possession face à Erick Fontaine, porté par Philippe Robert et Vincent Rivière et l’éviction de Jacques Técher à Cilaos par Laïla Nassibou. Quatre maires sortants dont Patrice Thien-Ah-Koon qui se présentait pour la première fois en tant que tête de liste à des élections municipales mis en échec. A noter par ailleurs la spectaculaire élection d’Alexandre Laï-Kane-Chéong à Sainte-Suzanne, qui a battu Frédéric Maillot ainsi que la victoire d’Emmanuel Séraphin (premier scrutin en tant que tête de liste) à Saint-Paul face à Cyrille Melchior, de Joé Bédier face à Laurent Virapoullé, soutenu par son frère Jean-Marie à Saint-André, de David Lorion qui a donné « un lastic » à Emeline K’Bidi vu l’écart de voix, de Daniel Pausé à Trois-Bassins et bien entendu de Céline Sitouze, la première femme à accéder aux fonctions de maire à Sainte-Marie.

Les six femmes maires de la Réunion : Camille Clain (Entre-Deux), Juliana M’Doihoma (Saint-Louis), Laïla Nassibou (Cilaos), Ericka Bareigts (Saint-Denis), Sidoleine Papaya (Salazie) et Céline Sitouze (Sainte-Marie)

Six femmes maires : Ericka Bareigts à Saint-Denis, Juliana M’Doihoma à Saint-Louis et pour la première à ce poste Céline Sitouze à Sainte-Marie, Sidoleine Papaya à Salazie, Laïla Nassibou à Cilaos et Camille Clain à l’Entre-Deux.

Incontestablement, au lendemain de ces municipales de mars 2026, la dynamique est à gauche qui fait tomber le Tampon, Sainte-Marie et Cilaos et qui garde Saint-Paul, Saint-André, Saint-Joseph, Saint-Benoit, Saint-Denis et le Port. On peut dire en effet que la majorité régionale sort vainqueur du second tour du scrutin, mais du second tour seulement. Pas du premier, puisque sur les 14 maires élus le 15 mars, 8 sont de droite (Nouvel R’) ou du centre-droit : Serge Hoareau, Jeannick Atchapa, Sidoleine Papaya, Mathieu Hoarau, Juliana M’Doihoma, Olivier Rivière, Camille Clain et Eric Ferrère contre 4 de gauche, à savoir Ericka Bareigts, Olivier Hoarau, Patrick Lebreton et Patrice Selly. Johnny Payet est RN (Rassemblement national) et Michel Vergoz est Trait d’Union.

La majorité régionale (toutes composantes confondues) sort gagnante certes, mais la majorité départementale n’a pas à rougir non plus, si ce n’est que certains conseillers départementaux, à l’instar de ceux du Tampon, sont « orphelins » de maire.

Bleu : droite, divers-droite et centre droit; Rose : Plateforme réunionnaise; rose fuschia : union des forces progressistes; Blanc : ni Plateforme, ni UFP.

Au terme des deux tours du scrutin, au-delà l’évidente dynamique de la gauche au soir du 22 mars, et en attendant les retours du tribunal administratif concernant la quinzaine de recours déposés, la carte électorale des municipales est la suivante : une droite et une gauche à égalite avec 10 maires à droite/centre-droit (Daniel Pausé, Eric Ferrère, Mathieu Hoarau, David Lorion, Juliana M’Doihoma, Camille Clain, Serge Hoareau, Olivier Rivière, Sidoleine Papaya, Eric Ferrère et Jeannick Atchapa) et 9 maires de gauche (Ericka Bareigts, Olivier Hoarau, Patrice Selly, Emmanuel Séraphin, Laïla Nassibou, Alexis Chaussalet, Céline Sitouze, Joé Bédier et Patrick Lebreton).

