À l’occasion des commémorations de la loi Taubira ce 21 mai, la municipalité de Saint-Denis a redonné vie à une pièce maîtresse de son patrimoine historique. La sculpture monumentale de l’artiste Wilhiam Zitte a été réinstallée au carrefour du boulevard Sud et de Vauban, sur la place du 19 mars 1946.
Conçue à l’origine en 1994, cette structure métallique s’impose comme un vibrant hommage aux ancêtres et explore la place symbolique du « Kaf » dans l’identité et l’histoire de La Réunion. Profondément dégradée par le temps, l’œuvre a bénéficié d’une restauration minutieuse. Elle a été rebâtie fidèlement d’après les plans originaux au sein du même atelier de ferronnerie dionysien qui l’avait vue naître, s’offrant ainsi une véritable seconde jeunesse.
Cette renaissance artistique coïncide avec une année doublement symbolique, marquée par le calendrier des 80 ans de la Départementalisation. Elle reflète l’ambition de la chef-lieu de consolider son « musée à ciel ouvert » tout en transmettant la mémoire collective aux nouvelles générations.
Un pont entre passé et création contemporaine
Pour enrichir ce retour, la Ville a orchestré un dialogue intergénérationnel en confiant les murs adjacents à l’artiste Stéphanie Lebon. Cette dernière a réalisé une fresque moderne centrée sur une affirmation puissante :« Être Kaf à La Réunion oblige au marronnage ».
S’inspirant directement des travaux et de la démarche graphique de Wilhiam Zitte, l’artiste plasticienne a développé un alphabet visuel inédit. Ce syllabaire novateur est entièrement mis au service de la langue créole et de la célébration des résistances passées.
Entre préservation des acquis et langages contemporains, cette réinstallation s’impose comme un carrefour culturel fort, où la mémoire des luttes réunionnaises continue d’alimenter la création d’aujourd’hui.
Crédit photo : Ville de Saint Denis




















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