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Avec le TiKatsou, Saint-Paul invente l’économie réunionnaise de demain (Photos-Vidéos)

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C’est un tournant historique pour l’économie circulaire de l’île. Ce mercredi, le Territoire de l’Ouest et la Ville de Saint-Paul ont officiellement mis en circulation le TiKatsou. Plus qu’une simple monnaie, cet outil solidaire ambitionne de transformer chaque dépense en un acte de soutien direct au territoire réunionnais.

Un euro qui reste, une richesse qui double

Le calcul est implacable, presque mathématique : alors qu’un euro classique s’évapore instantanément dès qu’il alimente une plateforme de e-commerce internationale, le TiKatsou, lui, reste captif. « Prisonnier » du circuit court, il irrigue exclusivement le tissu local.

Selon les porteurs du projet, l’effet multiplicateur est immédiat : 1 TiKatsou dépensé génère entre 1,5 et 2 fois plus de richesse locale qu’une devise traditionnelle. Sous l’impulsion d’Emmanuel Séraphin, Président du Territoire de l’Ouest, et en présence de Benoît Hamon, Président d’ESS France, le lancement a marqué une volonté politique claire : transformer l’acte d’achat en un geste militant.

« Nous ne lançons pas seulement une monnaie ; nous donnons vie à une ambition : faire de l’économie sociale et solidaire le moteur de notre développement« , a martelé Emmanuel Séraphin.

L’expertise Hamon : « Muscler la souveraineté »

Benoît Hamon, venu observer ce laboratoire de l’ESS (Économie Sociale et Solidaire) où le secteur représente déjà un emploi privé sur quatre, ne cache pas son optimisme. Pour lui, le TiKatsou est une barrière naturelle contre l’évasion monétaire.

  • Le modèle du succès : Il cite volontiers l’Eusko basque ou le WIR suisse (où 30 % des échanges entre PME se font en monnaie locale) comme preuves que le système fonctionne à grande échelle.

  • L’union fait la force : Le soutien conjoint de Saint-Paul, du Territoire de l’Ouest, de la Région et de Saint-Denis laisse présager une extension rapide à l’échelle régionale.

 

Cap sur 2026 : « une montée en puissance programmée »

Loin d’être une simple expérimentation de quartier, le projet porté par l’association Nout Moné affiche des ambitions claires pour les deux prochaines années. La feuille de route prévoit ainsi la mise en circulation de 12 000 TiKatsou d’ici 2026, un volume soutenu par un réseau de 50 professionnels partenaires chargés de mailler le territoire.

Pour impulser ce mouvement, les institutions prêchent par l’exemple : les élus et agents du Territoire de l’Ouest ont désormais la possibilité de percevoir une partie de leur rémunération dans cette monnaie locale.

De son côté, la Ville de Saint-Paul s’apprête à franchir une étape supplémentaire en intégrant le TiKatsou directement dans ses dispositifs d’aides sociales et ses marchés publics, ancrant définitivement l’outil dans le quotidien des administrés.

Sur le terrain : « L’argent du pays pour le travail péi »

Dans les allées du marché de lancement, la théorie laisse place au concret. Pour Pascaline, artisane spécialisée dans le tressage de feuilles de coco, le TiKatsou est une reconnaissance de son savoir-faire :

« C’est cohérent d’acheter nos produits avec l’argent du pays ».

Même engouement du côté de la jeunesse. Des étudiantes du lycée Léon Lepervanche y voient un support pour leurs projets innovants, comme des bracelets anti-soumission chimique fabriqués en matières recyclées. Ici, l’économie circulaire n’est plus un concept, c’est une transaction.

Côté pratique, l’accessibilité est la priorité : que ce soit par billets physiques ou via l’application mobile (paiement par QR Code), la parité est fixe : 1 TiKatsou = 1 Euro.

En inscrivant le TiKatsou dans son Plan de Transition 2025-2030, Saint-Paul lie directement la finance locale à l’écologie. Moins d’importations, c’est moins de carbone.

Le TiKatsou appartient désormais aux Réunionnais. En choisissant cette monnaie, chaque citoyen devient acteur de la protection des emplois locaux et de la préservation de l’identité de l’île. L’avenir de La Réunion se paie désormais en TiKatsou.

2 Commentaires

  1. Franchement le projet est beau pour l’identité réunionnaise, mais économiquement c’est très limité ! 1Tikatsou = 1 Euro…
    Pour vraiment garder l’argent à La Réunion, il faudrait des vraies décisions politiques qu’une monnaie associative basée sur le volontariat des commerçants qui seront obligés de les reconvertir… J’appelle sa la Pommade…
    Pourquoi ne pas supprimer toutes taxes sur les produits réunionnais par exemple et augmenter celles des produits concurrents importés ?

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