Alexandre Laï-Kane-Chéong (Sainte-Suzanne) est à « Croire et Oser « ; Il est très proche d’Olivier Hoarau qui lui-même fait partie de la Plateforme réunionnaise d’Ericka Bareigts ; Karim Juhoor serait plutôt du centre-gauche soutenu par les écologistes et Place Publique de Christophe Estève qui sont de la Plateforme réunionnaise d’Ericka Bareigts. Michel Vergoz est, je vous l’ai dit Trait d’Union. Quid d’Erick Fontaine (La Possession), qui serait plutôt du centre droit pour avoir été sur la liste conduite par Nassimah Dindar aux municipales de 2020 à Saint-Denis avant de rejoindre, toujours en compagnie de Nassimah Dindar, la majorité municipale d’Ericka Bareigts.

Voyons voir maintenant un peu plus dans les détails la composition de la gauche et de la droite. A gauche, nous avons les maires de l’Union des forces progressistes de la Réunion (UFPR), mouvement porté par Huguette Bello, présidente de Région et présidente de PLR (Pour La Réunion). Ces maires sont Emmanuel Séraphin (Saint-Paul), Joé Bédier (Saint-André), Patrick Lebreton (qui est aussi Progrès), Alexis Chaussalet (Le Tampon), Céline Sitouze (Sainte-Marie) et Laïla Nassibou, soit six maires. A gauche toujours, il y a les maires de la Plateforme réunionnaise pilotée par Ericka Bareigts, elle-même maire de Saint-Denis, suivis d’Olivier Hoarau (Le Port), de Patrice Selly (Saint-Benoit), soit 3 maires.

Quant à Alexandre Laï-Kane-Chéong (Sainte-Suzanne), Erick Fontaine (La Possession) et Karim Juhoor (Saint-Leu), impossible de les « catégoriser » politiquement pour le moment.

Nouvel R’ (photo d’archives) lors du rassemblement à l’Etang-Salé en juin 2025

A droite, il y a Nouvel R’, mouvement politique présidé par Cyrille Melchior en juin dernier et qui compte comme maires élus Daniel Pausé (Trois-Bassins), Eric Ferrère (Les Avirons), Mathieu Hoarau (Etang-Salé), David Lorion (Saint-Pierre), Serge Hoareau (Petite Ile), Olivier Rivière (Saint-Philippe), Sidoleine Papaya (Salazie) et Jeannick Atchapa (Bras-Panon), soit 8 maires. Juliana M’Doihoma (Saint-Louis) n’en fait officiellement pas partie. Idem pour Camille Clain, la nouvelle maire de l’Entre-Deux. Toutes deux étant plus du centre-droit.

Voilà pour la nouvelle carte politique des municipales de mars 2026. Quels enseignements tirés ? Que les anciens sont bien ancrés dans leur territoire : 17 maires réélus sur 24. Sur les 7 nouveaux, quatre d’entre eux avaient déjà une relative expérience politique. C’est le cas de Céline Sitouze, l’actuelle vice-présidente de la Région, élue de l’opposition à Sainte-Marie depuis plusieurs années. Alexandre Laï-Kane-Chéong siégeait au conseil municipal de Sainte-Suzanne au sein de l’opposition ainsi qu’à la Cinor, sans compter qu’il a candidaté plus d’une fois à différents scrutins dont les législatives de 2024 lors desquelles il avait été soutenu par le PCR de Maurice Gironcel et le PS d’Ericka Bareigts contre… un certain Frédéric Maillot. Camille Clain est vice-présidente du Département depuis 2020 et élue municipale à Saint-Louis. Erick Fontaine siégeait depuis 2020 au sein de la majorité municipale dionysienne.

Seuls Karim Juhoor (Saint-Leu) Alexis Chaussalet (le Tampon) et Laïla Nassibou n’avaient jamais siégé au sein d’une collectivité. Les deux premiers s’étaient déjà présentés à des scrutins mais jusqu’ici ils avaient toujours essuyé des échecs.

