Bijoux volés sur une défunte dans la morgue d’un hôpital : comment une telle dérive est-elle possible ?

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Peut-on imaginer une atteinte plus intime que celle qui touche un défunt au moment de son dernier voyage ? À Lannion, une affaire bouleverse une famille et interroge profondément sur les pratiques au sein des établissements de santé.

Les faits, révélés par actu.fr, remontent à la fin août 2025. Deux sœurs, Émilie et Maryvonne Otrante, viennent de perdre leur mère, âgée de 84 ans, après une longue maladie. Le temps du deuil commence, mais ce qui devait être un dernier hommage paisible va rapidement se transformer en choc.

Des bijoux officiellement recensés… puis disparus

Lors de la prise en charge du corps à l’hôpital de Lannion, un document est rempli par un agent du funérarium. Il atteste de la présence des bijoux portés par la défunte. Les deux filles, bouleversées par le décès, n’ont alors pas accès au corps. Elles font confiance à la procédure.

Quelques jours plus tard, au moment de la mise en bière, la réalité apparaît : les boucles d’oreilles et la bague ont disparu. Même certains vêtements fournis par la famille n’ont pas été utilisés.

Un détail est particulièrement douloureux : la mère souhaitait être enterrée avec son alliance, un bijou ancien, chargé d’histoire, qu’elle avait fait réaliser elle-même des décennies plus tôt.

Une douleur qui dépasse la valeur matérielle

Pour les proches, il ne s’agit pas d’argent. Il s’agit de respect. De dignité. De confiance rompue.

« Le deuil est déjà une épreuve immense. Découvrir cela, c’est insupportable », confient les deux sœurs, qui iront jusqu’à filtrer les cendres de leur mère, espérant y retrouver une trace des bijoux disparus.

Face à l’absence de réponse concrète après l’annonce d’une enquête interne, la famille décide de déposer plainte pour vol. Une enquête judiciaire est ouverte.

L’hôpital reconnaît une “perte”, sans explication

Dans un premier courrier, la direction de l’hôpital indique avoir déclaré l’événement à son assureur. Quelques semaines plus tard, un second courrier va plus loin : l’assurance accepte d’indemniser la famille, même en l’absence de factures.

Mais aucune réponse n’est apportée à la question essentielle : où, quand et par qui ces bijoux ont-ils disparu ?

La direction reconnaît ne pas parvenir à expliquer ce qu’il s’est passé, tout en évoquant un fait isolé. L’établissement se dit “navré”, mais admet que la vérité pourrait ne jamais être connue.

Une affaire qui dérange, une question qui reste

Cette affaire soulève des interrogations lourdes de sens :

Peut-on accepter qu’un défunt ne soit pas protégé jusqu’au bout ?
Les procédures sont-elles réellement sécurisées dans les morgues hospitalières ?
Faut-il davantage de contrôles, de traçabilité, de transparence ?
Est-ce un fait isolé… ou un problème que l’on préfère taire ?
Comment faire confiance quand même le dernier adieu n’est plus garanti ?

L’enquête de police se poursuit. Pour la famille, l’enjeu dépasse leur propre drame : éviter que d’autres vivent la même douleur.

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