Aéroport de La Réunion : Le scandale invisible de l’inaccessibilité (témoignage)

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C’est un coup de gueule né d’une profonde colère légitime. Choqué par les négligences répétées dont sa mère a été victime à l’aéroport de Gillot (Roland Garros), Irshad Ismael a contacté Free Dom pour livrer un témoignage sans concession. Alors que l’île accueille actuellement un grand forum aéroportuaire national, il dénonce l’indifférence des décideurs face au non-respect flagrant de la réglementation européenne sur l’accessibilité. 

Alors que l’aéroport Roland Garros réunit depuis mercredi le grand forum des plateformes aéroportuaires de France, les discours officiels s’enchaînent. On y vante la nouvelle aérogare bioclimatique, la gestion modernisée des bagages, l’arrivée de nouvelles compagnies et le rayonnement international de notre île. Pourtant, dans l’ombre de ces vitrines rutilantes, un sujet crucial est systématiquement passé sous silence : l’inclusion et le respect des droits des personnes en situation de handicap.

Derrière les sourires de façade, la réalité du terrain est révoltante. Pour des milliers de voyageurs, prendre l’avion à La Réunion relève aujourd’hui du parcours du combattant, voire de l’humiliation.

Une obligation légale financée par les usagers, mais bafouée

Il est temps de rappeler une vérité juridique : la prise en charge des passagers à mobilité réduite n’est pas une faveur, c’est un droit strict. Le règlement de l’Union européenne, qui s’applique de plein droit à La Réunion, impose aux gestionnaires d’aéroports une obligation légale d’assistance. Mieux encore : ce service, chaque voyageur le paie directement via ses taxes aéroportuaires.

Pourtant, à Roland Garros, le contrat n’est pas rempli. Récemment, ma propre mère a fait les frais de ces négligences graves. Face à notre colère et à nos réclamations légitimes, la direction de l’aéroport a choisi la fuite en avant, nous renvoyant d’un simple revers de main vers son prestataire, la société RIA. Une réponse inacceptable. C’est l’aéroport qui est légalement responsable de la mise en œuvre de ces dispositions, dès lors que la compagnie aérienne a été prévenue dans les délais de 48 à 72 heures.

Dysfonctionnements en série et traitement indigne

Sur le tarmac et dans les terminaux, le constat est alarmant. La réglementation impose une signalétique claire, des bandes d’accès extérieures et un point de rendez-vous matérialisé à moins de 100 mètres où un agent doit accueillir le voyageur. En pratique ? Rien n’est correctement signalé.

Plus grave encore, la sécurité et la dignité des passagers sont bradées :

  • Un sous-effectif chronique : Alors que le prestataire devrait affecter un professionnel par personne assistée, on voit régulièrement un seul agent s’occuper de deux, trois, voire quatre voyageurs en même temps, poussant deux fauteuils de front tout en demandant à un autre passager de suivre à pied.

  • Une attente interminable : Des passagers sont pris en charge à la toute dernière minute, juste avant le décollage. Résultat : impossible d’aller aux toilettes ou de profiter des services de l’aéroport comme n’importe quel autre citoyen.

  • Du matériel et des transferts low-cost : Les fauteuils roulants sont insuffisants, mal entretenus, et le personnel manque cruellement de formation. Lors des embarquements sur les petits avions, les transferts virent à l’absurde : descente par ascenseur puis cheminement en zigzag si étroits qu’il faut parfois extraire la personne de son fauteuil.

Messieurs les décideurs, descendez de votre nuage

Comment un aéroport massivement financé par l’argent public (celui de la Région, du Département, de l’État et des contribuables) peut-il tolérer un tel traitement envers ses usagers les plus vulnérables ?

« Arrêtez de nous vendre du rêve. Posez les pieds sur terre et regardez la réalité en face. » martèle Irshad dépité.

Ce cri de colère est un appel direct aux décideurs de La Réunion. Cessez de communiquer sur le prestige international de notre infrastructure si vous êtes incapables d’installer des passerelles dignes de ce nom et de respecter les voyageurs non-voyants, sourds ou en fauteuil roulant.

Nous ne réclamons pas de la charité, mais l’application stricte de la loi. Il est urgent que des contrôles sérieux soient menés et que des sanctions fermes soient prises à l’encontre de ce prestataire, inexplicablement reconduit malgré des plaintes récurrentes. L’accessibilité est le reflet du degré de civilisation d’une société. Aujourd’hui, l’aéroport de La Réunion n’est pas à la hauteur.

3 Commentaires

  1. Je partage cet avis.Ayant voyagé recemment (2 fois)avec une personne ayant du mal a marcher on a constaté que l’ascenseur ne fonctionnait toujours pas pour aller a l’espace cafetaria,au retour idem:pas d’ascenseur aprés la sortie de l’avion..Comment font les personnes en fauteuil roulant ?

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