Laurent Virapoullé et Eric Fruteau se sont rencontrés entre les deux tours du scrutin

Ces élections ont également réussi à fabriquer de nouveaux leaders de l’opposition. Je pense notamment à Laurent Virapoullé à Saint-André (4700 voix au 1er tour) qui, pour une première candidature, a réussi l’exploit de devancer son frère aîné Jean-Marie Virapoullé. Lequel, vice-président du Département, ferraillait pourtant sur le terrain depuis plus de 20 ans. Jean-Paul Virapoullé ne s’était pas trompé en incitant son fils cadet, Laurent, à se lancer dans cette bataille des municipales. Il me disait au lendemain du 1er tour que « Laurent était né pour faire de la politique ».

De gauche à droite : Jean-Marie et Laurent Virapoullé. Les municipales de 2026 auront au moins permis de réconcilier les deux frangins, au grand plaisir de leur papa. N’est-ce pas déjà une belle victoire… familiale ?

Dans le cadre des négociations entre les deux tours, il avait demandé à Jean-Marie de se désister mais ce dernier a refusé préférant prendre le risque de sacrifier 33 de ses colistiers tandis que Laurent a été obligé d’en faire autant envers 12 des siens dans le cadre d’une fusion des deux listes qui ne leur a pas été favorable.

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », dit-on. Mais à Saint-André, Joé Bédier, réélu dimanche dernier, peut aisément se glorifier de sa victoire, fusse-t-elle courte, car il avait face à lui les deux frères Virapoullé réunis ainsi que le non candidat Eric Fruteau, qui ne l’a pas ménagé dans ses communiqués.

Joé Bédier a eu raison des deux frères Virapoullé réconciliés et face à un Eric Fruteau remonté comme une pendule, qui s’est retiré de la compétition en appelant à sanctionner Bédier et le RN, allié de Laurent Virapoullé. Eric Fruteau et Laurent Virapoullé se sont pourtant rencontrés entre les deux tours pour discuter. Huguette Bello avait aussi appelé Eric Fruteau. Une partie des colistiers de Fruteau était pour le maintien au second tour mais la sœur de la tête de liste y était catégoriquement opposée.

Eric Fruteau, à Saint-André, reparti pour une traversée du désert de 7 ans ? Nul doute qu’il candidatera aux départementales de 2028

D’où la stratégie suicidaire choisie par Eric Fruteau de ne pas plus prendre part à la bataille et de disparaître de la scène (médiatique) en étant plus visible et audible pendant 7 ans, à l’exception de quelques communiqués de presse. S’il s’était maintenu, il aurait sans nul doute obtenu un ou deux tickets pour siéger dans l’opposition municipale et communautaire et aurait pu bénéficier d’une tribune pour défendre publiquement ses idées. Il a préféré opter pour une disparition des écrans radars en espérant conserver d’ici à 2028 (départementales), puis 2033 sa base électorale d’un peu plus de 3 000 électeurs. Exercice périlleux ! Joé Bédier

Didier Robert, fossoyeur de la droite réunionnaise? Il est montré du doigt pour avoir fait perdre Cyrille Melchior à Saint-Paul en se présentant contre ce dernier, ainsi que Patrice Thien-Ah-Koon au Tampon via Nathalie Bassire. Didier Robert n’a pas dit son dernier mot. Il est en train de remettre sur pied le mouvement Objectif Réunion, présidé par Jessika Richard.

Saint-Paul s’est également trouvé son leader à droite en la personne de Cyrille Melchior qui, malgré l’opération de sabordage de Didier Robert, a réussi à prendre ses marques face à un Emmanuel Séraphin pourtant omniprésent et bien solide. Séraphin qui signe une belle victoire avec plus de 5 600 voix d’écart par rapport à son adversaire. Mais dans le même temps, Cyrille Melchior a pu se constituer un capital confiance de plus de 21 000 voix, et à s’imposer comme le fédérateur d’une droite Saint-Pauloise cassée en mille morceaux au lendemain des municipales de 2020 où pas moins d’une dizaine de candidats de la même famille politique s’étaient positionnés dans le starting-blocks, tout le monde voulant être Calife à la place du Calife. Avec Cyrille Melchior, la droite peut parler d’une même voix aujourd’hui, face à une gauche unie derrière son maire.

