À la Chambre de Commerce et d’Industrie, le ton est grave. Autour de la table, Hervé Mariton, président de la FEDOM, et les principales organisations professionnelles locales. Objectif : riposter à un Projet de Loi de Finances 2026 qui menace de couper l’oxygène économique des territoires ultramarins.
Un front commun face à un choc annoncé
Dès l’ouverture, Pierrick Robert, président de la CCIR, a planté le décor :
« C’est une occasion de faire front commun pour défendre notre territoire, notre économie, et notre modèle de développement. »
Les participants ne cachent pas leur inquiétude. Les réformes budgétaires annoncées, suppression partielle des exonérations de charges sociales, réduction des aides à l’investissement, risquent d’asphyxier les entreprises locales déjà fragiles.
Hervé Mariton : “Les plus petites vont trinquer”
L’ancien ministre et président du FEDOM n’y va pas par quatre chemins. Selon lui, près de 800 millions d’euros d’aides seraient supprimés à l’échelle nationale, dont 400 millions pour La Réunion.
« Ce sont les TPE, les PME, les entreprises de taille intermédiaire qui vont payer le prix fort. L’augmentation des charges va tuer l’emploi et aggraver la vie chère. »
Il dénonce une “vision comptable à courte vue”, qui risque de coûter encore plus cher à moyen terme : plus de chômage, moins de croissance, plus de dépenses sociales.
Katy Hoareau : “Ce n’est pas qu’une affaire de patrons”
Pour la présidente du MEDEF Réunion, les conséquences iront bien au-delà du monde économique :
« Ce n’est pas qu’une histoire de chefs d’entreprise, c’est une histoire de territoire. Cela concerne Monsieur et Madame Payet, tous les Réunionnais. »
Elle redoute un effet domino : moins d’activité, moins d’emplois, moins de pouvoir d’achat.
« On ne peut pas prétendre lutter contre la vie chère tout en étranglant ceux qui créent la richesse. »
Kévin Lardal : “L’agriculture, socle en danger”
Même son de cloche du côté de la Chambre d’Agriculture. Kévin Lardal prévient :
« Nous voyons de plus en plus d’exploitants en détresse. Supprimer les aides, c’est menacer la base même de notre économie. »
Il appelle à la cohérence : “On subventionne les géants sans contrôle, pendant que nos PME doivent se battre pour quelques miettes.”
Tous le répètent : le temps presse. Les organisations locales veulent une riposte unie et rapide, notamment sur le terrain parlementaire.
« Le débat est lancé. Nous allons démontrer, convaincre, et j’espère, gagner », conclut Hervé Mariton.
Les PME réunionnaises, déjà fragilisées par l’inflation et le ralentissement économique, pourraient être les grandes perdantes des arbitrages budgétaires à venir. Face à cette menace, les acteurs économiques sonnent la mobilisation générale pour défendre le droit de respirer et de produire dans les Outre-mer.
















