Il est des lieux où le passé ne dort jamais. L’ancienne gare du chemin de fer de Sainte-Suzanne en fait partie. Entre ses murs, entre ses pierres, résonnent encore les pas, les silences, les souffles de celles et ceux que l’histoire a trop longtemps tus.
Ce dimanche 10 mai 2026, à l’occasion du 25è anniversaire de la loi Taubira, La Maison du Patrimoine et ses associations culturelles et d’éducation populaire ouvrent grand les portes de la mémoire. Pas une mémoire figée. Vibrante. Habitée. Ici, l’histoire se raconte autrement.
Elle se dessine dans les traits sensibles de Line-Claire Galais, dans l’exposition « Miroirs de Mémoires » où ses œuvres dialoguent avec les mots brûlants de l’écrivain Bernard Batou. Des mots qui dérangent, qui réveillent, qui refusent l’oubli.
Elle se traverse, cette histoire, dans l’exposition « de l’esclavage à la liberté ». Un chemin, une traversée, des chaînes à la dignité retrouvée. Des ténèbres vers la lumière.
Line-Claire Galais est une artiste de l’ombre aux talents cachés, une créatrice dont le regard travers le temps. Par son art, elle porte un message de mémoire et d’espérance, un hommage vibrant à nos ancêtres qui nous ont transmis la force de créer, de rêver, d’avancer.
Rêveuse dans l’âme, Line-Claire imagine, pense, et se projette dans le passé avec une ouverture lumineuse sur l’avenir.
Militante culturelle, passionnée de maloya et de musiques africaines, elle nous dévoile à travers ses œuvres un univers puissant, habité, où chaque trait devient mémoire et émotion.
Ses dessins sont à la fois forts et délicats, évoquent la dignité, la résistance et la beauté du monde créole. Pour elle, l’art est une manière de ne pas oublier, de faire vivre, de partager et de transmettre la mémoire.
A travers cette exposition, Line-Claire Galais nous invite à un voyage intérieur, à une rencontre entre l’histoire et l’avenir, entre la douceur et la lumière. Une exposition pour voir autrement, pour espérer encore et pour croire en la force de la création et de la transmission.
« Tant que des mains dessinent, l’oubli recule »
Elle se chante aussi. Car à La Réunion, la liberté à une voix. Celle du maloya. Dans l’expositon « le maloya, histoire d’une liberté en chantant » chaque note porte une mémoire, chaque rythme porte une résistance. Et quand le groupe Racine Kaf Maloya fera vibrer l’espace, ce ne sera pas un simple concert, ce sera un héritage qui respire.
Elle se sculpte dans le bois, entre les mains de Béatrice Ichambe. Des matériaux oubliés, relevés, transformés. Comme une métaphore de ces vies brisées que l’histoire tente aujourd’hui de réparer.
Elle se touche, se respire, se découvre dans les objets traditionnels, les instruments en bois, les plantes aux savoirs anciens. Chaque élément raconte une survie, une transmission.
Et puis, il y aura les enfants, leurs regards, leurs questions, les ateliers, les livres, les mots… Parce que transmettre ce n’est pas regarde en arrière : c’est tendre la main vers demain. Un parcours poétique accompagnera les pas des visiteurs. Un chemin de mémoire, de douleur, mais aussi d’espérance.
Cette journée ne sera pas seulement une commémoration, elle sera une rencontre : avec nos racines, avec notre hitoire, avec nous-mêmes. Pour Bernard Batou, « il ne s’agit pas seulement de se souvenir, il s’agit de comprendre, de regarder en face les blessures du passé pour mieux bâtir un avenir plus juste. Car la loi Taubira n’est pas qu’un texte, elle est une reconnaissance, un pas vers la réparation, un appel à ne jamais oublier ».
PROGRAMME
Samedi 9 mai 2026 à la Médiathèque Aimé Césaire de Sainte-Suzanne
De 14h à 16h : Présentation d’un livre sur l’histoire de la vannerie par Marie-Renée Fontaine
Dimanche 10 mai 2026 à la Maison du Patrimoine, ancienne gare du CFR (front de mer)
De 9h à 17h : Expositions
- Miroirs de Mémoires par Line-Claire Galais et Bernard Batou
Ils ne sont pas oubliés ; Ils veillent, silencieux, dans la trame de notre mémoire ».
Cette exposition rend hommage aux hommes et aux femmes de l’histoire dont les visages se sont effacés des récits officiels, mais dont la présence demeure vivante dans nos mémoires.
- Le maloya, histoire d’une liberté en chantant
Notre île, faite de douleurs et de beautés mêlées, a su transformer le plomb de l’oppression en or de fraternité. Le maloya, chant de nos racines, en est la preuve vivante.
- Les œuvres puissantes de Béatrice Ichambe
Toujours en quête de nouvelles expressions, elle a élargi son art à la sculpture, travaillant sur bois recyclé et goni, donnant ainsi une dimension supplémentaire à sa créativité. Béatrice sait faire ressortir toute la richesse et la sensibilité de son travail, et son talent se révèle dans chaque œuvre.
- Bois et traditions
L’association le Magicien de vos rêves fera découvrir au public ses créations d’objets et d’instruments traditionnels réalisés à partir du bois.
- Parcours poétique
De nombreux poèmes nous ferons voyager au coeur de l’esclavage, du maloya et de la liberté.
- Des livres et des mots
Expositions ventes d’ouvrages inédits sur l’esclavage et le patrimoine culturel dont la présentation et la réédition du livre « l’amour maloya » de Bernard Batou et « les routes de l’esclave et de l’engagé dans l’océan Indien ».
- Divers ateliers pédagogiques
Dessins, sculptures, maloya… seront proposés au public.
- Ambiance maloya
Spectacle assuré par le groupe Racine Kaf Maloya