La centriste Juliana M’Doihoma, figure politique incontournable pour l’avenir de la droite réunionnaise

Une droite qui, à l’échelle de la Réunion, a plus que jamais besoin de se reconstruire au-delà de « Nouvel R », en faisant appel aux jeunes, plus précisément à Juliana M’Doihoma, la jeune maire de Saint-Louis, qui vient d’étendre son leadership sudiste jusqu’à l’Entre-Deux via la victoire de sa petite protégée Camille Clain qu’elle a formé durant ces dernières années et en qui elle a toujours cru. Juliana M’Doihoma dont le mentor est Nassimah Dindar, la présidente de l’UDI. Et qui a aussi l’oreille de Jean-Paul Virapoullé dont le fils Laurent a totalisé plus de 12 000 voix à Saint-André. Des jeunes de droite qui pourraient demain, si besoin, former un pacte de gestion à la Région en 2028, avec d’autres partis, y compris de gauche, comme ce fut déjà le cas, par le passé, avec Nassimah Dindar, à la présidence du Département.

Juliana M’Doihoma, maire de Saint-Louis.

En tout cas, tout comme David Lorion à Saint-Pierre, Juliana M’Doihoma, élue pour la deuxième fois consécutive, qui plus est dès le 1er tour cette fois-ci en éliminant pour la deuxième fois Cyrille Hamilcaro (CH) et CH junior (Fabrice Hoarau), devient une figure incontournable à droite, et dans le Sud et à l’échelle de l’île, dans le cadre d’une restructuration de la droite réunionnaise. Parce qu’en face de cette droite, se dressera sans doute, lors des prochaines élections, une autre droite, celle de Didier Robert, qui a décidé de faire renaître de ses cendres Objectif Réunion avec ses 4 000 voix récoltées à Saint-Paul, avec Nathalie Bassire au Tampon dont une partie des militants a voté Chaussalet et fait perdre Patrice Thien-Ah-Koon, Cyrille Hamilcaro à Saint-Louis … Didier Robert qui a, par ailleurs, assisté à l’intronisation d’Olivier Rivière, samedi dernier, à Saint-Philippe. Lequel Olivier Rivière était son 1er vice-président à la Région, responsable d’Objectif Réunion mais qui a rejoint depuis Nouvel R’ de Cyrille Melchior.

Trois des cinq députés PLR/LFI directement impliqués dans ce scrutin se sont pris « un coquement » : Frédéric Maillot (avec la cravate) à Sainte-Suzanne; Emeline K’Bidi (robe verte) à Saint-Pierre et Jean-Hugues Ratenon (complètement à droite sur la photo) à Saint-Benoit. En guise de lot de consolation, ils deviennent les chefs de file de l’opposition dans les communes où ils ont échoué.

Dynamique à gauche, mais paradoxalement « coquement » électoral pour trois de ses députés directement impliqués dans la bataille, à savoir Emeline K’Bidi (4ème circonscription), Jean-Hugues Ratenon (5ème) et Frédéric Maillot (6ème), qui devront se consoler avec une place de leader de l’opposition et émergence de nouvelles personnalités politiques jeunes et diplômées aussi bien dans la majorité que dans l’opposition municipale grâce à leur détermination et leur persévérance mais aussi grâce aux nouveaux électeurs, dont des jeunes et des nouveaux résidents à la Réunion. Un électorat qui n’a aucune connaissance de ce qui avait été fait antérieurement par les anciens élus que certains qualifient de « dinosaures » ou de « dynastie » en pointant du doigt Jean-Paul Virapoullé et André Thien-Ah-Koon.

