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Rentrée scolaire à Saint-Paul : la municipalité crée sa garderie et annonce la gratuité des fournitures (Photos-Vidéo)

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Un conseil municipal de combat. Ce jeudi 2 juillet 2026, le maire de Saint-Paul, Emmanuel Séraphin, a tapé du poing sur la table lors d’une séance largement dominée par l’urgence sociale, le logement et la préparation de la rentrée scolaire d’août. Entre coupes budgétaires de l’État et suppression massive des contrats aidés, la commune choisit la contre-attaque : pas question de subir, Saint-Paul s’organise et tient ses promesses.

« Agir plutôt que subir. » C’est le mot d’ordre lancé par la majorité municipale face à ce qu’elle qualifie de véritable « choc brutal » imposé par l’État. En ligne de mire : la baisse drastique des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC). À Saint-Paul, les chiffres sont sans appel. Sur 430 contrats arrivant à échéance au 31 décembre, seuls 91 seront renouvelés par les services préfectoraux. Un coup de massue pour l’insertion locale, mais surtout une menace directe pour le fonctionnement des écoles de la commune, où 1 600 agents sont mobilisés au quotidien.

Pour les agents concernés, souvent âgés de plus de 50 ans et déjà percutés par le recul de l’âge de la retraite, la pilule est amère. Pour les familles saint-pauloises, l’inquiétude était immense. Elle vient de trouver une réponse forte et immédiate de la municipalité.

Écoles : un plan d’urgence de 3 millions d’euros et la gratuité en ligne de mire

Afin d’accueillir les 12 400 élèves des 66 écoles de la commune dans les meilleures conditions possibles, les élu·e·s et les services ont engagé une profonde réorganisation des équipes communales. Tous les moyens ont été recentrés sur les écoles.

Un engagement ferme a été pris devant la population : des agents seront présents pour assurer la surveillance des enfants pendant la pause méridienne, à la cantine et sur les temps périscolaires. C’est une organisation exigeante, qui demandera de l’adaptation, de la solidarité et parfois des efforts partagés. Mais le cap est fixé : garantir à tout prix la continuité du service public.

Face au désengagement de l’État et à la fragilisation des associations partenaires, contraintes de cesser leurs activités à la rentrée, la ville a tranché : création d’un service municipal de garderie périscolaire. La commune reprend directement à sa charge les accueils du matin (7h-8h) et du soir (15h30-17h30) dans les établissements de La Grande Fontaine, Laperrière, Petite-France et Daly-ERAYA pour sécuriser la prise en charge des marmay. Et le message est clair : si d’autres sites viennent à être touchés, la ville interviendra avec la même détermination. Pour financer ce redéploiement et sécuriser cette année scolaire 2026-2027 de transition, la commune va injecter plus de 3 millions d’euros supplémentaires.

Dans la droite ligne de sa politique sociale, la municipalité annonce également une mesure phare : la gratuité des fournitures scolaires dès la rentrée d’août 2027 pour l’ensemble des élèves. Après les transports et la cantine gratuite, cet engagement fort ne se fera pas dans la précipitation. Un travail de concertation est déjà engagé avec les directeurs d’école, les enseignants, les parents et la Caisse des Écoles pour lancer des marchés publics calibrés et de qualité.

« Ce n’est pas une simple dépense, c’est un investissement pour l’avenir de nos enfants et pour la tranquillité des parents », réplique fermement la majorité, bien décidée à maintenir son ambition éducative.

Dans la salle du Conseil,  le débat a pris de la hauteur avec l’intervention d’Huguette Bello. Les élus ont unanimement défendu la nécessité d’une continuité éducative de la maternelle au lycée, pointant du doigt une « rupture d’accompagnement » regrettable lors du passage au collège. Un appel à une action commune a été lancé par l’opposition pour travailler en étroite collaboration afin de mettre à niveau des infrastructures numériques et des collèges parfois laissés pour compte.

Un débat de fond qui s’est tenu malgré l’absence remarquée et vivement critiquée d’un chef de file de l’opposition, jugé aux abonnés absents sur le dossier crucial des contrats PEC.

Logement en crise : Saint-Paul interpelle le Premier ministre

L’autre dossier brûlant concerne le logement. Le constat est sévère : la Ligne Budgétaire Unique (LBU) allouée à La Réunion a été amputée de près de 51 millions d’euros, laissant un reliquat dérisoire de 27 millions pour toute l’île.

Malgré cette asphyxie programmée, Saint-Paul refuse de geler ses chantiers. La ville continue de pousser ses opérations de construction notamment à Bois-de-Nèfles ou en centre-ville, en engageant notamment des garanties d’emprunt pour 93 logements. Pour débloquer la situation à l’échelle régionale, une motion officielle a été envoyée au Premier ministre. L’exigence : obtenir au moins 80 millions d’euros pour relancer la construction de 2 500 logements potentiels sur l’île.

Solidarité renforcée dans les Hauts et relance économique en centre-ville

Face à des fragilités sociales qui progressent, l’assemblée a validé la programmation du nouveau Contrat de Ville « Engagements Quartiers 2030 ». Saint-Paul passe ainsi de 6 à 11 quartiers prioritaires, intégrant 5 nouveaux secteurs des Hauts de la commune. Ce sont désormais plus de 15 000 habitants qui bénéficieront de plus de moyens, de financements et d’actions de proximité pour que personne ne soit laissé au bord du chemin.

Sur le front économique, alors que l’inflation pèse sur la consommation, la municipalité mise à fond sur les événements populaires pour redonner de l’air aux commerçants et forains. Événement phare de cette stratégie : le retour des Fêtes de Juillet du 4 au 14 juillet 2026. Pour sa 62e édition, la plus grande braderie de La Réunion s’apprête à faire vibrer le centre-ville et le parc Expobat avec 405 commerçants, 120 forains et plus de 250 000 visiteurs attendus sur 11 jours d’animations et de culture.

Saint-Paul, grenier de La Réunion et vigie de l’océan Indien

En affirmant sa position de poids lourd agricole avec ses 3 600 hectares cultivés et ses 600 exploitations, la commune a approuvé son Diagnostic Alimentaire Territorial. Une feuille de route ambitieuse axée sur la souveraineté alimentaire, la protection des terres, les circuits courts et l’accès de tous à une alimentation saine dans les cantines.

La séance s’est conclue sur une note hautement symbolique : un partenariat officiel avec le bâtiment de la Marine nationale Champlain. Une manière de rappeler l’ancrage historique de Saint-Paul, ville-port tournée vers la solidarité, le secours et la souveraineté dans l’océan Indien. Un cap clair pour la municipalité : protéger quand les équilibres se tendent et faire de chaque décision une réponse concrète pour le territoire.

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