La mairie impose désormais aux candidats de signer une Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT) pour pouvoir organiser des réunions publiques durant la campagne. Une décision que fustige les candidats Vincent Rivière, Philippe Robert et Gilles Hubert.
Dans un courrier adressé aux candidats dès le premier jour de la campagne, la municipalité précise que cette autorisation serait également soumise à une redevance financière. Le tarif annoncé serait de deux euros par mètre linéaire, calculé en fonction de la surface occupée lors des rassemblements.
Pour Vincent Rivière, cette décision est « inédite et profondément inacceptable ». Le candidat affirme n’avoir connaissance d’aucune autre commune de La Réunion imposant une telle contrainte administrative et financière aux candidats en période électorale. Une situation qui, selon lui, soulève des interrogations quant au respect du principe d’égalité entre les candidats et à la liberté d’expression politique.
L’opposant souligne également l’absence de délibération du conseil municipal justifiant cette mesure. « Aucune base juridique précise n’accompagne cette demande », affirme-t-il, estimant que cette exigence pourrait constituer un obstacle au déroulement normal de la campagne.
Vincent Rivière considère que cette décision traduit « une fragilité manifeste » de l’équipe municipale actuelle et une volonté de freiner l’expression des candidats. « Le débat public ne peut être conditionné à une redevance financière décidée unilatéralement », insiste-t-il.
Le candidat rappelle que le Code électoral garantit aux prétendants aux élections la liberté d’organiser des réunions publiques et de s’exprimer dans le respect des règles en vigueur. À ses yeux, rien ne devrait entraver ce principe fondamental.
Face à cette situation, Vincent Rivière demande officiellement à la mairie de La Possession de revenir sur ces dispositions afin de permettre aux candidats de mener leur campagne librement. Il indique également avoir saisi le préfet de La Réunion afin que celui-ci se prononce sur la légalité de ces mesures.
« La démocratie appartient aux citoyens. Elle ne saurait être conditionnée par une autorisation payante », conclut-il, appelant au respect des principes républicains et à la liberté du débat politique.
Philippe Robert : « les demandes d’AOT est une réglementation qui s’impose notamment aux commerçants »
« Dans un article publié par Zinfos974, Madame Vanessa Miranville affirme que les demandes
d’autorisation concernant les réunions publiques « n’ont posé aucun problème à Philippe
Robert». Cette affirmation est fausse. Madame Miranville ment et ce n’est malheureusement pas la première fois.
Depuis le début de la campagne, la municipalité tente d’imposer aux candidats un régime
d’autorisation préalable pour des prises de parole publiques ne comportant pourtant ni
installation fixe, ni occupation exclusive du domaine public, ni entrave à la circulation.
Les demandes d’AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire du domaine public) est une
réglementation qui s’impose notamment aux commerçants. Cette interprétation est excessive, arbitraire et contraire aux règles applicables.
Le Mémento du candidat aux élections municipales, document officiel de référence du
ministère de l’Intérieur, rappelle clairement (page 42, paragraphe 8.8.1.1 – Réunions électorales) : « Les réunions politiques sont libres et peuvent se tenir sans autorisation ni déclaration préalable. » Les interventions que nous organisons respectent strictement ce cadre.
En tentant d’imposer des autorisations inutiles et en affirmant publiquement que cela « ne
pose aucun problème », Madame Miranville travestit la réalité et cherche manifestement à
encadrer le droit d’expression des candidats.
Derrière cette communication se cache surtout une politique d’économies de bout de chandelle et une volonté d’entraver le bon déroulement d’une campagne qui doit rester libre et équitable. Je continuerai, pour ma part, à mener une campagne respectueuse des règles, fidèle aux principes démocratiques et tournée vers le débat avec les Possessionnais ».
Gilles Hubert : « Le principe du respect républicain bafoué »
« Dans le cadre de la campagne électorale à La Possession, la question de l’égalité entre les candidats revêt une importance capitale. Ce principe, qui fonde la légitimité de tout processus démocratique, garantit à chaque candidat des conditions de compétition équitables. Cependant, la récente mise en place d’une procédure d’Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT) du domaine public soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect de ce principe fondamental.
En effet, cette initiative, prise de manière unilatérale par la municipalité, a été mise en œuvre sans aucune concertation préalable avec les autres candidats. L’information n’a été transmise que le jour même de l’ouverture officielle de la campagne électorale, avec la précision que des délais de traitement seraient nécessaires pour chaque demande.
Ce manque de transparence et de communication a conduit à une situation où certains candidats ont été laissés dans l’incertitude, tandis que la maire actuelle, seule en possession de l’information, a eu l’opportunité de s’organiser dans des délais plus avantageux.
Il convient de rappeler que la maire de La Possession est également candidate à sa propre succession. Cette double casquette soulève la question de la neutralité de l’action publique en période électorale. En prenant une telle décision sans concertation ni information préalable des autres candidats, la maire semble manifester une volonté de profiter des ressources de la municipalité au profit de sa propre campagne.
Plus qu’une simple maladresse, cette démarche est perçu aujourd’hui comme le signe d’une grande fébrilité face à la compétition électorale. Il n’est pas rare, dans des contextes de forte pression électorale, que certains responsables politiques, ressentant la nécessité de sécuriser leur réélection, adoptent des décisions stratégiques douteuses qui peuvent porter atteinte à l’équité du processus électoral.
La rupture du principe d’égalité entre les candidats, dans un tel contexte, n’est pas une simple question de forme : il s’agit d’une altération potentielle de la sincérité du scrutin. En favorisant un seul candidat à travers des moyens administratifs, cette décision a pour effet de modifier les règles du jeu en cours de campagne, privant ainsi les autres candidats de la même opportunité de se préparer dans les mêmes conditions matérielles.
Le droit électoral impose une vigilance particulière à l’égard de ce type de décisions prises par des autorités publiques, surtout lorsqu’elles peuvent être perçues comme une tentative d’influencer le résultat électoral. La confiance des électeurs repose sur la certitude que les règles sont transparentes et égales pour tous. Il est donc légitime que toute décision administrative ayant des répercussions sur la campagne électorale fasse l’objet d’une analyse rigoureuse et impartiale.
L’enjeu ici dépasse les intérêts des candidats : il s’agit du respect des principes républicains et de la garantie d’un débat démocratique véritablement équitable. Dans ce contexte, il est essentiel que cette situation fasse l’objet d’une clarification immédiate et complète afin de préserver la sincérité de l’élection et d’assurer que les citoyens de La Possession puissent exercer leur droit de vote dans un environnement juste et transparent ».