Le sénateur Stéphane Fouassin (à droite sur la photo, aux côtés de Richard Nirlo) : grand perdant de ces municipales, en raison de ses soutiens qui ont tous « foiré » : Richard Nirlo (Nouvel R’) à Sainte-Marie, Ramata Touré (Renaissance à Sainte-Suzanne); Jean-Marie Virapoullé (Nouvel R’) à Saint-André et Jimmy Armand à Salazie contre la maire sortante Sidoleine Papaya, plébiscitée par la population dès le 1er tour. A la fin de son mandat de sénateur en 2029, ça risque d’être le désert de Gobi pour le Dr Stéphane Fouassin

En parlant de Thien-Ah-Koon, la défaite de son fils Patrice au Tampon – bastion de droite aujourd’hui écartelé entre l’extrême droite depuis l’élection du député Joseph Rivière et l’extrême gauche après la victoire d’Alexis Chaussalet aux municipales – semble avoir sorti Julien Hoarau de ses immenses champs de cannes (les exploitations agricoles de son père Jean-Bernard). Julien Hoarau est référent d’Horizons le parti d’Edouard Philippe (ex Premier ministre). Depuis dimanche soir, il est « ressuscité ».  Il publie des tribunes sur certains médias et poste sur les réseaux sociaux plusieurs messages dont un appelant les Réunionnais à « bouger » contre l’augmentation de l’essence en ciblant la Région, « qui a le pouvoir d’empêcher la hausse du prix de l’essence à la Réunion », écrit-il. Se préparerait-il pour croiser le fer un de ces jours avec Alexis Chaussalet au Tampon ? L’avenir nous le dira.

Julien Hoarau, actuellement référent d’Horizons, le parti politique d’Edouard Philippe. Julien Hoarau est l’ancien directeur de cabinet de Nassimah Dindar lorsqu’elle était présidente du Département ainsi que l’ancien dir-cab de feu Michel Fontaine, président de la Civis.

Pour finir, un petit mot sur Saint-Leu. Ça concerne toujours les municipales. Ou plus précisément l’après-municipales. Il paraît que depuis lundi, depuis la victoire de Karim Juhoor, Bruno Domen, fou de joie, ne tient tellement plus en place qu’il a fait irruption dans certains bureaux à la mairie du centre-ville, flanqué d’un employé communal-gros bras pour régler des comptes avec des employés qu’il suspecte d’avoir fait voter Thierry Robert. Bruno Domen qui, semble-t-il, n’hésite pas à s’approprier totalement la victoire de Karim Juhoor, en se prenant pour le nouveau maire alors qu’il s’était retiré de la partie entre les deux tours et qu’il ne voulait même plus organiser les opérations de vote. Il a même fallu un rappel à l’ordre du préfet pour qu’il assume ses fonctions de maire sortant jusqu’au dimanche 22 mars. Autrement dit, maintenant qu’il n’a plus rien à voir avec la mairie, Bruno Domen se prendrait pour le premier magistrat de Saint-Leu. Bon courage Monsieur Juhoor !

Depuis lundi, Bruno Domen aurait tendance à se prendre pour Karim Juhoor, le nouveau maire de Saint-Leu.

Sur ce, bonne semaine. Et sachez que si les deux tours des municipales, il reste encore un 3ème tour relatif à la présidence des intercommunalités qui sont au nombre de 5 (Cinor, TO, Civis, Casud et Cirest). Un 3ème tour pour lequel les tractations vont bon train. Ça chauffe déjà à la Casud où Patrick Lebreton, maire de Saint-Joseph, se verrait bien président, alors que le nouveau maire du Tampon, Alexis Chaussalet, n’a pas encore dit son dernier mot. Ils ont jusqu’au 24 avril prochain pour se mettre d’accord. La Cirest quant à elle se réunira le 7 avril pour élire son président et ses vice-présidents. Bon courage aux 24 maires réélus et/ou nouveaux. Place au boulot à présent, en n’oubliant pas vos promesses de campagne. Les attentes sont nombreuses; Le peuple vous a à l’œil.

