Guerre au Moyen-Orient : l’Ukraine propose ses drones aux États-Unis et réclame des missiles Patriot en échange

1 min de lecture
4

Alors que les tensions militaires s’intensifient au Moyen-Orient, l’Ukraine pourrait jouer un rôle inattendu dans la défense des États-Unis et de leurs alliés. Kiev se dit prêt à fournir ses technologies de drones intercepteurs, devenues particulièrement efficaces depuis le début de la guerre contre la Russie.

Des discussions seraient actuellement en cours entre le Pentagone, certains pays du Golfe et les autorités ukrainiennes afin d’évaluer la possibilité d’acquérir ces systèmes destinés à neutraliser les drones utilisés par l’Iran.

L’intérêt est avant tout économique et stratégique. Les États-Unis utilisent régulièrement des missiles Patriot PAC-3 pour abattre les drones de type Shahed, mais ces projectiles coûtent extrêmement cher : environ 3,5 millions de dollars l’unité, alors que les drones attaquants peuvent coûter moins de 30 000 dollars.

Face à cet écart considérable, les drones intercepteurs développés par l’Ukraine attirent désormais l’attention. Depuis le début de l’invasion russe, Kiev a développé des systèmes anti-drones relativement peu coûteux mais particulièrement efficaces. Selon l’armée ukrainienne, ces dispositifs auraient permis d’abattre près de 70 % des drones russes visant Kiev et sa région au cours du mois de février.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky se dit prêt à partager cette expertise avec les partenaires occidentaux. Mais cette coopération ne serait pas gratuite.

Kiev manque cruellement de missiles Patriot PAC-3, les seuls capables d’intercepter certains missiles balistiques utilisés par la Russie. Le chef de l’État ukrainien propose donc un échange direct : fournir des drones intercepteurs aux alliés occidentaux et recevoir en retour les missiles dont son armée a besoin.

L’Ukraine a massivement développé sa production de drones ces derniers mois pour compenser ses difficultés militaires. En 2025, près de 4,5 millions de drones auraient été produits par l’industrie ukrainienne. Certains modèles sont très simples et peu coûteux, comme les drones FPV utilisés pour les attaques, tandis que d’autres servent spécifiquement à intercepter les appareils ennemis.

Pour accélérer cette production, Kiev a également mis en place un système d’incitation financière destiné aux entreprises du secteur. Les fabricants peuvent recevoir jusqu’à 20 000 dollars pour chaque drone ennemi abattu par leurs technologies.

Parallèlement, l’industrie ukrainienne se développe aussi à l’étranger. Plusieurs projets de production ont été lancés en Europe, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne, afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et soutenir l’effort militaire.

Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient et de guerre toujours active en Ukraine, cette proposition illustre l’évolution rapide des technologies militaires, où les drones deviennent désormais un élément central de la défense moderne.

4 Commentaires

  1. « Dommages collatéraux ». Voilà probablement l’expression la plus utile de la diplomatie contemporaine. Deux mots qui permettent de transformer des civils morts en simple variable statistique dans un PowerPoint du Pentagone. Et c’est précisément ce mot que le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a choisi de retourner comme un miroir ironique face aux accusations occidentales.

    Lorsqu’un journaliste lui reproche que des frappes iraniennes aient touché des infrastructures civiles, Araghchi répond calmement : « Nous avons ciblé partout où les Américains sont… il peut y avoir des dommages collatéraux comme dans toutes les guerres. » Puis il enfonce le clou : « Plus de 70 000 personnes ont été tuées à Gaza… et l’armée israélienne les a tous qualifiés de dommages collatéraux. »

    La phrase est brutale, mais elle pointe une hypocrisie devenue presque institutionnelle. Depuis le début de la guerre à Gaza, les chiffres cités par le ministère de la Santé de Gaza dépassent les 70 000 morts. Même l’ONU, par la voix de son secrétaire général António Guterres, a dénoncé à plusieurs reprises « un nombre sans précédent de victimes civiles ». De son côté, Human Rights Watch a accusé Israël d’attaques « disproportionnées » et d’un usage massif de la force dans des zones densément peuplées.

    Pourtant, dans la rhétorique officielle occidentale, ces morts restent rangés dans la catégorie pratique des « dommages collatéraux ». L’armée israélienne affirme régulièrement viser « des infrastructures du Hamas ». Le Pentagone utilise exactement la même formule depuis deux décennies : « Nous ne ciblons pas les civils », répètent les porte-parole, même lorsque des hôpitaux, des immeubles résidentiels ou des écoles deviennent des cratères fumants.
    Le problème n’est donc pas la mort des civils. Le problème, c’est qui appuie sur le bouton.
    Quand Israël bombarde un quartier entier de Gaza pour éliminer un commandant du Hamas, Washington parle de « droit à l’autodéfense ». Quand l’Iran frappe une base où se trouvent des militaires américains, cela devient immédiatement « terrorisme ». Le curseur moral fonctionne comme un thermostat géopolitique : il monte ou descend selon l’allié concerné.

    La Cour internationale de justice, saisie en 2024 par l’Afrique du Sud pour examiner les accusations de génocide contre Israël, a d’ailleurs rappelé une évidence juridique : même dans une guerre, les États ont l’obligation de protéger les civils. Une règle simple, universelle… du moins en théorie.

    Dans la pratique, la morale internationale ressemble davantage à une régie de télévision. La caméra choisit l’angle, le montage sélectionne les victimes et la narration décide qui est le monstre et qui est le héros.
    Araghchi n’a donc pas inventé une nouvelle doctrine. Il a simplement lu à haute voix le manuel non écrit de la guerre moderne :
    Un civil mort n’est pas un crime… tant que le bon camp l’a tué. »

  2. Un expert saoudien confirme à Al Arabiya l’arrestation d’agents du Mossad en Arabie saoudite et au Qatar :

    « Ils planifiaient des attentats sous faux drapeau pour les entraîner dans une guerre contre l’Iran. La « légitime défense » d’Israël signifie toujours faire en sorte que tout le monde mène sa guerre à sa place. »

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Saint-André : interpellé avec cocaïne, cannabis et plus de 2 600 euros lors d’un contrôle de police

Article suivant

Municipales à La Possession, une AOT pour l’organisation des réunions publiques : les candidats fustigent cette décision de Vanessa Miranville

Free Dom