Y.M

([email protected])

 

 

 

 

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

24 Commentaires

  1. Nos politiques se critiquent, avec la complicité des journaleux (pas de vrais journalistes) mais c’est de façade! En arrangement de derrière la cuisine, ils se partagent le gâteau. Je te concède la mairie, tu me laisses être député et je te soutiens aux régionales ou cantonales! Ils trichent, manipulent les électeurs et les résultats et le peuple est content! Ce n’est pas une démocratie mais une comédie orchestrée par la franc-maçonnerie qui tire les ficelles et place ses pions! Quand le peuple comprendra, il se révoltera.

  2. Monsieur Fruteau est le diable en personne, , vous êtes impardonnable, vous rallier avec les virapoullé quand vos parents ( moman , papa Carlo ) l’a toujours combattu cette famille , même pas un ti respect pou zot … ou l’a préféré vote virapoullé juste pou essaye fé perdre BÉDIER , ( 4 personnes en face d’une seule personne ) et BÉDIER l’a démonte zot 4 , le peuple Saint André lé plus couillons comme dans le temps Jean Paul virapoullé

  3. Monsieur Fruteau est le diable en personne, , vous êtes impardonnable, vous rallier avec les virapoullé quand vos parents ( moman , papa Carlo ) l’a toujours combattu cette famille , même pas un ti respect pou zot … ou l’a préféré vote virapoullé juste pou essaye fé perdre BÉDIER , ( 4 personnes en face d’une seule personne ) et BÉDIER l’a démonte zot 4 , le peuple Saint André lé plus couillons comme dans le temps Jean Paul virapoullé

  4. Pourquoi zot i Koze encore de Fruteau si zot la fini gagné. Peut-être que zot i connait que bientôt i sava rejouer le match et que zot la encore besoin de li. Alors ferme un peu zot k… comme diré zot maire.
    Et personne i dit pas que Bédier la pas appelle Fruteau. Trop fier le gars. La li préfère allé rode Setama et Soupramien.

  5. Quand cela deviendra invivable, comment ces élus vont réagir ? La délinquance augmentera, le siphon au bac d’essence, des braquages de commerce, des vols a la tire , l’instinct de survie est incontrôlable et primera, une année 2026 obscure et peut être que cela changera ce monde d’hypocrisie de leur ego il faut une correction pour remettre les pendules a l’heure ✋

  6. La droite est sortie affaiblie et n’a pas plus de leader depuis le départ de Fontaine. Ce dernier aurait rendu un grand service à la droite en mettant fin aux flirts voire mariages avec le Rhaine comme a St André avec Laurent Virapoullé..

    Fruteau de St André n’est pas sorti non plus grandi. Pas seulement dans son propre camp il a déçu. Il apparaît même comme un »traite ».

    Monsieur BEDIER, peut etre pas grand causeur, mails c’est un grand faiseur. Il ne cause pas trop mais il agit. Il s’est battu contre les 3 V …. Virapoullé, contre le Rhaine et sans doute contre Fruteau qui a joué un double jeu.

    Dommage pour Maillot à ste Suzanne. Il est meilleur qu’avec qui joue « famille ». Quelques colistiers d’Allamelou ont ete pointés du doigt. Tôt ou tard ….

    Mesdames Bareigt et Bello sont les grands vainqueurs meme sîune certaine presse réactionnaire ont placé des peaux de banane. Ensuite faire la courbette devant Mme Bareigt et Mme BELLO ne les honore pas … meme pour avoir ses subventions.

    Fin des dynasties : Tampon, St André, Ste Marie … bon signe pour la democratie.

    Chaussalet … Un jeune brillant.

    L’église doit contribuer a lutter contre le Rhaine et sa politique raciste.

    Les Écologistes sont devenus les « bourgeois  » de la politique en s’accaparant la victoire de la gauche.

    7 ans pour agir, pour travailler, pour améliorer le cadre de vie .

    • Un « grand faiseur » qui se fait réélire difficilement avec 34 voix d’avance. Surtout qu’à Saint-André beaucoup parle de fraude.

      Ceux qui comme vous passent leur temps à crier haut et fort que c’est fini pour les Virapoullé à Saint-André, devriez maudire votre maire. Avec son incompétence, il a réussi à les faire revenir. Et de quelle manière, Laurent Virapoullé fait jeu égal avec le « grand faiseur ». Et il a déclaré qu’il est patient comme un pêcheur, et qu’il sera maire tôt ou tard, dans 1 an ou dans 6 ans.

      Et que dire de l’autre hypocrite maire de Saint-Benoit, qui lui, effrayé que les Virapoullé reprennent la Cirest, soutient Bédier qu’il avait toujours piétiné. C’est sûr qu’avec sleepy Bédier il peut prolonger sa titularisation en tant que président de la Cirest.

      Et pour finir, sachez qu’en Métropole, tous les maires des communes dirigées par le RN ont été magistralement réélus pour la 2ème ou 3ème fois. Et lorsque les journalistes demandent aux électeurs la raison de cette confiance, ils répondent que leurs communes sont bien gérées et qu’ils se sentent en sécurité. Le RN n’a perdu aucune commune qu’il dirigeait, il en a gagné beaucoup et a perdu de justesse dans des villes comme Marseille ou Toulouse. A méditer !

  7. FRUTEAU MACRO ,out femme et out sœur deux méchantes et infréquentables personnes…zot lé un famille de merde , ti devré enterre ou , ou devré avoir honte marche dans chemin Ester , soit disant ou lé anti virapoullé , ou l’a prostitue à ou devant zot juste pou baize BÉDIER, mais zot l’a gagne dans le baba , mi redi , ou lé un grand macro Fruteau.

  8. Eric Fruteau à été contacté par Laurent Virapoullé qui l a rencontré. Quoi de plus normal. Partout des candidats du second tour se sont parlés.
    Dans la discussion, Laurent Virapoullé a demandé le maintien de la liste, ce qui a été refusé par Fruteau.
    Laurent Virapoullé à fait la démarche de rencontrer Fruteau, alors que Bedier, à part se faire chaperonner par Bello, ne l a pas fait. Arrogance ? Assurance du résultat ( met ti poule srte ti canard) va savoir.
    Il n’y a pas d autres enseignements à tirer de cette rencontre qu une rencontre normale, à la demande de Laurent Virapoullé à laquelle Fruteau a répondu et surtout pas une complicité quelconque, Fruteau ayant retiré sa liste comme demandé par la majorité des colistiers présents à la réunion pour la prise de décision.
    Donc ne surtout pas croire à une quelconque collusion.

  9. mi dit à zot que dans ces élections le plus grand macro parmi les perdants c’est le Ti Fruteau de saint André, boug là en politique est un ti mafieux , Oté li oubli que si li l’avait pas monsieur BÉDIER en 2014 dans son équipe li noré jamais était maire , li l’a toujours été jaloux et peur de BÉDIER car l’était toujours plus fort que lui ( la preuve ! BÉDIER l’a fini avec les deux frères virapoullé et Éric Fruteau en même temps dimanche soir dans saint André

  10. Éric Fruteau le plus grand dictateur, le plus gros jaloux de joé BÉDIER ! vous êtes une grosse MERDE ! avez-vous pas HONTE d’avoir préféré voter et faire voter virapoullé aux deuxième tour juste parce que vous avez compris que plus jamais dans votre vie vous serez plus maire de saint André et que joé BÉDIER est plus fort et plus aimé que vous à saint André

    • Frutean n’a jamais fait voter Virapoullé pèce bourrique. Virapoullé a demandé à lui parler et li la kose ec le boug parce que li connait vivre pas comme oute bon dié. Si li sera plus jamais maire, li aménera pas non plus son zassiette devant oute porte pou rode oute manzé gaté

    • Rencontrer i veut pas dire accord. i montre que certain contrairement à Bédier lé capable d’ouvrir la discussion. Bédier i cachette derrière Bello et li pense que tout le monde i être à ses pieds. Li doit avoir peur de pas gagne Koser devant Fruteau.

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